31 janvier 2008
Les recherches les plus folles...
En lisant d'autres blogs, et notamment celui-ci (post du 31 janvier 2008, blog fort caustique !), je me suis souvenue d'une chose : je peux tout savoir de vous... Votre adresse IP, le nombre de connexions, à quelle heure, sur quelle page, et surtout comment vous en êtes arrivés là (pauvres malheureux !). Me voilà donc partie sur les routes que vous avez empruntées, histoire de découvrir les vices profonds de mes lecteurs...
Evidemment parler de l'actualité amène un certain succès ("ponton sweeney todd", "jérôme K. le trader")... mais pas autant que la littérature !!! Ce sont les recherches qui concernent Pauline d'Alexandre Dumas et Vanina Vanini qui arrivent en tête. Et, étrangement, cela concerne surtout des connexions le soir, entre 19h et 23h, de manière frénétique et groupée... Des élèves bien en retard pour préparer le contrôle de littérature du lendemain, sans aucun doute !!! J'ai donc une très nette idée des dates des devoirs sur table en français... Mouahahaha !!! Dans la même lignée littéraire, j'ai même eu une mention sur un autre blog à propos de Julian Barnes avec une remarque très aimable de Lorraine sur mon article !
Mais encore plus demandé, les articles sur Londres et surtout celui sur l'exposition "Seduced" : le nombre de connexions effectuées sur cette page grâce à des recherches sur k r buxey, mapplethorp, la cicciolina ou encore "miniatures kama sûtra" ou "blow job" sont fort nombreuses... Je ne suis pas répertoriée comme site porno, mais cet article a sans doute dérouté plusieurs internautes qui cherchaient... autre chose...
A égalité, les requêtes concernant évidemment les moufettes : une personne au Canada s'est ainsi connectée plusieurs fois au cours des dernières semaines avec "rêve moufette", cherchant sans doute l'interprétation d'un rêve étrange. Je vais d'ailleurs travailler là-dessus et en trouver la signification. D'autres cherchent encore des "photos drôles de moufette", ou le "crâne d'une moufette" : et ça, ça craint !!!
Quant à la géographie, le plus grand nombre d'entrées hors de France va au Canada, Etats-Unis et Belgique, à l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Italie, puis, plus inattendus, la Grèce, la Slovénie, la Pologne, l'Autriche et l'Arabie saoudite. Oui, vous avez bien lu (pour une recherche sur les pâtisseries algériennes : merci "La Bague de Kenza" !).
Au final, je me suis rendue sur "Google" et ai découvert que si l'on est un pervers zoophile (en disant ça, je rentre dans le top 10 des blogs les plus consultés...) faisant une recherche très ciblée vous serez dirigé ici : je suis en effet la première référencée pour "kama sûtra moufette", "orgasme moufette" ou "gastronomie moufette"
Parce que je suis d'humeur fôlatre aujourd'hui, je vais tenter un truc pour voir si j'ai plus de connexions (ou moins) : allez, comme ma consoeur précédemment citée, je vais évoquer des références "dans le vent" qui devraient m'attirer la gloire... Moment horrible, ahhh, grande inspiration : c'est parti ! Marc Levy, Amélie Nothomb, Michel Houllebecq, geek, Goncourt, IPhone, PSP, Olivia Ruiz, Astérix, Cécilia, Bouygues, Bolloré, yacht, bling-bling, Obama, Clinton, vacances, billets d'avion, origine de la chandeleur, jeux olympiques, Chine, Pékin Express, Closer, Britney, Sarkozy, Patrick Rambaud, Pennac, rachat, fusion, interrogatoire, banques... Beuuuuhhhh... C'était pas facile, mais ce pari sur les recherches les plus courantes, devrait fonctionner : je vous donnerai les résultats...
Enfin, si je sais pourquoi vous êtes venus, je ne sais finalement pas ce que vous en avez pensé : vous ne laissez pas de commentaires. Ahhhh la société de consommation...
30 janvier 2008
Le restaurant "Indonesia" à Paris.
Incertitudes...
