29 avril 2008
2/9 : où tu découvres le vrai visage de mon cher et tendre...
Deux photos magnifiques de mon cher et tendre... La petite histoire ? Nous avions mangé quelques petites choses avant d'attaquer la jungle du parc de Bako à Bornéo (moi, je n'entame rien sans avoir le ventre plein), et cher et tendre avait jeté en même temps que les reliquats du déjeuner le couteau de poche, très utile en voyage (en même temps, je n'avais pas vérifié non plus...). Je n'ai pas pu résister à prendre la photo... La seconde fois, c'était le ticket de parking où se trouvait notre voiture en Croatie. Peut-être une habitude de voyage ? D'où peut-être une troisième photo à Cuba ?
Côté musique, je vous gâte : une de mes chansons favorites de Queen (oui, je fus et suis toujours fan), très inattendue. Rafraîchissante voire... bondissante, c'est le mot je crois. Je vous laisse apprécier "Lazing on a Sunday Afternoon", chanté par Freddy Mercury, tiré de A Night at the Opera (1975) :
Oui, je sais : c'est l'éclate !!!
27 avril 2008
1/9 : où je te parle du forró brésilien...
Première vidéo à regarder : la musique est inaudible et le son ignoble, mais contemple juste les pas. Ensuite convoque ton homme ou ta tendre moitié pour mettre en pratique ce que tu as vu avec la musique de la seconde vidéo...
C'est à l'occasion d'un mariage au Brésil, dans le Nordeste, que j'ai eu l'occasion de découvrir cette danse : j'avais lors d'un précédent voyage pu admirer la capoeira ainsi que la capacité des Brésiliennes et Brésiliens à danser superbement bien sur tout et n'importe quoi, mais c'est avec des couples plus âgés, la cinquantaine et soixantaine, que j'ai été réellement étonnée par le forró (prononcer fouro (o ouvert)). Normalement, les pas que vous voyez ici sont extrêmement rapides et en même temps extrêmement sensuels. Je n'avais qu'une envie en les voyant, c'était de me joindre à eux... Mais, si nous Français leur en avons mis plein la vue avec la valse (qui reste LA danse de mariage par excellence même de ce côté-ci de l'Atlantique), je suis bien vite allée me cacher dans un coin quand les rythmes brésiliens sont arrivés... Et là, tu te dis : "oh, comme je ne sais pas danser...".
Bon, et maintenant que tu as vu les pas et que tu les connais par coeur, tu va écouter un air de forró audible cette fois-ci (et si tu n'arrives par à refaire les pas, tu peux faire la même chorégraphie que ces jeunes Brésiliens, ça ne peut jamais faire de mal...) !!! Et ne dis pas qu'on n'a pas le temps : c'est dimanche...
Vamos a Cuba ! Et un "Moufetta libre", un !!!
Voilà, je pars deux semaines à Cuba : j'espère pouvoir y oublier un peu certaines préoccupations qui me taraudent depuis quelque temps, qui font même plus que me tarauder puisqu'elles me pourrissent et mon humeur et mon quotidien et mes pensées et mes projets. Des événements, des choses, des attitudes, des personnes proches et moins proches qui me hérissent le poil, par lesquelles je me sens agressée ; et ce d'autant plus que j'ai le sentiment irrépressible de ne plus contrôler mon avenir comme je le voudrais, et comme j'en aurais besoin pour être sereine. Impossibilité de demander de l'aide et complaisance dans sa propre solitude. Une bonne dépression ? Il me semble que c'est évident...
Peut-être le régime castriste et quelques plages blanches scintillant sous le soleil caribéen résoudront les plus superficiels de ces symptômes ; pour le reste, j'espère que le cerveau parviendra enfin (un jour, oh oui, un jour) à trouver la position "off"...
