31 décembre 2007
Des nouvelles de Stendhal (ou "De l'anti-héros") !
Personne ne sort de la tombe, ne craignez rien, ni Stendhal ni un autre. En réalité, mue par l'inénarrable professionnalisme qui dicte toutes mes actions (pouf pouf pouf), je m'attelai il y a quelques jours à la lecture de nouvelles de Stendhal qui m'étaient encore inconnues (comme un certain nombre d'oeuvres de cet auteur...). Pourquoi cela ? Pour pouvoir soumettre un de mes élèves à un feu nourri de questions littéraires et stylistiques (toutes très pertinentes, bien évidemment). Si vous désirez lire ces nouvelles (et d'autres), elles sont disponibles en version électroniques sur le site Diogene éditions libres.
Je commençai donc par Vanina Vanini ou particularités sur la dernière vente de carbonari découverte dans les Etats du pape. On sent dès les premières lignes que le style est moins fin, plus haché, que dans les romans majeurs de Stendhal. Un sentiment de déjà-vu d'ailleurs, puisque s'y retrouvent des éléments assez convenus : une princesse et un patriote, le dilemme (choisir entre la Patrie (ici, l'Italie des complots carbonari contre l'Autriche et le pape) et la Femme aimée (Vanina))... Mais, c'était sans compter le génie stendhalien pour camper des personnages archétypaux tout en détruisant totalement ce qui en fait leur aspect archétypal. Je m'explique : Vanina est une jeune femme belle, riche et noble, aimée et aimante. Jusque-là, rien de très sexy. Mais toute sa conduite n'est dictée que par une seule chose : son intérêt personnel bien compris. Elle se donne donc à son amant, le trahit pour le conserver près d'elle et ne comprend la politique que si celle-ci lui est utile pour satisfaire ses caprices. Car l'héroïne stendhalienne n'est ni éthérée ni rêveuse : elle est insupportable !!! Capricieuse, enfant gâtée, c'est un bonheur à lire tellement elle est moderne ! Pour sa part, le héros n'est pas en reste : jusqu'à l'extrême fin, il se sacrifie platement pour la liberté de l'Italie, subissant le martyr de devoir refuser l'amour de Vanina... jusqu'à ce qu'il se rende compte que cette dernière l'a trahi. Point de pardon, là, et point du mépris hautain que l'on s'attendrait à trouver chez un homme d'honneur.
"- Ah ! monstre, s'écria Pietro furieux, en se jetant sur elle, et il cherchait à l'assommer avec ses chaînes. Il y serait parvenu sans le geôlier qui accourut aux premiers cris."
Il insulte donc la femme aimée, en deux occurences, et tente de la frapper... Quant à elle :
"Vanina resta anéantie. Elle revint à Rome ; et le journal annonce qu'elle vient d'épouser le prince don Livio Savelli".
Outre l'effet de réel (usage du présent, mention d'un journal que le narrateur a sous les yeux), l'auteur brise le modèle de l'héroïne jusqu'à ce détail ultime : délaissée, injuriée, déshonorée par ses relations avec Pietro comme par sa trahison, elle ne se suicide pas mais se marie à un autre...
C'est ici qu'apparaît dans toute sa splendeur l'auteur des chefs-d'oeuvres : il rompt avec l'horizon d'attente de son lecteur...
