Comme régulièrement, j'accomplis mon devoir et te tiens au courant, lecteur, du contenu télévisuel de notre monde sur-évolué.

            Oui, tu as bien compris : "Pékin Express" se passe cette année en Amérique latine comme le stipule le nom de l'émission. Question : peut-on brouiller encore plus les repères géographiques de nos contemporains ? Réponse : non. Et les repères linguistiques non plus, d'ailleurs : les noms brésiliens sont prononcés avec l'accentuation et la prononciation espagnoles que s'en est à bombarder la télé de projectiles divers et variés (pour note : un bébé yuca - une côtelette d'agneau - un tome d'encyclopédie - un Bouddha rose fluo (oui, j'ai vraiment un Bouddha rose fluo chez moi : voir le prochain article...)). Il est absolument normal que nous ne sachions pas prononcer tous les phonèmes de toutes les langues (ça assure comme phrase !) ; toutefois, je m'interroge sur le professionnalisme des journalistes qui n'auraient pas grand-chose à faire à mon avis pour trouver quelqu'un sachant leur indiquer la prononciation d'un quelconque idiome. Exemple : Rio de Janeiro ne se prononce pas "rio de djanéro" mais plutôt "riou dji janéïrou" (et appuyez longuement sur le "éï", ce sera top). Ou pour l'édition chinoise de "Pékin Express"; précisons que la dynastie Qing n'a rien à voir avec Elvis et se prononce plutôt Ching. Tout comme Xi'an se dit "Sssianne" et n'est pas de la famille phonique de Xena la guerrière. Non mais.
            Pour ma part, je veux bien toute indication utile pour prononcer les noms arabes, slaves et des différents dialectes indiens (c'est une idée, mais je suis absolument ouverte à des informations sur l'arménien, le coréen, le wolof ou le maori...).

            Ensuite, il y a quelques semaines, j'avais vu en zappant nonchalamment (règle importante : la pratique de la zappette doit toujours être nonchalante) une émission sublime : "L'amour est dans le pré". Enfin un reportage animalier le soir !!! Quel bonheur... Je pensais donc savourer une de ces émissions torrides de l'après-midi sur la 5ème, où l'on voit de jeunes lionceaux se faire démolir par des hippopotames, des hyènes copuler gaillardement et des vautours s'interroger sur le sens de la vie. Ou bien, mieux encore, un show téèfun-esque sur "Les 100 histoires impliquant des animaux qui vont vous bluffez la life", présenté comme il se doit par Nikos, Benjamin Castaldi et Carole Rousso. Avec PPDA dans le rôle du trappéziste fou (si, c'est vrai, c'est du vécu !) qui servirait d'appât aux orques en furie... Et bien non, grosse déception, je m'étais totalement fourvoyée : il s'agissait de découvrir la vie de quelques agriculteurs en mal de compagnie. Ce qu'ils aiment dans la vie, comment ils vivent leur vie, quelle place tient l'agriculture dans leur vie, et surtout comme devrait être la femme (l'homme pour la seule agricultrice présente) de leur vie.
            Décapant. Dans la droite ligne de "M6Déco"... Au bout du compte, on a un peu le coeur serré : ils sont tous charmants, on a envie d'être affectueuse, mais un truc coince. Ne venant pas des agriculteurs eux-mêmes. Non : le ton doucereux, les questions mielleuses et l'attitude compatissante de la présentatrice (Véronique Mounier avec son faux air à la Hélène Segara) vous épouvante immédiatement. Genre : il a vraiment besoin d'amour, jetez-vous à l'eau mais surtout qu'il ne s'avise pas de toucher à mon manteau qui coûte la peau des fesses... Le plus beau : sur le site de l'émission, voyez un peu le superbe sondage. Non, ce n'est pas l'homme qui compte, mais la bête...

Amour_dans_le_pr_

            Hmmmm, le potentiel érotique des céréales, je n'y avais jamais pensé...
            Enfin, grâce à quelques émissions hautement culturelles glanées ça et là, j'ai découvert le "corner gun", un fusil dont le canon est à angle droit et permet de se cacher derrière un mur, une voiture, que sais-je encore (un berceau ?), pour tirer sans être vu. Fantastique. Je ne savais pas quoi faire de cette information, mais j'avais terriblement besoin d'en parler. Tout comme cette "Millionnaire Fair" qui a eu lieu en Belgique, commentée par un contrôleur du ministère des Finances belge (ils sont fous chez Arte) : un grand moment de "je ne sais pas toi, mais cette bague à 500 000 euros devrait plaire à ma femme. Je lui achète au cas où...". Là, ça n'est plus décapant, c'est hystérique (pour plagier quelqu'un...).