En revanche, comme deux semaines c'est long,
qu'il ne faut pas compter sur la libéralisation
des modes de communication à Cuba
et que toi, cher lecteur,
tu vas en profiter pour m'oublier,
j'ai décidé de te faire subir pendant ce temps
de l'auditif ou du visuel.
Et si tu es sage et que tu laisses plein de commentaires,
tu auras les deux !!!
En revanche, il n'y aura pas de réflexions intellectuelles : faut pas trop en demander non plus...
Un petit logo en prime : si tu vois en haut de l'article ces deux paires de pieds nonchalamment vautrés sur une non moins nonchalante plage (thaïlandaise, ici), c'est que le message était pré-programmé (en espérant que cela marche). S'il n'y a pas cette photo, c'est que... je suis parvenue à me connecter pour tes beaux yeux et que je te raconte mes folles aventures au pays du daïquiri !!! Non, ce n'est pas un animal...
24 avril 2008
La vie des animaux : mon bestiaire.
Ne profite pas de ce billet dépolitisé pour te laisser berner par l'humilité et l'erronisme à tout crin de notre cher Omniprésident : "j'ai fait une erreur", "c'était une erreur" et blablabla... Car l'erronisme n'est pas un héroïsme. Ce n'est pas non plus un humanisme, mais ça c'est une autre histoire.
MaO l'a remarqué, j'aime les animaux... pour le moins étranges. Je ne suis effectivement jamais tombée dans l'affichage intempestif de poneys, de chevaux, de chiens ou de chats sur les murs de ma chambre. Je n'ai aucune crainte ou dégoût face aux insectes, quels qu'ils soient, face aux arachnides, aux reptiles ou aux rongeurs divers. Même quand il s'agit de manger à côté et que la cuisine est parcourue ET de rats ET de cafards : dans certains pays, cela signifie surtout que la nourriture est abondante et fraîche... J'avoue toutefois, dans ce portrait de la vraie Sydney Fox que je suis (sans la cambrure, malheureusement), qu'en Amazonie, certaines araignées énormes (la taille de la main doigts écartés) qui sautaient telles des ressorts m'a quelque peu... étonnée. Et je préfère le criquet dans mon assiette, frit avec une pointe de sel, que bondissant n'importe comment dans les champs : de l'ordre, non mais !!!
Et voici mon bestiaire favori, construit patiemment au fil des années, et que je compte transmettre à mes (futurs) mouflets, afin qu'ils soient traités d'originaux dans la cour d'école, qu'ils soient donc exclus des jeux par leurs petits camarades et qu'ils deviennent donc de grands artistes dont les royalties pourront offrir une rente à leur mère aimante...
1) Le wombat est mon ami : parce qu'il a l'air très fou... Et en faisant quelques recherches, j'ai appris des choses effarantes sur lui : notamment qu'il "se sert de son derrière très puissant pour se défendre. En effet, il
l’utilise pour écraser ses adversaires contre les parois de sa tanière,
en cas de danger". C'est absolument fantastique : j'ai toujours su que l'arrière-train pouvait potentiellement être une arme de destruction massive. En plus, il peut atteindre 30km/h. Cet animal pourrait être extrêmement utile un jour, en cas d'invasion quelconque, et il est très décoratif.
2) J'aime la hyène : depuis ce bébé hyène sur un chemin du parc Kruger en Afrique du Sud,
j'ai décidé d'adhérer au Front de Libération des Hyènes. Ce qui m'avait fait craquer, c'était la petite houppette de poils sur le crâne de la bestiole et ses oreilles duveteuses, ainsi que son comportement humble et ses yeux implorants, emplis d'amour et de solitude incomprise... Comment ça, je fais dans l'anthropomorphisme ??? Mais pas du tout ! Je le dis donc haut et fort : la hyène est un animal spolié, critiqué à mauvais escient et diffamé par le lobby des amateurs de chiens, de chevaux et de chats réunis. Il est sûr que son allure n'arrange pas les choses, avec ses pattes arrières plus courtes que celle de devant, son sourire sardonique et son jappement plus proche du ricanement qu'autre chose. Mais allons au-delà des apparences, car... nous sommes tous des hyènes, quelque part (loin, très loin au fond de nous).