La seconde nouvelle, Le coffre et le revenant, est également peu aboutie quant à sa forme, style haché et intrigue trèèèès emberlificotée (fuites, cachettes, quiproquo...), elle vaut malgré tout pour son traitement des personnages de nouveau à l'opposé des attentes. L'intrigue est simple, de nouveau convenue : un jeune couple, Inès et don Fernando, est menacé par le barbon de service, don Blas (méchant, maigre, de teint sombre, militaire, soupçonneux et orgueilleux... En plus, on dit de lui que c'est un moine défroqué : si ça craint pas tout ça !). Mais, car de nouveau il y a un "mais", les personnages principaux ne se comportent pas du tout comme on s'y attendrait : concernant l'intrigue, le barbon parvient à ses fins en cinq pages seulement et sans coup férir. Il exile Fernando et épouse Inès, qui pleure mais ne proteste pas pour protéger son amant. Fernando revient d'exil, mais au bout de deux ans seulement, et fait preuve d'une jalousie fort drôle : il est persuadé que sa maîtresse est bien satisfaite de la situation, il souhaite plutôt qu'elle ait été triste à en mourir, et décide donc de l'aller tuer... Et ce héros passe finalement la nouvelle à s'exiler, fuir et se cacher devant le danger. Il faut dire également, concernant les personnages, qu la domestique-confidente-amie d'Inès donne dans la contrebande... Si c'est pas fou, tout ça ! Quant à l'héroïne, elle refuse tout du long de s'exiler avec son amant ; on ne comprend pas très bien pourquoi, du reste, puisqu'elle a jeté sa vertu aux orties avec beaucoup d'entrain :
"- Que trouverai-je dans l'autre vie ? continua-t-elle après un moment de rêverie ; des châtiments éternels !
Puis elle se jeta au cou de Fernando".
Au bout du compte et du conte, les deux jeunes gens périssent sous la main de don Blas, seul héros antique de l'histoire : il n'a pas à un seul instant failli au code moral et aux ambitions qu'il s'est donnés et est resté lui-même, méchant et soupçonneux, jusqu'à la fin...
A lire donc pour voir les évolutions d'un maître de la littérature et découvrir de véritables anti-héros !
30 décembre 2007
Chez Michel Rostang au "Dessirier".
Repas de fête pour célébrer les 30 ans
de mon cher et tendre avec sa famille au "Dessirier",
restaurant bis du chef étoilé Michel Rostang. Le lieu est agréable,
situé 9, place du Maréchal-Juin anciennement nommée place Péreire,
d'autant que nous avons eu la chance de dîner dans un petit salon privé,
entourés d'énormes bouteilles des meilleurs crus. La salle semblait un
peu plus bruyante bien que, dans ce type de restaurant, "bruyant" soit un
bien grand mot...
Il faut préciser tout de suite que ce restaurant est
spécialisé dans les poissons et fruits de mer
(je comprends mieux
pourquoi Fix a préféré d'autres cieux plus cléments...), la carte
propose donc huîtres, homards, langoustines, noix de Saint-Jacques, bar, saint-pierre et autres tentations maritimes. Plus étrange, les
accompagnements sont peu ordinaires et me sollicitent les babines :
topinambours ou salsifis par exemple. Désormais inhabituels sur nos tables,
c'est l'occasion de goûter à ces légumes oubliés. Pour ma part, j'entame les hostilités en entrée avec une cassolette de langoustines et d'escargots à l'aïoli : la
sauce est onctueuse et délicieuse, les langoustines
sont juste pochées donc tendres à souhait, quant aux escargots j'adore
!
Le premier round se passe donc à merveille...
La suite se profile
avec des noix de Saint-Jacques grillées sur une purée de topinambour avec chips de salsifis : les noix sont divines, et le goût du
topinambour et du salsifi très fins.
Je ne m'attendais pas du tout à ce
type de saveurs, plutôt à quelque chose proche de la pomme de terre,
allez savoir pourquoi... Un bémol toutefois : la consistance de la
purée ne m'a pas du tout satisfaite en alliance avec les noix de
Saint-Jacques. Aymeric, quant à lui, avait opté pour du homard
accompagné de tempura de légumes (beignets japonais) et
bâtonnets frits de pomme de terre. Plutôt bon, mais de nouveau cette
consistance plutôt lourde qui se marie mal, à mon avis, avec un
crustacé aussi ferme que le homard. Concernant les portions, ne vous
fiez pas aux photos, elles ne leur rendent pas justice : les plats sont
très copieux bien que servis dans des assiettes tendance et présentés de manière très stylée : au bout de la cassolette et du plat,
j'étais déjà remplie !