La cuisine indonésienne ne m'a jamais comblée, c'est un fait. J'ai eu l'occasion de goûter à différents plats, en différentes occasions et surtout en différents endroits (aussi divers que Taipei, Singapour, Bornéo, Paris... Il me reste donc à aller goûter tout ça en Indonésie !) et à chaque fois, si de l'ensemble m'ont paru surgir d'intéressantes saveurs liées à des mélanges d'épices originaux, le tout m'a trop souvent paru très sec. Et le palais s'habituant aux plats en sauce des cuisines thaï et indienne, la gastronomie laotienne, cambodgienne (réellement cambodgienne, pas sino-cambodgienne) ou indonésienne paraissent nécessairement chiches à côté... Pour tenter de conjurer cette incapacité à apprécier le rijsttafel (composé de plusieurs plats accompagnant le riz, plus connu hors d'Indonésie qu'en Indonésie même...) et autres nasi goreng (riz mélangé frit), peut-être le restaurant "Indonesia" (12, rue Vaugirard, Paris VIè) fera-t-il l'affaire ?
Ici, ce sont les traditions culinaires de toutes les îles indonésiennes qui sont représentées. Toutes ? Non, cela ferait beaucoup : les principales en fait (Java, Sumatra et Bali). Le restaurant a été fondé en 1982
, par des anciens du Parti Communiste indonésien, et il fonctionne comme une coopérative : élément suffisament rare dans le VIème arrondissement de Paris pour être souligné... Cela commence avec un décor folklorique, canisses sur les murs, batiks sur les plinthes et sur les torses et chefs de serveurs extrêmement aimables, grand sourire sur le visage et cordialité prévenante, éventails dorés et tableaux... étranges (notamment un situé dans la salle du fond : mais qu'est-ce donc que ces jeunes femmes portent à l'oreille ???). Le restaurant est tout en longueur, avec une salle au sous-sol ; attention si vous vous mettez dans la partie du fond, près des cuisines, vous entendrez plutôt les derniers hits à la mode qui y résonnent plutôt que la musique traditionnelle indonésienne de la salle de devant (mais moi, ça ne me dérange pas...) ! Quant aux prix, il y en a pour tous les goûts : à la carte, compter 4 à 6€ pour les entrées, 8 à 10€ pour les plats et 4 à 7€ pour les desserts. Les menus, proposant diverses combinaisons, sont échelonnés : 13€, 15€, 17€, 19€, 21€ et 25€.
Je commencerai ici... par la fin ! En effet, le café au gingembre est un pur délice : il rappelle sans conteste le thé yogi, dont le goût subtil est obtenu à partir d'un mélange d'épices (poivre, cardamome, cannelle) ajouté au thé au lait. Le café n'est pas fort, très sucré (comme il se boit au Brésil : dans les pays producteurs, le café servi est souvent de médiocre qualité donc très sucré), et le gingembre dynamise le tout et rafraîchit le palais... Excellent pour clore un repas et rester sur des notes envoûtantes !
Repas qui, comme il se doit, débute par une entrée : mes camarades ont jeté leur dévolu sur des rouleaux de printemps à l'indonésienne (à base de pâtes de riz et non de vermicelles de soja) et une salade de légumes en sauce à la cacahuètes (gado-gado : un peu relevée, la fraîcheur des légumes crus est contrebalancée par le goût plein et chaud de la cachuète) ; pour ma part, je commençais avec des croquettes de viande, petites boulettes de pomme de terre mêlée de petits bouts de viande (kroket kentang : assez banal).
Pour les plats principaux, l'un d'entre nous a pris des brochettes sate, typiques de la cuisine indonésienne : brochettes de viande (plus souvent du poulet, moins fort en goût que les autres viandes) recouvertes de sauce à la cacahuète (la fameuse bumbu sate) ; pour ma part,
j'avais choisi un curry d'agneau.
Très peu pimenté, le mélange d'épices est vraiment original et ce d'autant plus que mon palais est habitué aux curries indiens et thaïs. Pour autant, si la viande était moelleuse, cela manquait de sauce : on retrouve plutôt (en bien moins gras, je vous l'accorde) les curries birmans très peu fluides. Je l'ai accompagné de sambal ulek (purée de piments), histoire de relever un peu, et de riz jaune au lait de coco, très savoureux (nasi kuning : la couleur est donnée par le curcuma).