3) Le paresseux, un incontournable. La bestiole est aussi repoussante que le laisse entendre le personnage de Syd dans L'Age de Glace ; je regrette vraiment de n'en avoir jamais vu en liberté, parce que la description que j'en ai lue dans un guide était à hurler de rire. Déjà, la bête est verte : tellement lente à se mouvoir que de la mousse pousse sur son pelage !!! Et sa technique pour échapper aux prédateurs ailés allie inventivité et paresse : il se laisse nonchalamment glisser de son arbre (genre : "oh, je tombe...") dans le fleuve Amazone (qui coule en fait presque partout dans la zone) et se pique d'un crawl magistral car le paresseux nage très bien. Il est comme moi : un gros flemmard sur sa branche, qui nage bien.
4) L'hoazin, l'autre animal fou d'Amazonie. Côté maquillage, il a les yeux rouges et la face bleue sans plume. Sublime alliance des tons Autre chose : c'est un oiseau qui rumine. Et qui sent mauvais. Il vole très mal, je ne sais pas si c'est en lien avec son odeur ou sa digestion, et un de ses cris ressemble à une respiration asthmatique. Vous imaginez donc la difficulté à le lui donner une place dans la classification des espèces et le peu d'intérêt que les zoos ont pour lui.
5) J'en avais parlé un jour, le poisson-lapin me fascine : oui, il gambade dans les prairies marines, il broute les algues et il se reproduit à tout va... Un vrai lapin, ce poisson !
6) Le cabiai vient d'entrer en scène : également nommé capybara, énorme rongeur, jusqu'à 50kg et 1,30m de bestiole, imaginez-vous !!! J'adore son pelage et ses pattes palmées et digitées (comme j'te cause bien). Quand il se sent menacé, il se jette à l'eau car il nage très bien lui aussi, et sa glande frontale sécrète une odeur pour le moins musquée... Il crée également une sorte de communauté hippie, où un adulte surveille l'ensemble des petits pendant que les autres adultes se baignent, se nourrissent ou s'enduisent de boue. Dans une prochaine vie, je voudrais être un cabiai.
7) L'opossum, encore un marsupial ! L'origine de mon intérêt pour cet animal est ancienne : depuis ma plus tendre enfance, un album édité au Père Castor m'a initiée aux joies de la vie d'opossum, qui dort tête en bas avec ses petits près de lui. Voir le monde différemment et faire de ses enfants des inadaptés chroniques, mon rêve ! J'apprends d'ailleurs que "si un
prédateur l'approche, il fait le mort et
dégage une odeur immonde". Encore la puanteur... Et c'est un animal de compagnie bien pratique : il se nourrit en effet d'insectes, de
fourmis, de sauterelles, de crapauds, de
rongeurs et de serpents.

8) Le nasique, le singe dont on a tous rêvé après avoir lu Tintin. Et lui, je l'ai vu pour de vrai, même que la photo est mon oeuvre : vivant à Bornéo, ce singe vous rappelle immédiatement vos lectures BDphiles de jeunesse, Rastapopoulos et Vol 714 pour Sidney. Son appendice nasal retient forcément l'attention, énorme, souple et un peu rose-orangé. Mais le plus beau, c'est le moment où il mange : son nez se soulève doucement pour renifler les feuilles, puis se redresse franchement pour permettre de les engouffrer goulument. C'est aussi un excellent nageur, c'est évident...
9) La moufette : mon animal préféré. Pourquoi ? Parce que le nom est chouette, qu'elle mange de tout, qu'elle ne sent pas bon quand elle n'est pas contente (et ça c'est drôle, jusqu'à ce que tu le vives en direct... Je n'en ai pas encore fait l'expérience mais tu trouves sur Google des trucs pour te débarrasser de l'odeur : c'est dire si la bestiole attaque fort !), que la bande blanche sur le pelage noir, c'est classe (c'est important dans le monde animal) et que cela peut même devenir un animal de compagnie : je veux une moufette, c'est décidé.