Mais je ne me suis évidemment pas arrêtée en si bon chemin :
le dessert m'attendait, commandé dès le début du repas pour qu'il soit
préparé pendant nos agapes. Est donc arrivé sur mon assiette un superbe
et énorme millefeuilles aux marrons accompagné d'une sauce au caramel au beurre salé.
Idéal pour la portion calorique de la journée, je sais... Très frais effectivement, ce dessert allie avec bonheur une émulsion de marrons et de fines
galettes de pâte feuilletée, et l'on peut en marier le goût avec avec une légère
crème à la pistache déposée sur les bords de l'assiette : un délice ! Pour m'achever ont été servies
quelques mignardises, plutôt correctes quoique je me fusse attendue à
des saveurs et des consistances plus originales (tartelette à la crème
et aux agrumes, macaron, tuile, canelé). Je fais ma difficile,
dites-vous ? Non, je me suis régalée : simplement, vus la réputation et
les prix, le client est nécessairement plus exigeant...
Le vin accompagnant le repas, choisi avec savoir et goût (un chablis premier cru) m'a laissée malheureusement laissée indifférente, obtue que je suis au jus de la treille... Mais c'était sans compter le vin liquoreux accompagnant le dessert, un "Sainte-Croix du Mont" (dont je ne me rappelle pas l'année, mais je me charge de vous retrouver tout ça). Un pur délice. L'hydromel des dieux olympiens. Rien que ça ??? Et pourtant, c'est rare que je porte aux nues un quelconque vin. Mais, quoique gaie, je ne laissais pas mes sens au fond de la bouteille...
Hihihi, ce n'est évidemment pas de moi : mais ayant apprécié le vin, je me suis rappelé ces vers de La Fontaine, dans une de ses plus drôles et savoureuses des Fables ("L'ivrogne et sa femme", III, 7).
L'ivrogne et sa femme
Chacun a son défaut, où toujours il revient :
Honte ni peur n'y remédie.
Sur ce propos, d'un conte il me souvient :
Je ne dis rien que je
n'appuie
De quelque exemple. Un suppôt de Bacchus
Altérait sa santé, son esprit et sa bourse.
Telles gens n'ont pas fait la moitié de leur course
Qu'ils sont au bout de
leurs écus.
Un jour que celui-ci, plein du jus de la treille,
Avait laissé ses sens au fond d'une bouteille,
Sa femme l'enferma dans un certain tombeau.
Là, les vapeurs du vin
nouveau
Cuvèrent à loisir. A son réveil il treuve
L'attirail de la mort à l'entour de son corps :
Un luminaire, un drap
des morts.
Oh! dit-il, qu'est ceci ? Ma femme est-elle veuve ?
Là-dessus, son épouse, en habit d'Alecton,
Masquée et de sa voix contrefaisant le ton,
Vient au prétendu mort, approche de sa bière,
Lui présente un chaudeau propre pour Lucifer.
L'époux alors ne doute en aucune manière
Qu'il ne soit citoyen
d'enfer.
Quelle personne es-tu ? dit-il à ce fantôme.
La cellerière du
royaume
De Satan, reprit-elle ; et je porte à manger
A ceux qu'enclôt la
tombe noire.
Le mari repart sans
songer :
Tu ne leur portes point
à boire ?
Sur le départ !
Héhéhé : me voici armée d'un appareil photo, d'un chapeau, d'un parapluie et de mes bottes en cuir, prête à affronter la Grande Dame !!! Nous partons en effet explorer les sentiers non rebattus de Londres, histoire d'en découvrir des aspects plus secrets : l'église Saint-Bartholomew the Great par exemple, la collection Estorik ou les allées de l'Est, plus métissées et mystérieuses... Au menu il y aura un repas au "Bombay Palace" (excellent restaurant indien découvert à Kuala Lumpur, en Malaisie), c'est décidé depuis longtemps, mais aussi un passage au seul restaurant birman de Londres (le "Mandalay") donc sans aucun doute d'Europe ! Des brunchs à gogo, bien évidemment, et des musées... Nous commençons dès cet après-midi avec l'exposition du "Barbican", Seduced, interdite aux moins de 18 ans... Mouahahaha, je sens que je vais m'amuser !!!
