Oublions un peu la politique pour une version plus agricole et agraire du Salon de l'Agriculture, qui s'est révélé être une expérience très intéressante et drôle ! Oui, car en plus de l'envie de voir en direct s'agiter notre Duracell national, j'aime les animaux. Poilus, bruyants et savoureux...

P1110348_2            Le Salon, c'est donc évidemment des animaux. La présentation de chaque espèce est pédagogique (rare en France, n'est-ce pas ?) avec nom de la raceP1110250, prénom de la bestiole (année de naissance et éleveur) ce qui permet de comparer sur pied la couleur de robe, la masse et la beauté des bêtes, ainsi que l'originalité des éleveurs : non, une vache ne s'appelle pas nécessairement Marguerite... Dans les yeux des animaux, nonchalance le plus souvent, parfois inquiétude aussi à cause du bruit, de la chaleur, du mouvements. Nous déambulâmes donc auprès des Charolaises, Salers, Tarentaises, et autres Prim'Holstein, auprès des porcs de Bayeux (les plus fashions : roses à tâches noires et poilus, le top de la mode actuelle) et porcs blancs, des caprins, volailles, chevaux, mules, ânes et ovins. J'avoue affectionner tout particulièrement les races ovines britanniques, notamment les gros moutons dodus à tête noire...
            Une sélection dans mes photos d'hier confirme ma préférence pour les animaux poilus (conséquence : si je prends un jour un rat d'appartement, il faudra qu'il soit poilu. Même chose si j'ai un poisson rouge...).

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On n'a qu'une seule envie : caresser. Mais pas touche !

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Grandiose :
cet éleveur, barbu et bouclé, bonnet et treillis, téléphone à l'oreille et chèvre à la main,
attend le passage-éclair de l'Omnicolas.

DSC00243            Le Salon, ce sont aussi les plantes : fourragères, céréales, et tout ce qui s'ensuit (recherche agronomique, bio, agriculture durable)P1110364 ainsi que les plantes en pots, ateliers de rempotage, portes de jardin et des inventions super folles. Le top dans ma sélection est accordé à la douche "l'arroseur arrosé" (la fleur est une rampe d'arrosage qui gigote dans tous les sens) et au "terreau gluant" (des boulettes ressemblant à du plastique mais composées à 90% d'eau pour les plantes en pot). Dans la même veine, quelques créations florales étonnantes, comme cet oiseau jaune et différents stands exposant des produits phares (Lesieur), des innovations ou vous apprennant à comprendre un produit : ici, le stand de "'L'instant bière" des Brasseries de France offre des dégustations très intéressantes, et je m'y connais (je n'en bois pas beaucoup, mais je sais choisir et reconnaître. Le vin ? Non, je n'y arrive toujours pas...) ! Il ne faut pas oublier que le Salon est un formidable tremplin et un espace de pub pour les entreprises (on y voit donc aussi toutes les banques et assurances liées à la terre : Banque populaire, Groupama...).

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            Le Salon, c'est aussi du bon manger : les stands gastronomiques sont très nombreux, une superbe boucherie au milieu du hall principal mais aussi un hall pour les produits régionaux, et un autre accueillant des stands du monde entier. DSC00263La confiserie italienne semblait être à l'honneur, tant les étals étaient riches et bariolés, parmi les stands de produits pseudo énergisants et pseudo asiatiques (le ginseng version chinoise ou version coréenne, la tisane blablabla qui fait maigrir rien qu'en regardant le paquet...). Ici, c'est le grignotage qui prime : cochonailles diverses, jambons, saucissons et saucisses sèches d'Espagne et notamment de Catalogne, ou d'Italie, ou bien fromages. D'ailleurs, une mention spéciale au gigantesque stand de la Suisse : nous y sommes repassés quatre fois, et au milieu du stand des gens se régalaient d'une fondue... Miam... Appenzeller, Emmental et autres vacherins absolument délicieux... DSC00266Egalement des stands de cuisine, où quelques femmes affairées confectionnent des spécialités japonaises et coréennes avec dégustation en prime ; la meilleure pâtisserie japonaise de Paris (Minamoto Kitchoan) propose également des douceurs à des prix élevés malheureusement. Personnellement, je me suis laissée tenter par (les fromages, les fromages, les fromages, le saucisson, la saucisse sèche, les chocolats, les pralines...) le gros caviar rouge proposé à l'isba russe : plus salé que les oeufs de lompe rouge mais plus rafraîchissant et savoureux : j'ai adoré (comme tout ce qui est à base de poisson, me direz-vous... ou même : comme tout ce qui se mange, mouahahaha !). Une autre très bonne surprise, des morceaux de chocolat proposés par le stand du Gabon, absolument délicieux : sans sucre, cela restait vraiment du chocolat, sans aucune amertume (OK, ils ont sans doute forcé sur le beurre de cacao pour obtenir cette douceur) ! Enfin, une fontaine de confiture de lait pour les vrais gourmands... Vous aurez donc largement de quoi goûter à de nombreuses spécialités, d'autant que la plupart de ces grignotages sont gratuits ou à prix plutôt modique (la tartine de caviar est à 1€, le cornet de saucisse sèche basque à 3€). Seul bémol : les stands africains sont extrêmement mal mis en valeur (voire pas du tout : un drapeau camerounais et deux-trois papiers au stand de l'Association bananière du Cameroun : je pense qu'il y a moyen de mieux présenter la richesse agricole de ce pays...) et les produits sont ignorés des passants, parce que présentés dans de vieilles bouteilles (genre "White Spirit"), des sachets plastiques ou des cagettes. Ce qui est extrêmement dommageable à l'agriculture africaine d'une part, et au passant d'autre part : confiture de mangue, chocolat gabonais cité précédemment, huiles diverses... ne seront sans doute pas goûtés, appréciés et achetés.

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Produits italiens, fromages suisses, boucherie française, plats à emporter : miam !

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Produits syriens, chocolats fantaisie du Costa Rica, fontaine de confiture de lait : re-miam !

            Le Salon, ce sont aussi les "famous people" : notre Duracell national (j'en ai parlé dans l'article précédent) mais aussi tout le gratin des syndicats, distributeurs, banques, assurance, ministres et conseillers que compte l'Europe. J'ai fait quelques instants la petite souris (le gros rat ?) dans ce milieu, serrant la main à la ministre de l'Agriculture de Finlande, devisant avec des conseillers de je-n'ai-pas-retenu-le-nom mais ça semblait fameux, ou déjeunant avec un responsable syndical allemand. Occasion de dépoussiérer mon teuton et de me lancer dans des prouesses germanisantes... Tout cela m'a surtout permis de bien manger, avouons-le, dans un excellent restaurant au centre du Salon et réservé à quelques happy few. Et oui, je me la joue... Coupe de champagne, suivie d'un simple carpaccio de boeuf au basilic et parmesan qui m'a mise en bouche pour une expérience culinaire inédite : des tripes. Je n'en avais jamais mangé, et j'ai pensé que s'il y a un endroit où en goûter en étant sûre qu'elles seront très bien préparées et cuisinées, c'est ici. C'est parti donc : tripes au cidre pour la moufette ! Et bien, un délice, sincèrement !!! Suivi d'un énorme plateau de fromages (comté, époisse, vacherin et autres coulants onctueux...) qui ont fini à fortes doses dans mon assiette. Café avec mignardises (cannelés bordelais et madeleines).

            Je finis donc le Salon de l'Agriculture repue et somnolente, avec la vague idée de nous acheter un jour un âne, chevelu et doux, comme animal domestique...