23 avril 2008
"Ladies and gentlemen, welcome to Carpette-land !!!" (Part Two)
Suite de la carpettisation du monde : peut-être vous attendiez-vous à ce que j'épilogue sur la lettre d'excuse de l'Omnicolas à la jeune Jin Jing, athlète handicapé brusquée lors du passage de la flamme olympique à Paris. Non, cette démonstration bruyante d'humilité ne m'intéresse pas (sauf les vidéos qui ont été faites sur elle, follement kitsch : et le kitsch, j'adore, surtout quand il dévie tellement vers le ridicule, le sirupeux, le mielleux. La mélasse gluante, donc...). Ce qui m'intéresse, c'est l'information d'il y a quelques jours : sur proposition du maire Bertrand Delanoë, le conseil de Paris a accordé la citoyenneté d'honneur au dalaï-lama. Mouaif... Le monde voit gentil, pense gentil, se veut gentil et voit des Bisounours partout ; et le pape des Bisounours, c'est le dalaï-lama.
Au risque de passer pour une iconoclaste... L'information importante dans cette histoire audiovisuellomédiatisée, c'est que le dissident chinois Hu Jia a été fait citoyen d'honneur. Parce que Hu Jia est un militant de toujours de la lutte contre le SIDA, que lui et sa famille ont connu ces dernières années résidence surveillée, rétentions et pour finir peine d'emprisonnement de trois ans pour lui il y a un mois pour avoir attenté à la sûreté de l'Etat chinois. Il est aussi connu pour avoir fait éclater le scandale chinois du sang contaminé, dans le Henan : un truc fantastique, où les paysans de cette province se voyaient offrir, contre des dons de sang, ET une petite rémunération ET une redistribution de plasma mélangé. Sans que, évidemment, les autorités sanitaires aient pris quelques précautions quant aux maladies transmissibles. Ainsi, des districts entiers sont décimés par le VIH, et "décimés" est le terme adéquat, n'en doutez pas. Bien sûr, déni du gouvernement local et haro sur les "désinformateurs" tels Hu Jia. Celui-ci a de plus la fâcheuse habitude de trop vouloir se mêler de droits de l'homme dans son pays, et de le dire ouvertement sur Internet par la diffusion d'articles et de vidéos. A plus d'un titre ce militant mérite-t-il donc cette distinction honorifique. Même si cela ne l'aide pas beaucoup dans sa prison...
Qu'en est-il de l'ami Tenzi Gyatso, le dalaï-lama ? Est-il l' "Océan de Sagesse" que l'on essaye d'en faire dans les cercles bien-pensants et les dîners mondains ? Je suis méchante, je sais ; on peut porter à son crédit le fait d'avoir contribué à mettre en place une constitution visant à démocratiser les institutions du futur Tibet libre, constitution stipulant qu'il n'aura plus aucun pouvoir à partir du moment où elle sera effective, c'est-à-dire le jour où le Tibet sera libéré du joug chinois... Jusque là, il est fort intéressant de se pencher un peu plus sur les instances politiques du Tibet libre : concernant le Parlement tibétain en exil, il compte 46 députés dont trois sont nommés par le dalaï-lama et représentent l'art, la science et la littérature. Qui sont donc à égalité avec les députés des communautés en exil d'Europe et d'Amérique du Nord, qui eux représentent des personnes... largement minoritaires face aux dix députés représentant chaque école du bouddhisme tibétain et la tradition Bön. Heureusement, pour avoir un semblant de politique dans ce maelström de religiosité, les provinces du Tibet historique envoient trente députés. Sur 46 députés, il y en a donc 13 qui relèvent d'instances purement spirituelles, qui n'ont donc AUCUNE légitimité populaire ou représentativité. Un quart du parlement... Super. A titre de comparaison, cela signifierait 165 députés désignés par le pape et émanant de congrégations religieuses catholiques (par exemple) sur les 577 que compte l'Assemblée nationale. Un peu d'ultramontanisme vous fera le plus grand bien...