Dès que nous rentrons, je prendrai quelques instants sur mes révisions de partiels de chinois de janvier pour vous raconter d'une part le repas d'anniversaire de mon cher et tendre, qui a eu lieu au "Dessirier", le second restaurant, spécialisé dans les fruits de mer, de Michel Rostang, chef doublement étoilé (mais officiant dans son premier restaurant de la rue Hennequin), et d'autre part vous narrer nos aventures londoniennes.
D'ici là, je vous souhaite à tous de bien réveillonner en regardant s'évanouir cette année qui fut pleine de rebondissements, de déceptions mais également de belles surprises et rencontres, en attendant de voir se lever l'aube d'une nouvelle année...
27 décembre 2007
Un grand moment...
... dans la prise de conscience des réalités de la vie par la DEPP (direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) du ministère de l'éducation : et oui, l'apprentissage de l'histoire et de la géographie dépend étroitement de la maîtrise de la langue.
Ou comment perdre du temps et de l'argent à étudier des choses que l'on sait depuis presque la nuit des temps...
Soupir....
26 décembre 2007
Et à Disneyland, yipiiiii !!!
Enchaînons les activités, déchaînons-nous sur les visites : on se reposera quand ce ne sera plus les vacances... En effet, parce que mon frère Matts a dix ans (en fait, plutôt parce qu'il a dépassé 1,40m et pourra donc accéder à toutes les attractions) et par mesure d'équitéavec son frère aîné, direction Disneyland !!!
Je me suis donc traînée vaillamment hors de mon lit, en ce froid matin d'hiver, pour aller m'amuser à courir après un Pluto complètement hystérique (il a fait pleurer une petite fille, mouahahaha !) dans le climat quasi polaire de Marne-la-Vallée... Mais pour voir les yeux émerveillés de mon bichounet, qui ne savait pas trop à quoi s'attendre (décors vrais ou en carton-pâte ? Petites activités gentillettes ou attractions de folie furieuse ?), j'étais prête à tout.
Il faut dire que nous attendaient là-bas non seulement Mickey, Minnie, Donald et Dingo mais les touristes très nombreux et une humidité glaciale (pour ne rien vous cacher, le lac de Frontierland était gelé tout comme celui des tropiques d'Adventureland : ça craint, moi qui croyais que Walt s'occupait de tout pour que les enfants soient heureux...). Toujours est-il que nous avons donc passé la journée à monter et descendre des montagnes dans des trains de mines ("Big Thunder Mountain"), à tournoyer dans tous les sens entre des plantètes du cosmos dont je ne soupçonnais même pas l'existence ("Space Moutains", "Star Tour"), à conduire une Ford des années 1950 ("Autopia"), à survoler le monde magique de Peter Pan et à se perdre pour de vrai dans le labyrinthe de la Reine d'Alice au Pays des Merveilles... Le thé du Chapelier fou, avec ses tasses tournantes, n'a plus de secret pour nous tout comme le Manoir hanté...
Quelques bons moments de rigolade également devant les prix éhontés des peluches : 12€ une mini-Minnie même pas jolie ? 25€ le chapeau vert pomme avec des oreilles de Dingo pendouillantes ??? Conclusion de mon frère et moi : trop de peluches tue la peluche... De même, alors que l'entrée est déjà vraiment chère (entre 30 et 60€ si vous choisisser la date de visite et un ou deux parcs ("Disneyland" et "Walt Disney Studio")), les consommations sur place ne sont pas bon marché du tout et mieux vaut venir avec ses réserves (quoique, malgré le froid ambiant, je me vois mal apporter ma soupe bien chaude dans les montagnes russes...). Enfin, quand vous croyez enfin en avoir fini avec cette musique de Noël qui vous serine les oreilles (gnagnagna gnagnagna gna gna gna gnagna...), quand vous pensez qu'enfin vous ne reverrez pas de sitôt ces personnages complètement fous, et bien c'est reparti ! A la place de donner sur la gare RER, la nouvelle sortie vous mène tout droit dans le "Village Disney" avec ses stands de tartiflette, de vin chaud ou de victuailles bien dégoûtantes et bien chères proposées au visiteur exténué et affamé après cette journée de lutte.