En dessert, une crêpe balinaise originale (sorte de pancake fourré de noix de coco râpée caramélisée),
un gâteau de banane (kueh pisang) qui avait le mérite de n'être ni bourratif ni trop sucré (les deux étant rares quand la banane est de mise) et pour ma part des bananes caramélisées dans un lait de coco délicieux mêlé de pisang (alcool de banane). Ce dessert était, avec le café au gigembre, la vraie découverte de ce restaurant !
Un endroit fort agréable et convivial donc, avec une cuisine très simple mais de qualité, différant donc de l'aspect plus fastueux du restaurant "Djakarta Bali" (9, rue de Vauvilliers, Paris Ier). Pour vous faire une idée, allez voir la variété gastronomique de l'Indonésie.
29 janvier 2008
"Trader".
Dans ce contexte financier remuant, une petite perle a surgi hier soir : Trader de James Dearden (Rogue Trader, 2000). Inattendu car programmé à la dernière minute par M6 en fonction des événements survenant depuis quelques jours à la Société Générale, La Firme a donc été remplacé par ce film, moins facile à recaser habituellement sans doute, avec un sens de l'à-propos étonnant... Il retrace en effet quelques mois de la vie de Nick Leeson, que vous connaissez de mémoire ou parce qu'il a donné très récemment quelques entretiens à des journaux triés sur le volet contre rémunération (héhéhé, le sens des affaires...), comme le trader ayant fait couler la prestigieuse banque anglaise Barings (institution vieille de 250 ans !) en jouant sur les cotations de l'indice Nikkei entre Tokyo et Singapour en 1994-1995. Je sais, ça ne paraît pas très affriolant mais ne vous laissez pas rebuter...
Mon cher et tendre et moi-même bavardions donc bien tranquillement à propos de nos projets de vacances (Inde ou Japon ?), la télévision se démenant silencieusement dans un coin, quand notre regard a été attiré par... Tiens, Ewan McGregor dans un film un lundi soir ? ... Oh, il porte une veste aux couleurs vraiments bêtes, à grosses rayures jaunes et bleues... Ah, une salle des marchés ? ... Quelques Asiatiques passent dans le champs de la caméra ? Singapour ? Et là, la machine cérébrale se met à fonctionner à toute vitesse : mais oui !!! C'est sur le trader qui a fait fait couler la Barings !!! Notre oeil blasé par le petit écran s'illumine quelque peu...
Précisons immédiatement que je n'aime pas, loin s'en faut, les films et livres de "vécu", qui restent bien souvent au stade du compte-rendu et de l'émotion sans fouiller au-delà. Ici cependant, une spirale grise le spectateur, entraîné dans le sillage de Leeson : les manipulations financières sont expliquées en détail sans être trop complexes, et le scénario est intelligemment basé non sur la vie du trader (quel intérêt ?) mais sur la manière dont il tisse lui-même la toile dont il ne pourra se dépêtrer. Appels de marges, compte secret, indices, chiffres, tout défile à grande allure... Et on voit en demi-teinte Leeson perdre progressivement son assurance, acculé par ses pertes de plus en plus monumentales sur le marché à jouer plus gros, toujours plus gros. Il a conscience des sommes colossales engagées, mais la frénésie du jeu comme une fine connaissance de la bourse le pousse à se refaire. Une dernière fois... C'est son portrait placardé dans les journaux et son interpellation en Allemagne, alors qu'il regagne Londres, qui lui font prendre conscience de l'énormité de ses actes (la Barings a fait faillite à cause de lui). Du côté des acteurs, Ewan McGregor est absolument crédible, donc magistral, en jeune loup aux dents longues, les autres personnages étant suffisament effacés pour rendre compte de l'isolement dans lequel se trouve tout trader, confronté à ses gains et pertes, et à l'exigence de gagner toujours plus.
Pour M6, c'était l'occasion de rajouter encore une couche aux multiples reportages, interviews, débats et discours concernant les arcanes de la haute finance française ; quant à nous, nous avons découvert un film haletant et maîtrisé. Et, surtout, qui ne s'apitoie sur le sort de personne : ni sur celui de Leeson, qui joue et perd, ni sur celui de la banque, qui joue et perd également. En revanche, le spectateur, qui a le sens des réalités parce qu'il n'est pas engagé dans cette spirale infernale, rage devant la naïveté du trader qui ne planifie aucune fuite, veut absolument rentrer à Londres et n'a rien mis dans ses poches !!!