L'exécutif (Kashag, sorte de cabinet ministériel) est subordonné au dalaï-lama, qui y siège ; il est dirigé par le Premier Ministre, élu au suffrage universel par les Tibétains en exil. Question : comment est formé le corps électoral ? Concerne-t-il les seuls Tibétains en exil ou également ceux encore présents au Tibet, au Sichuan, au Gansu et au Qinghai ? Et si ces derniers sont concernés, comment votent-ils : y a-t-il une campagne électorale possible, loyale et transparente, avec les Chinois qui patrouillent aux alentours ? Et dans les communautés en exil, comment statue-t-on de la citoyenneté tibétaine ? En cas de mariage mixte y a-t-il double "nationalité" ? Finalement, la question fondamentale est de savoir s'il existe une citoyenneté tibétaine et ce, d'autant plus que le politique est aspiré, digéré et assimilé par le religieux. Mais disons qu'au vu de l'Etat fantoche et féodal qu'était le Tibet avant la conquête maoïste, c'est une nette avancée due en grande partie au dalaï-lama et à son entourage ; on peut donc confirmer que Tenzi Gyatso a contribué au développement démocratique virtuel du Tibet. Cela pourrait valoir une citoyenneté d'honneur si...
Etudions maintenant le discours du dalaï-lama à travers la tribune qu'il a signée dans le Monde du 9 avril 2008. Deux éléments fascinants en ressortent : la prégnance du religieux et l'absence, pardon le refus, de la politique. Pour lui, les Tibétains éprouvent un "profond ressentiment (...) face à la négation des droits du
peuple tibétain, l'absence de liberté religieuse et la distorsion
systématique de la vérité de la part des autorités chinoises". Liberté religieuse : certes, elle est un des droits fondamentaux de l'homme... mais elle est bien accentuée ici pour montrer que la défense de la culture tibétaine n'est pas la question d'une langue, d'une littérature ou de coutumes, mais celle d'une religion comme constitutive absolue de cette culture. Le deuxième élément apparaît plus loin, lorsqu'il écrit : "je me sens toutefois impuissant face à ces tragiques incidents", évoquant les révoltes au Tibet, les manifestation en Occident et la répression chinoise. C'est admettre, voire revendiquer, le fait qu'il n'est absolument pas un chef politique, qu'il n'est absolument pas un quelconque représentant d'un peuple... Ce qui n'est que la vérité : sa fonction est celle de prier et de diriger spirituellement les fidèles du bouddhisme lamaïque. C'est un aveu d'impuissance fort intéressant : tout à son
honneur en tant qu'homme, il est grave pour celui qui est
traité comme un interlocuteur politique valable par de nombreux hommes politiques.
Enfin, quant aux solutions qu'il envisage, cela confine au grotesque : il préconise en effet "de régler le problème en "parvenant à la vérité à partir des faits"".