Car lutte il y a : au minimum une demi-heure de queue devant chaque attraction (et ce dès l'ouverture) car le parc continue d'attirer de trèèèèès nombreux touristes européens et français, mais aussi des tonnes et des tonnes et des tonnes et des tonnes d'adolescents pseudo-banlieusards (qui ont quand même les moyens de payer l'entrée...) avec cagoules, joggings remontés et piaillements stridents dans tous les sens. Et pire encore (si, il y a pire) : tous ces parents avec des poussettes et des enfants si jeunes qu'on se demande s'ils ne servent pas seulement de caution pour que leurs parents osent venir ici... Franchement, des gamins d'un an et demi ici, c'est du n'importe quoi...
Des gens dans tous les sens donc, des prix effarants, un climat esquimauesque, mais des attractions vraiment chouettes dont on ne se lasse pas (oh oui, un vingtième tour de "Space Mountain" !!!) et surtout le superbe sourire sur le visage de mon frère durant toute cette journée.
"Zip-a-dee-doo-dah, zip-a-dee-ay ! My, oh my, what a wonderful day" !!!
25 décembre 2007
Au Cirque d'Hiver !
Même si c'est aujourd'hui Noël, ne perdons pas l'occasion de tenter de nouvelles expériences à Paris : aujourd'hui, le cirque... Leçon de choses et leçon de vie à la fois, rien de tel que Vertige du Cirque Bouglione qui se produit en ce moment au Cirque d'Hiver. J'avoue que, pour ma part, c'était ma première expérience dans un grand, un vrai cirque ; tout comme pour mes frères (10 et 13 ans, il est temps d'y aller) !
Dans ce genre d'occasion, nous aimons créer la surprise : ainsi, ayant emmené Tom il y a quelques années à Disneyland, je lui avais dit que nous passerions la journée à Versailles. Jusqu'au bout il y a cru et devant l'entrée-même de Disneyland, alors que tous les enfants courraient, hurlaient et devenaient les pires monstres que l'on puisse imaginer, il me disait encore, étonné et pas capricieux pour un sou : "Ah ? Versailles est à côté de Disneyland ?", et cherchait de tous côtés le château... Là, il a fallu que je lui avoue que malheureusement, la visite de Versailles serait pour une autre fois : il a profité de la journée à fond, je vous assure !
Nous leur avions donc dit que l'après-midi serait consacrée à la visite d'églises. Habitués à la chose depuis notre escapade à Rome, ni une ni deux, les voilà partis dans les rues vides de Paris à la recherche de beaux édifices religieux. Et jusqu'au bout, même devant l'entrée du Cirque d'hiver où se ruent les enfants, même devant l'ouvreuse, même à la porte donnant sur la piste, ils s'étonnent simplement du fait que l'église se trouve à l'intérieur du même bâtiment que le cirque. Tom essaye bien de dire qu'on pourrait en profiter pour faire les deux, mais je lui explique que la visite de "l'église" est prévue à une heure donnée et que l'on ne peut tarder... Ils nous suivent donc sans maugréer (et ils sont bien loin d'être bêtes : ils sont simplement sages !) et nous débouchons enfin... dans les gradins, surplombant une belle salle de cirque rouge remplie d'enfants !!! C'est chouette, les surprises qui fonctionnent...
En tout cas, le cirque Bouglione est une valeur sûre : numéros de clown bien rodés, impliquant le public qui se régale à participer au spectacle, numéros de jonglerie tout à fait superbes (notamment au diabolo), de trapèze et de natation synchronisée mêlés, d'animaux ou encore de vélo acrobatique. Quelques petites longueurs peut-être avec les danseuses qui assurent la transition entre les numéros, mais c'est de bonne guerre... Petits et grands en sortent donc émerveillés, et nous avec !