Leeson a été condamné à six ans et demi de prison à Singapour et 70 000£ d'amende ; il vit aujourd'hui en Irlande.
Drôle : à un moment du film, Nick Leeson perd un client pouvoyeur de fond et dit "c'est sans doute la Société Générale qui nous l'a raflé ; on ne va pas de laisser faire par ces branquignoles !!!". Mouahahahahaha !!!
28 janvier 2008
De la pub...
... Ou des conséquences du show permanent.
Le jeu des politiques fait le jeu des publicitaires : au bout du compte, l'Elysée porterait plainte contre Ryanair parce que c'est "inacceptable". C'est vrai que d'utiliser à des fins commerciales l'image de personnes qui font fi habituellement de toute bienséance... Rappelez-vous les photos de Miss Visa Internationale dans le journal espagnol DT, que j'évoquais il y peu ; rappelez-vous les photos de... Rappelez-vous toutes les photos d'ailleurs !
Voici le comble de l'ironie, c'est drôlatique à souhait... Mais le droit à l'image interdit d'utiliser de cette manière la photo de l'Omnichanoine et de la future Première Blingblinguette de France pour promouvoir Ryanair : d'autant plus qu'il est écrit, dans la petite bulle, au-dessus de CB : "Avec Ryanair, toute ma famille peut venir assister à mon mariage". Mouahahahaha !!! Non, on ne rigole pas... pardon... restons sérieux !
Aucun souci pour Ryanair : c'est un super coup de pub, vu l'omniprésence dans la presse internationale (pour se gausser de lui malheureusement) de l'omnicolas. Un procès n'amènerait que des bonnes choses pour la compagnie ; quant à l'omnicolas, il se discréditerait encore plus dans ce jeu permanent de "je pose/je ne pose pas ; tu prends un cliché/tu n'en prends pas ; c'est ma vie privée mais tu peux la photographier / ah non, loupé, là tu ne pouvais pas photographier...".
En tout cas, notre Omnichanoine national fête aujourd'hui ses 53 ans : espérons que prendre de l'âge lui amènera les bienfaits concommitants que sont la modération, la tempérance et la juste mesure.
27 janvier 2008
Sweeney Todd ? Il ne m'a pas convaincue...
J'en avais touché un mot il y a quelque temps déjà, et ni une ni deux : dès sa sortie, nous sommes allés voir le dernier film de Tim Burton, Sweeney Todd, the demon barber of Fleet Street. L'univers de ce réalisateur m'a toujours beaucoup séduite : anti-conformiste, peuplé d'êtres bizarres rongés par leurs pensées, l'humour mêlé de grotesque mais toujours inquiétant, accompagné souvent par la musique de Danny Elfman, un maître du gothico-drôlatique (je viens de l'inventer...). Le chef-d'oeuvre du genre reste pour moi The Nightmare before Christmas (L'Etrange Noël de monsieur Jack). Et pour ne rien vous cacher, je suis en train d'écrire en écoutant la musique : on ne se refait pas, je sais... "Bienvenu dans un monde étrange, où l'on aime les démons mais pas les anges". Ou encore : "La peste ? C'est bien ! C'est funeste !"
Revenons à nos moutons. Ou à nos pies plutôt. Car il faut mentionner l'élément le plus important : contre toute attente (mais c'est habituel avec moi), ce film m'a donné extrêmement faim. Il était tard, je n'avais pas mangé et ce film parle de tourtes à la viande ! Pauvre de moi, qui adore ça (voir un précédent post sur la gastronomie à Londres) !!! Passons ces considérations stomacales et concentrons-nous sur le septième art.