Bon sang, on n'est pas rendus !!! S'il faut d'abord se fonder sur des faits établis et reconnus par tous les adversaires avant d'agir, et que cette action est envisagée comme une quête de la vérité, c'est-à-dire une discussion menant à ce qu'il appelle "la voie du milieu", à savoir le compromis raisonné et raisonnable, les Tibétains peuvent s'installer avec thermos et sandwichs !!! Et il compte, pour parvenir à ce but métaphysiquement louable mais hors du champ terrestre, s'appuyer sur
les "fonctionnaires et cadres tibétains du Parti communiste"
qui "au lieu de
poursuivre leur intérêt personnel" devraient transmettre à leurs supérieurs les sentiments réels des Tibétains... Un illuminé ? On n'en est pas loin ; parce que nous touchons ici au délicat problème de la non-violence. Délicat parce qu'il
est souvent mal vu, et cela se comprend, de dire : "qu'ils prennent les armes, que diable ! du sang ! des
morts !". Il est bien plus facile, et honorable et donc vénérable de dire "je suis pour la paix". Ainsi, le dalaï-lama conjure de ne rien tenter de violent : nous sommes dans le plus parfait mysticisme bouddhiste et chrétien à la fois (n'oublions pas que le Tibet était aux mains des Anglais quand sa "conscience identitaire" s'est formée) : les premiers seront les derniers, les derniers seront les premiers, auquel vous ajoutez la transmigration des âmes où vous n'obtiendrez dans votre vie suivante que ce que vous avez mérité. Par conséquent, il ne sert à rien de bouger le petit doigt, les choses changeront... si elles changent.
Et face à ce type de discours et de personnalité, la mairie de Paris sort les honneurs : face à un chef spirituel qui enjoint à ses fidèles de se laisser enchaîner pour la beauté spirituelle du geste, afin de sauvegarder surtout les intérêts d'une certaine clique, dans une démarche et une vision de l'homme absolument antithétiques des valeurs françaises. Ce sont le mysticisme, la foi voire la crédulité qui sont honorées. Pour Bertrand Delanoë, il s'agissait d'exprimer "une solidarité avec un peuple" : et je lui aurais volontiers emboîté le pas sur ce terrain-là ! Sauf que "fidèles" ne signifie pas "peuple". Et que le Tibet n'est que l'arbre qui cache la forêt des minorités chinoises.
Et parce qu'aujourd'hui, je suis vraiment iconoclaste, voici une photo. Prise à Piran en Slovénie, je m'interroge toujours pour savoir s'il s'agit des atours de moines tibétains (robes safran) et birmans (robes rouges). Et si oui, sachant (et j'en ai eu la preuve au Laos) que les moines sont nus sous leur robe, où sont-ils allés sans rien sur le dos et que sont-ils en train de faire ??? La Slovénie ? Le lupanar des moines bouddhistes !!!
22 avril 2008
En ce jour anniversaire du premier tour des élections présidentielles 2007, je fais des moelleux au chocolat.
Retour sur des élections présidentielles, un an après. Qu'est-il advenu de tous ces gens ? de tous ces discours ? de toutes ces promesses ? de toutes ces espérances ? Soupir... Il n'y a que l'énervement qui a perduré.
Donc passons résolument du domaine de l'esprit à celui de l'estomac, beaucoup plus satisfaisant. J'ai une mauvaise habitude : ... Non, en fait, j'en ai plein mais là n'est pas la question. UNE de ces mauvaises habitudes est donc d'aimer le chocolat, une DEUXIEME mauvaise habitude est de regarder en ce moment Un dîner presque parfait diffusé tous les jours par M6.
Et c'est une mauvaise habitude parce que cela me donne terriblement faim et plein d'idées de recettes par la même occasion.
Mais aujourd'hui, ce n'est pas le champagne aux billes goût bubble gum qui m'a tentée, mais plutôt la simplicité : le fondant au chocolat. Il faut dire que, telle la lionne affamée et sournoise, je guette ma proie favorite, le chocolat, depuis quelques jours... Et la recette m'a plu parce qu'elle ne faisait pas intervenir de chocolat proprement dit (donc de beurre de cacao) mais du cacao en poudre. Le candidat a bien sûr utilisé une poudre sucrée, mais j'avais ma petite idée derrière la tête. Et il ne mettait ni beurre, ni sucre et vraiment très peu de farine. D'où une course effrénée vers ma cuisine, reniflage des ingrédients et... youpi !!! Voici donc mes moelleux au chocolat version Moufette (en gros ni beurre ni sucre ni farine) : sous-entendu, tu oublies immédiatement les fondants au chocolat du restaurant ou de chez Picard, on ne joue pas dans le même domaine.