24 décembre 2007
Verrines du Réveillon
Quel est le sens du mot "réveillon" ? S'agit-il durant cette soirée de veiller ? Non pas, puisque le préfixe nous indique bien qu'il s'agit d'une seconde occurence de l'action : donc il faut recommencer la veille. Moi, j'opte donc pour le sens : remettons-nous à veiller, à avoir l'oeil ouvert et les oreilles aux aguets jusqu'aux prochaines élections... pardon, jusqu'à la prochaine distribution de cadeaux...
Mère, beau-père, frères et chat étaient donc de la partie parisienne cette année, certains bien impliqués dans la préparation des comestibles :
d'autres moins...
Après maints découpages de mozarella, tortillonage de pâte feuilletée et autres caramélisation de bananes, le repas s'est donc avéré très festif et peu protocolaire puisqu'il se composait d'entrées variées (roulés feuilletés au pesto ou au fromage de chèvre-tomate, verrines à l'italienne (superposition de couches de mozarrela, tapenade et tomates séchées), verrines d'oeufs de lump au fromage blanc et surtout verrines crumble niçois (superposition de ratatouille froide, crème de fromage de chèvre et pâte à crumble). Quelques petits dips où tremper des tacos, du pain ou des gressins (tarama, guacamole pour les plus traditionnels mais aussi rillettes de sardines ou de saumon, histoire de goûter à des saveurs variées tout en restant dans une aire culinaire point trop complexe.
Les verrines ? Une petite chose bien pratique : il s'agit en fait de petits verres (à liqueur par exemple) que vous remplissez par couches successives d'aliments ; le but est de pouvoir soit mélanger les saveurs, soit de les conserver intactes en les goûtant les unes après les autres. Le résultat est esthétique beau et gastronomiquement souvent réussi ; il s'agit simplement d'avoir de bonnes recettes ou de suivre son inspiration (quant elle est bonne...). J'étais bien contente du résultat car cela permet aussi de goûter à de nombreux petits plats sans se rompre la panse à force d'avoir trop mangé !!! Les crumble à la niçoise étaient particulièrement réussis : étaler au fond de la verrine deux centimètres de ratatouille niçoise (surtout qu'elle ne soit pas grasse et que la saveur de l'oignon ressorte bien), étaler ensuite une couche d'un demi-centimètre de crème de fromage de chèvre (mélanger de la crème liquide juste réchauffée avec du fromage de chèvre frais un peu poivré jusqu'à ce qu'il devienne crémeux) puis ajoutez des miettes de crumble au-dessus (mélanger beurre et farine dans les proprotions d'un crumble traditionnel, mais sans sucre et avec une bonne pincée de sel à la place, l'étaler sur votre plaque et le faire dorer au four, puis le réduire en gros morceaux pour le placer sur la verrine)).
Suivit bien plus tard (le temps d'ouvrir quelques cadeaux et pour ne pas engouffrer trop de victuailles d'un seul coup) un coquelet avec ses petites pommes de terre sautées et sa compote de pommes, préparées par ma mère et Bruno dans la plus pure tradition de l'art culinaire familial. Et ça n'est pas peu dire... Et c'est chouette, le coquelet : moins sec que la dinde, chacun peut avoir cuisses et blanc sans se battre !
Quelque temps plus tard, toujours pour ne pas surcharger, quelques desserts sur le même principe que les entrées : une bûche pâtissière orange-chocolat pour sacrifier aux habitudes de Noël, mais aussi quelques verrines (tatin de bananes à la crème et Palmito (!), mini-crèmes brûlées) et douceurs faites maison (sacristains (pâte feuilletée découpée en lamelle, saupoudrée de sucre et au four pendant 20 minutes, noisettes et noix enrobées de chocolat noir fondu refroidi : simple mais tellement bon !).
Soirée bien agréable donc, qui donne bien envie de recommencer les recettes et de mettre la main dans la farine, le chocolat, voire la ratatouille ou le fromage de chèvre...
