25 mars 2008
Hypocrisie : être sous le masque de loin, de près...
C'est fatiguant !!! La valse hypocrite continue : nous voguons entre les "tuons, mais avec retenue" et les "potentiellement, j'envisagerai
quelque chose un jour, rien n'est ouvert, rien n'est fermé" de notre Omniprésident. Nous verrons donc ce que nous verrons... mais plus tard, après une répression chinoise comme la RPC sait si bien les faire et quand il n'y aura plus rien à condamner. Juste déplorer et pleurer, d'autant que la présidence de l'UE sera française et qu'il faudra serrer les fesses... L'autre président, rogue et Rogue à la fois, est soutenu par les présidents des Comité nationaux olympiques dans sa conduite prétendument a-politique : il faut agir, mais au meilleur moment. S'il gère cette crise avec la même dextérité avec laquelle il a passé l'accord
de 2001 accordant les Jeux Olympiques à la Chine contre un respect accru des droits de l'homme, on peut être dans une totale zénitude quant à la suite des opérations... Enfin, parce qu'on en apprend tous les jours, les trois militants de
Reporters sans frontière qui seront jugés en mai en Grèce, le seront sur la base
d'une violation d'un article stipulant la sacralité des emblèmes
nationaux. Et, fou !, alors que tout le monde s'évertue à dire que les
JO sont apolitiques, on découvre que les cinq anneaux
entrecroisés sont en réalité un symbole national grec. Il reste donc la menace, prononcée par Daniel Bilalian, de ne pas diffuser les JO s'il s'avérait que la Chine réclame un différé dans la diffusion des images... A suivre donc.
En parlant d'hypocrisie, je continue de mon côté les révisions car l'examen de
chinois a finalement été divisé en deux sessions (hum, je l'ai su la veille...), et cela me fait penser (en plus de la lecture chez Jelaipa sur les luttes internes à certains services) que je ne vous ai jamais raconté à quel point c'est le bordel par chez nous. Non, pas dans l'Education nationale (je rédigerai un jour une encyclopédie à ce propos) mais chez les étudiants de chinois d'un certain endroit.
Au-delà des difficultés propres à toute langue (le chinois compense la difficulté d'apprentissage des sinogrammes par une grammaire plutôt simple), "chez nous" les choses sont compliquées par des querelles intestines. Deux choses : un nouveau cursus a été créé cette année, fonctionnant avec une nouvelle méthode, prétendue révolutionnaire, qui l'est sur certains aspects, mais qui a nettement besoin d'améliorations sur d'autres. A peaufiner donc, comme toute expérimentation pédagogique. Mais c'est sans compter certaines résistances, réticences et arrogances. Car ce nouveau cursus se pose comme une révolution face à l'ancien cursus, et ça, la révolution, ça ne pardonne pas en chinois... Frictions, autojustifications et prétentions donc. Un climat d'apprentissage idéal qui me rappelle bien des choses, vécues en tant que prof.
Et parce qu'il faut toujours en rajouter, je suis aussi déléguée des
étudiants du département de chinois. C'était
résolument stupide, je sais. J'ai accepté cette proposition de participer à la liste à un moment où mon ECG devait être très très très plat. Et malheureusement pour moi, l'élection était gagnée d'avance : une vingtaine de votants, dont au
moins la moitié était sur la liste comme délégués ou suppléants, alors que nous sommes 1 500 au bas mots inscrits en chinois. Réflexion subséquente : la conscience politique d'un étudiant actuel semble être inversement proportionnelle à sa capacité à parler en
plein cours, interrompre le prof et se plaindre d'avoir trop de travail...
Toujours est-il que je pensais me la couler douce : régler en
tant qu'étudiante ce qu'il fallait régler quand j'étais prof (enfin, je
le suis toujours mais j'ai encore quelques mois de répit). Querelles
d'emplois du temps, de salles, questions pédagogiques en lien avec le
déroulement des cours et des examens, les problèmes de maquette et de
rodage du passage à la LMD, les chiffres d'échec et de succès, les
attributions de bourses et les critères de sélection à leur
appliquer... Et, bien sûr, les revendications, bien peu nombreuses en
réalité, de mes petits camarades. Mais c'était sans compter qu'ici, c'est Verdun : deux
clans rivaux aux propos dévastateurs s'affrontent et se déchirent à coup de méthodes pédagogiques, d'ambitions
personnelles et de déclarations d'intention. Tout ceci pourrait être accompli en dressant l'oreille, notant et
jouant des ambiguïtés pour faire passer les intérêts des étudiants avant les querelles de
personnes.
Croyais-je.
Et là, première réunion : une empoignade
comme jamais vue. Et moi, assise à côté de l'un des deux belligérants, ancienne élève du premier, M. Psychorigide*, et élève actuelle de l'autre, M. Arrogant*, me
voilà embarquée, visée personnellement et incluse dans un combat qui
n'est pas le mien. Et parce que ce n'était pas suffisant, au moment où je me défends et tente de trouver un terrain d'entente pour dépasser le problème, un de mes colistiers, M. Effetsdemanche*, m'interrompt pour clamer qu'il n'est pas du tout d'accord avec
moi, qu'il ne me soutient pas et qu'il s'inscrit en faux par rapport
à mes propos. Ce même colistier qui avait tout fait pour m'inclure sur la liste, et qui tente avec forces rodomontades et flatteries grasseyantes de pousser les intérêts de gens qui lui sont proches (il me l'a même écrit noir sur blanc...).
Conclusion : toi, t'va
voir ta gueule à la récrée...
* Les noms ont été modifiés. Enfin, pas tant que ça.
Beaucoup de tensions pour pas
grand-chose donc, ou plutôt si : pour découvrir que ce que je croyais être
une liste sereine et intelligente est en réalité noyautée, et qu'un des
délégués y fait preuve d'un entrisme rarement vu depuis la Guerre froide... Je me découvre encore fort innocente.
Que faire maintenant ? Démissionner, laisser mon suppléant prendre le relais sous des prétextes fallacieux ? Continuer le combat, en tentant de protéger les intérêts d'étudiants qui s'en fichent totalement (tant que cela ne concerne pas leur notation personnelle) ?
Ou partir créer une guesthouse dans la campagne thaïlandaise, monter une école en Birmanie et écrire un roman au Pays de Galles ?