J'avoue que quelques-unes de mes craintes se sont confirmées : il est par exemple un peu lassant de voir les acteurs des films précédents de Burton, et de films du même genre sortis récemment. Johnny Depp et Helena Bonham Carter s'en tirent correctement, quoique la prestation de cette dernière soit un peu... pâle... (c'est le moins que l'on puisse dire, en terme vocal et facial !). Mais elle parvient heureusement, car plus mélancolique, à faire oublier Belatrix Lestrange qu'elle a récemment interprétée dans Harry Potter et l'Ordre du Phénix, pareillement habillée, maquillée et échevelée. Et le premier parvient à rompre avec ses deux précédents rôles marquants chez Burton, à savoir Edward (Edward aux mains d'argent, d'autant plus difficile qu'ici aussi il est question de coupe capillaire !) et Ichabod Crane (Sleepy Hollow). Ici, il est fou. Point. Et il le fait bien, intériorisant suffisamment pour éviter le démonstratif attendu. Les autres personnages sont des prétextes : Johanna est un métissage entre Vanessa Paradis et Christina Ricci, et Anthony le jeune niais de service (bizarre, ce personnage est absolument absent de l'univers burtonien habituellement). Enfin, le juge Turpin joué par Alan Rickman et le bailli Bamford interprété par Timothy Spall, sont bien trop présents à l'esprit du spectateur dans les rôles de Rogue et du traître Peter Pettegrew dans Harry Potter. C'était le danger de faire jouer deux acteurs déjà vus il y peu, et ensemble de surcroît.
En revanche, mention spéciale à Sacha Baron Cohen et à son aide Toby (Ed Sanders) : ces deux figures moins connues sont les bienvenues parmi tous ces acteurs. Enfin, un peu de chair fraîche ! En tout cas, l'inénarrable Borat parvient à camper un barbier italien digne des plus grands, dans la droite ligne de Stromboli. Mais si, souvenez-vous du Pinocchio de Disney... En plus mince, d'accord...
Le scénario, qui suit une légende londonienne, reste assez banal mais le spectateur est tenu en haleine jusqu'au bout. Pourquoi ? La soif de sang ! Parce que ça gicle dans tous les sens, un lourd coulis rouge vif et clair, tranchant magistralement avec la couleur passée de l'image. Car il faut dire que c'est ça, le brio du film : la couleur. Comme dans Big Fish, certaines scènes sont traitées en noir et blanc colorisées sur certains détails, tandis que d'autres séquences sont hyper-colorisées (le rêve de Mrs Lovett). On attend donc que diabolique barbier tranche encore et encore... et on espère en même temps ne plus voir ces giclements d'hémoglobine...
Quant à la spécificité du film, c'est d'être un drame musical. Et c'est là que le bât blesse (et pourtant, j'ai été élevée à la comédie musicale...) : Burton s'est séparé de Elfman, et tout va donc à vau-l'au. L'orchestration est moins magistrale qu'à l'habitude, et l'enchaînement des chansons est assez peu profitable au scénario. Quant aux mélodies et aux paroles, j'ai franchement eu l'impression d'entendre du sous-Misérables : même accent nasillard et cockney en beaucoup moins drôle, duets bien moins lyriques et envolés (et maîtrisés)... Dommage. Jusqu'à la complainte du jeune Anthony dans l'histoire d'amour-prétexte "I feeeeeeel youuuuuu, Johannaaaaaaa" dans les rues désertes de Londres. Bof. Et on oublie heureusement vite la première scène, d'un bateau émergeant des brumes et sur le ponton duquel chante ce jeune Anthony : un goût de déjà-vu ? Oui, normal : revoyez la première scène de Pirates des Caraïbes (dans lequel joue d'ailleurs le même Johnny Depp).
A voir certainement, mais loin malheureusement d'être le chef-d'oeuvre annoncé.
26 janvier 2008
Nous sommes tous des Jérôme K. ...
Que dire ? Il n'est pas étonnant qu'un trader, tout seul, fasse perdre des sommes colossales à une banque, vue la complexité des produits financiers actuels et la relative indépendance des traders. En revanche, qu'il ait pu, pendant des mois, déjouer les barrages informatiques et les contrôles d'une banque réputée pour sa rigueur en matière de gestion des risques (source bien informée) est plus surprenant.
Mais là n'est pas mon propos.
Ce qui m'intéresse, c'est la tourmente : on y était habitué pour les affaires criminelles, de disparitions et de pédophilie. Pour les fraudes dans la haute finance avec des deniers non publics, l'emballement est plus rare. Photo extraite de Facebook, voix diffusée à partir du message d'attente du portable (hmmm, quelle information, c'est dingue !), famille et supposés problèmes familiaux scrutés... Jusqu'à la DRH qui évoque un "être fragile", un homme "sans génie particulier" : parler de quelqu'un de cette manière pousserait n'importe qui à la fraude, soit dit en passant !!! Hum... Jusqu'à Daniel Bouton qui hésite : "cet escroc, ce fraudeur, ce terroriste". Sachons raison garder, que diable !