23 décembre 2007
Préparatifs de réveillon
Derniers préparatifs pour le réveillon Noël en attendant impatiemment les rues londoniennes la semaine prochaine pour faire fondre les kilos des fêtes : maintenant que la smala est arrivée (notamment mes deux frères venus avec, en prime, un chat, des jeux de société, une PS2 et une Game Cube... pouf pouf pouf...), nous allons passer une journée tranquille entre jeux et mitonnage de petits plats. La soirée devrait être gastronomique : verrines variées en entrée, coquelet aux pommes et sa corolles de légumes, puis bûches glacée et pâtissière... S'ajoutant évidememnt à d'autres verrines, sucrées et salées, et de petites douceurs faites maison : quelques photos demain et recettes pour vous faire saliver ! Cet après-midi nous serons ainsi trois lutins nous affairant dans la cuisine pour 1) chasser le chat de nos pattes, 2) organiser les délices de Noël. Quant au sapin, j'ai finalement opté pour... le ficus de Noël (la tendance urbaine de l'année, mouahahahaha) !!!
Allez, pour oublier la fièvre consumériste qui envahit nos maisons en cette période (du Liban, Michel nous évoque la "célébration des valeurs consuméristes de la Bourgeoisie de Guerre"), délectons-nous de l'absence d'apparition publique de l'Omnicolas... Egalement nommé Omnichanoine depuis son apparition remarquée, quoique non remarquable, dans les jupes du bienheureux Benoît XVI. D'ailleurs, petite parenthèse politico-religieuse, je ne sais vraiment plus que penser de cette droite qui farfouille dans les poubelles du traditionnalisme catholique français pour en récupérer les éléments les plus moribonds et pourrissants : glorifier les racines chrétiennes de la France, l'espérance et l'infinitude (si, ça existe) tout en faisant fi de TOUTES les autres composantes indispensables à notre bouillabaisse nationale ? Je ne me sentais plus tellement faire partie de cette France-là, mais alors maintenant, je m'en sens carrément exclue... Certes, l'Omnidiot avait déjà largement fait allusion à sa bigotterie dans ses discours de candidat, mais ce côté néo-Action française est de plus en plus inquiétant. C'est indéniable, la culture française se fonde, pour une part importante depuis et à cause de Charlemagne, sur la tradition chrétienne, mais aussi sur les traditions juive, musulmane, animiste, romaine, celte et athée que diable !!!!!!!!! Tiens, notre culture remonte avant la période censée être celle d'un hypothétique existance de Jésus et peut même s'en libérer ? Dingue... Quant à glorifier l'espérance, dépassement de la vie actuelle pour l'idée d'un au-delà, si cela me semble en soit hautement récusable intellectuellement , c'est assez intéressant de l'évoquer de cette manière dans un contexte toujours plus marqué par les kamikazes de la foi et l'incapacité de nos chers dirigeants à gérer le quotidien et à en résoudre les problèmes... "J'ai la solution à tout et au cas où mes solutions ne marchent pas, vous aurez l'espérance...". Un bonimenteur...
21 décembre 2007
On en apprend tous les jours...
Héhéhé...
Passons.
La télévision peut nous
surprendre encore. Hier soir a enfin été confimé ce que j'avais
pressenti par une nuit d'insomnie : les fonds marins méditerranéens
sont peuplés de lapins et d'écureuils. Et n'insinuez rien quant à la
moquette, je n'en ai pas chez moi...
Au début, le
commentaire surprend quelque peu (voix profonde, mystérieuse, glub-glub
en fond sonore et musique d'ambiance aquatique) : "Ici, le paysage
sous-marin change fondamentalement : à perte de vue s'étendent les
blablablabla et les blablablabla ; les bzbzbzbz ont disparu, remplacés
par les poissons-lapins". Là, je bloque, je lève l'oreille, ma
truffe remue et je penche la tête vers la gauche : heeeeein ??? Je
connaissais les poissons, les lapins., voire les lapins crétins présents en haut de cette page ou les lapins-garous...