Dans ma terrine (il faut toujours avoir une terrine sous la main), j'ai donc mélangé 4 oeufs, 150g (la prochaine fois, je mettrai plutôt 120g) de cacao pur (type Van Houten) et de l'aspartame selon le goût désiré. J'aurai pu rajouter 45g de farine ou de maïzena, comme le candidat de l'émission, mais je n'en ai pas éprouvé le besoin vue la texture déjà atteinte (un truc super pas facile à touiller). Dans les petits moules à muffin, enfournons à 130-150° (là, c'est selon votre four : le mien est un peu folâtre...) et surveillons la cuisson. Les miens sont un peu trop cuits, mais c'est du aux folâtreries du four. Mes moelleux trop cuits sont toutefois très satisfaisants : fort goût de cacao, sucré à mon goût et sans complexe. Tout ce dont j'avais besoin ! Côté présentation, ils sont assez punk, je sais bien, et ils sont rapidement devenus assez dur...
Conclusion de l'expérience : malgré tout (des moelleux durs) dans ces moments-là, je m'adore...
21 avril 2008
"Ladies and gentlemen, welcome to Carpette-land !!!" (Part One)
Yes !!! Welcome to Carpette-land !!! Une soumission générale au diktat de l'opinion en deux parties, ça vous dit ? Vous allez voir, c'est fantastique ! Déjà que je ne me sentais plus tellement à l'aise à lire les journaux, à regarder les informations télévisées... Là je n'ai qu'une envie, celle de fuir. Mais reprenons...
Tout ça a commencé avec notre cher Omniprésident (vous remarquerez que je n'en avais pas parlé depuis un certain temps : mais il est désormais telllllllllllement discret. Tellement que c'en est magnifical... hum...). Il a jugé bon d'une part d'envoyer trois émissaires en Chine pop' pour tenter de rabibocher les Chinois avec la France, attendu qu'une poignée
de ces mêmes Chinois manifeste (une fois n'est pas coutume) son mécontentement. Bien sûr, rien n'est orchestré... Et quand bien même serait-ce orchestré ! Il est beau et bien de pouvoir manifester ses opinions ; et parfois même avec humour ! Regardez ce superbe drapeau français maculé de croix gammées et de graphes tels que "Jeanne d'Arc = prostitute. Napoleon = pervert. France = nazi. Free Corsica". C'est une interprétation somme toute intéressante de l'histoire française, qui montre surtout que 1) même en Chine, on les tanne avec Jeanne et Napy ; 2) même en Chine, on peut faire des raccourcis historiques saisissants ; 3) la "cause" corse a trouvé un nouvel allié...
Mais là n'est pas le problème pour l'Omnicolas : c'est la dégradation de l'image de la France en Chine qui l'inquiète (à laquelle il n'a PAS DU TOUT contribué, en tergiversant, sans donner sa ligne par rapport à la cérémonie d'ouverture par exemple : la fermeté pose moins de problème quand elle n'est pas délayée et ambiguë). Et c'est surtout les marques françaises potentiellement boycotées qu'il veut sauver : pourtant, du jeu du boycott (jeu de l'oie moderne), peu nous chaut. La fréquentation des Carrefour chinois n'a pas baissé, et je pense qu'on ne déplorera aucun incidence dans l'industrie du luxe puisque ceux qui achètent du Louis Vuitton, du Dior ou du Chanel ne sont pas l'homme de la rue ou l'étudiant engagés pour aller manifester.... Enfin, la France a peu à perdre au jeu du boycott : Carrefour vend en Chine des produits... chinois, et ses
employés y sont... chinois ; de plus, pour 1€ vendu en Chine par des enseignes françaises, les Chinois vendent 4€ en France. Nous avions de quoi faire pression en matière de boycott...