Heureusement que Jérôme K. n'écrivait pas de blog, on aurait connu tous les détails intimes de sa pensée... Secret de l'instruction et autre présomption d'innocence ont bien volé en éclats, et cela a toujours été ; mais aujourd'hui, grâce à Facebook, MySpace et autres LinkedIn, on peut tout savoir de tous : une bibliothèque d'archives passionnantes, le bonheur de l'historien. Quant au journaliste, c'est l'occasion pour lui de faire cette remarque d'une grande utilité : "Jérôme K. a perdu beaucoup d'amis sur Facebook depuis trois jours..." (Journal de 20h, France 2).
Finalement, je ne sais ce qu'il a de commun avec Jérôme K. Jérôme ou avec Jérôme K. Jérôme Bloche, en tout cas nous sommes tous des Jérômes K. en suspens...
25 janvier 2008
"Young Sherlock Holmes" vs "Harry Potter" ?
Il faut vous raconter une étrange découverte, effectuée non par moi mais par ma petite famille, tranquillement installée vespéralement devant un film. Cela commence dans un pensionnat anglais au XIXème siècle, aux longs couloirs mystérieux et au réfectoire gigantesque (tiens ?), où trois adolescents dont une fille et deux garçons (ah ?) se chargent de résoudre un crime (ahhh ?). Les deux amis servent de faire-valoir au troisième, aux qualités exceptionnelles (hé ?) à qui s'oppose un professeur retors (hein ?) et un adolescent machiavélique assisté de ses deux acolytes (oh ?). Un professeur, son mentor, l'aide toutefois à résoudre le mystère en lui faisant confiance (ah ?). Jusque-là, me direz-vous, nous sommes dans le scénario convenu d'une quête pour adolescents : l'absence des parents, l'institution scolaire, la compétition et l'amitié... Rien que de très banal.
C'est quand on voit les images que l'interrogation prend vraiment forme :
Les trois larrons. Ou lurrons. Les couloirs du pensionnat.
Le réfectoire. Dudley, l'adversaire adolescent.
En effet : je suis bien d'accord avec vous, ça craint. Que les réalisateurs successifs de la série Harry Potter se soient inspiré (voire aient volé) des décors, cela semble plutôt logique, l'art cinématographique s'abreuvant à lui-même. Mais qu'un écrivain décrive son univers imaginaire à partir d'un film, c'est moins courrant. Quoiqu'intéressant. Il semblerait donc que Rowling ait écrit Harry Potter en visionnant et revisionnant le film de Barry Levinson, Young Sherlock Holmes (Le Secret de la Pyramide) qui date de 1985. Toutes les descriptions correspondent de manière absolument ahurissante : en intervertissant Watson et Holmes, on obtient bien la tignasse noire et le visage poupin d'Harry surmonté de lunettes rondes, le fin visage surmonté de cheveux roux de Ron, les boucles ébourrifées d'Hermione. Je ne parle même pas de son adversaire adolescent, véritable Malefoy, aux cheveux blonds bien tirés sur le côté et au snobisme digne d'un pure-blood... Plus étonnant, des détails qu'il n'était nul besoin d'emprunter à un film mais que l'on retrouve étrangement dans les deux : le méchant garçon snob s'appelle Dudley, tout comme le cousin fort désagréable d'Harry ; les qualités intellectuelles exceptionnelles incomprises de Holmes sont celles, magiques, de Harry, et ses deux amis plus balourds sont ses faire-valoir ; quant à la cicatrice à la joue qu'il garde tout au long du film, passons...
Inattendu, donc. En fouillant un peu, merci au Chaudron bouillonne pour ses photos et son analyse.
24 janvier 2008
Which Austen heroine are you ?
Ahahaha ! Je sais, on s'amuse comme on peut... http://www.strangegirl.com/emma/
23 janvier 2008
Visa internationale.
Je reviens bien éreintée de ma petite excursion niçoise. Je n'ai même pas entrevu le bout du nez du petit doigt d'un peu de socca (miam), de panisses (re-miam) ou de pissaladière (re-re-miam) : c'est tout bonnement scandaleux, il faut que j'y retourne au plus vite !!! Mais bon, tel n'était pas le but de ce voyage ; mais même si je savais partir pour rien moins qu'une révolution domestique
chez ma mère-grand, je ne pensais pas y laisser le bien-être de mon
poignet en passant...