Mais les poissons-lapins ? Et bien si, et il y en a même
quatre sortes différentes (d'après ce que j'ai trouvé, mais il y en a
peut-être d'encore plus fous !!!) : le poisson lapin tacheté, le poisson lapin doré, le poisson lapin ondulé et le poisson lapin à tête rayée... Et quand la voix hors champ annonce que l'"on rencontre aussi dans ces eaux méditerranéennes des écureuils", je doute immédiatement de la composition de la tisane prétendument réglisse-menthe que je suis en train d'ingurgiter...
Les miracles de la nature...
20 décembre 2007
Bon goût ? Mauvais goût ?
Ahhh, la période pré-festive et son engouement soudain pour la promiscuité dans les magasins (on se croirait pendant les soldes), la foule, le bruit, le "j'l'avais vu avant !" et les prix défiant... tout, et surtout votre porte-monnaie ! Il faut avouer pourtant que, cette année, l'inspiration n'est pas là : face aux sempiternels collectors et sélections de Noël, pas grand-chose dans les bacs musicaux, littéraires et vestimentaires... Quelques perles de l'année toutefois qui doivent absolument retenir notre attention et ce, bien au-delà de Noël (une petite pensée pour le regretté Fred Chichin des Rita Mitsouko par exemple...). Mais j'essaye toujours de garder quelques idées drôles dans ma besace pour compenser les manques d'inspiration et le refus de céder au "gros" cadeau qui sera tout seul au pied du sapin : autant faire plein de petits cadeaux bêtes, une poêle à crêpe imprimant un nounours sur ladite crêpe, un sac à courses pratique et bien voyant, ou un parapluie bien coloré par exemple... Et en évoquant le sapin, il faudra que je vous mette en ligne une photo du mien (ben oui, j'accueille cette année mes petits frères donc je me plie à la tradition tout en la revisitant...).
Pour la liste de cadeaux me concernant, je suis toujours très intéressée par la collaboration entre Eurocopter et Hermès, avis aux amateurs... mouahahahahaha !!! Extérieur : dynamisme, performance, efficacité ; intérieur : cuir, griffe, richesse, m'as-tu vu... Ce sera pour le jour où mes amis seront riches et auront perdu toute notion de bon goût. En parlant de goût d'ailleurs, il est fort intéressant d'assister en direct à deux choses : tout d'abord, son élaboration progressive. Apparaît en effet depuis quelques années le "copions ce que l'on croit être du bon goût" des riches Chinois et de la RPC, notamment en matière d'ameublement et de décoration : dans la nouvelle antre du Grand Théâtre national de Pékin (Opéra de Pékin) par exemple, tant décrié mais pas tant pour son extérieur simili-Roissy que pour le choix des couleurs et matériaux, rouge, doré et faux clinquant, de l'intérieur choisi par les locaux pour les locaux (subtil jeu de mots, je sais)... Toujours dans notre analyse de l'évolution du goût, on peut d'autre part constater son pourrissement progressif sous nos latitudes : dernier exemple en date, plus fort que les choix sentimentaux starlettiques, plus fort que s'afficher en une compagnie fouquetiste (malheureusement, cela n'a rien à voir avec le regretté Fouquet) et plus fort encore que le poignet rollexien ??? Emmener Jean-Marie Bigard, l'apôtre de l'humour qui fleure bon à la fois le caniveau, les égoûts et le bas-étage affligeant, dans une délégation au Vatican pour une cérémonie officielle !!! Classe...
Mais "le mauvais goût a son droit autant que le bon goût" nous dirait Nietzsche, alors pourquoi ne pas y participer aussi ? Ainsi, dans la lignée du bling-bling, du clinquant, du rouge, de l'argent et du doré, je le crie haut et fort : vivre Hermès et Eurocopter !!!
Il y a finalement un fort relent "décadence de l'Empire romain" dans tout ça...


