Il faut dire que la susdite mère-grand collectionne à la fois les livres d'art et de voyages, tous plus beaux et lourds les uns que les autres, et des tonnes de revues de reportages, voyage, tourisme, art ou essais depuis la création de chacune... Et le but était pour moi, en deux jours et demi, de ranger, trier et réorganiser tout cela (je ne parle même pas des vêtements et des stocks de mets délicats en conserve) en prévision d'un prochain et proche déménagement. Piles de livres, tas de vêtements, meubles vidés jusqu'au tréfonds puis emplis à nouveau, nuages de poussière, papiers et lettres d'il y a... hum... trente ans : voilà mon univers ces derniers jours. Et finalement, "seulement" six sacs grand format pour la poubelle !
La question qui se pose maintenant, c'est : "où aller ?. Parce que vieillir n'est pas simple : se rapprocher de ses enfants et petits-enfants, quand une moitié est à l'autre bout de l'Europe ou de la Méditerranée, et que les deux jumelles sont chacune aux antipodes de l'Hexagone ? Qu'il faut prendre des décisions pour soi que l'on ne peut se résoudre à prendre seul, parce que changer ses repères est angoissant...
Toujours est-il que cela a été aussi l'occasion de visiter les urgences de l'hôpital Saint-Roch, histoire d'être sûre que l'entorse de ma grand-mère n'était rien de plus, et où finalement, malgré la grève des urgentistes, l'attente n'a pas aussi longue que pressentie : je pensais en sortir à 4h du matin, j'avais préparé bouteille d'eau et livre énorme, avais bu un bon café dans la salle d'attente et économisais la batterie du téléphone en prévision... Mais finalement l'ambulance nous a ramenées, bien cordialement, à 1h du matin seulement. Très courtes nuits donc, depuis vendredi où mes chers voisins du bar avaient décidé de faire une soirée "Hurlons en choeur dans la rue". Sympa.
C'est finalement le poignet qui a pris, à force de soulever et déplacer des livres. C'est ça, le poids des mots...
Quant au choc des photos, El Pais nous aide à l'entrevoir :
Une illustration de "la modernisation de la vie politique française"
ou "comment promouvoir un album avec des arguments musicaux"...
P. S. : merci à Samuel Etienne et à l'équipe de l'"Edition Speciale" de Canal+ d'avoir ce midi (23/01/08) poussé le cher Balkany dans ses retranchements, de lui avoir posé et reposé et reposé les questions jusqu'à ce qu'il finisse par y répondre enfin. Cela faisait trèèèèèèèèès longtemps que je n'avais vu un tel travail de... journalistes. Trop rare par les temps qui courent, trop de rires courtisans, de scribes-paillassons...
P. S. 2 : pourquoi Visa internationale ? Parce que CB. Carla Bruni. Parce qu'elle le vaut bien !!!
22 janvier 2008
Les femmes en noir.
Fait marquant et inattendu des voyages ferroviaires en cette étrange contrée qu'est la France : à chaque arrêt du train, la ruée des femmes en noir hors du wagon.
Non pas que je voyage en compagnie d'une gent féminine exclusivement affublée de burqas et ayant comme consigne de s'aérer à chaque arrêt. Plutôt une frénésie assez comique, vue de mon siège, qui saisit les trois-quart des femmes du wagon à l'annonce du contrôleur : de saisir leur manteau, noir en l'occurence pour chacune de mes co-voyageuses, de s'en vêtir, de se masser près des portes en serrant compulsivement un objet oblong dans leur main et de profiter, dès l'ouverture des portes, des deux minutes occtroyées par la SNCF à Antibes-Juan les Pins, puis à Cannes, puis à Saint-Raphaël-Valescure, puis à Toulon et enfin à Aix-en-Provence-TGV pour inhaler quelques bouffées libératrices de nicotine.
Comique parce qu'uniquement des femmes. Parce que toutes vêtues de noir.
Conclusion : auparavant appelé sexe faible, désormais sexe en voie de libération (comme il y a des pays en voie de développement), faudra-t-il bientôt parler de sexe fumeur ? Mouahahahahah !





