Etait-il donc besoin d'envoyer TROIS émissaires ? Point du tout, ça fait même un peu "Urgence !!! Il faut sauver le soldat France !!!". Cela revient en réalité plus à solder qu'à sauver (superbe jeu de mots, à noter...). L'obséquiosité est devenu le maître-mot, et le directeur de Carrefour Chine de se récrier à quel point il condamne les manifestations de Paris. Plus carpette, tu meurs ! Ou alors tu deviens linoléum, plat et huileux (mais c'est que je suis en forme, moi !)... C'est le jeu de l'humiliation : "je suis fautif, mais si je t'assure, je suis fautif, laisse-moi m'abaisser" ; sauf que l'on y joue tous seuls. Et ce matin, coup de tonnerre aux informations : en plus de tout ça, Jean-Pierre Raffarin a été sommé par la présidence d'offrir une biographie du général de Gaulle au président Hu. Pauvre président Hu !!! Le prétexte de l'exhumation de Charles ? Il a été l'un des premiers à reconnaître la RPC au détriment de Taïwan.
Note personnelle : ce faisant, l'Omniprésident confirme donc la voie déjà choisie par lui il y a quelques mois en matière de politique étrangère, à savoir lécher les bottes de la RPC tout en dénonçant le peu de respect des droits de l'homme, tout en niant le droit de la République de Chine/Taiwan à exister. République qui a prouvé il y a un mois à peine qu'elle était une véritable démocratie (alternance, multipartisme, opposition...).
Mais je comprends l'Omnisarkozy : quelques manifestations sporadiques de cinquante personnes, ça fait super peur.
20 avril 2008
Où je te parle de ma santé bucale...
La culture, point trop n'en faut.
Alors aujourd'hui, direction le médecin des dents, le charmant et dévoué et doux docteur X. Parce que Mlle sainte Dentiste devant l'Eternel a accouché d'un mouflet et ne pouvait donc s'occuper de mes quenottes. L'excuse... Arrivée à Paris, j'ai eu un dentiste-catastrophe ("je sens un plombage qui se casse, vous ne pourriez pas le refaire ?", "non, pas utile" ; résultat : trois semaines plus tard, et heureusement de retour du Brésil, ma dent s'est cassée. En deux dans le sens de la profondeur...). Puis j'ai eu un dieu vivant sur terre, mais il voulait de l'or : beau gosse un peu trop cher à mon goût. Et puis, à deux pas de chez moi et par hasard, je suis allée chez Elle : elle a les traits de Sandrine Kiberlain, un sourire doux et communicatif, et des doigts de fée. "Voilà, c'est fini", "mais, vous aviez commencé ???" ! Elle a de plus choisi un remplaçant qui arrive presque à se faire oublier aussi bien qu'elle et c'est comme ça que l'on aime les dentistes : très très très discrets.
Sauf que...
Il devait évidemment y avoir un "sauf que". Pour mes petites gencives de bébé goret, il m'a vivement, très vivement, conseillé un dentifrice. Et en bonne patiente bien consciencieuse, je me suis empressée de l'acheter : et je viens de l'essayer.
BEUARKKKK !!! Le "Parodontax" : d'abord ça a une sale tête (genre une pâte couleur rosâtre saumoné) et c'est extrêmement salé ; pour sûr, c'est bourré de sels minéraux, tout s'explique. Et tu n'as qu'une envie, c'est d'expédier ton brossage de dents tellement c'est... beuarkkk !!!
Mais... je viens de lire plein d'avis d'utilisateurs sur différents sites, et il me semble que la chose contienne une substance illicite qui les rende tous fous : ils disent que ça marche du tonnerre, que l'on ne peut plus s'en passer et qu'ensuite le dentifrice blanc et mentholé, on trouve ça très surfait et très mauvais.
Peut-être que 1) je vais avoir des dents et des gencives toutes neuves avec ça ; 2) si je parviens à isoler la-dite substance, je pourrais en faire des comprimés et en vendre dans les cours d'école et devenir riiiiiiiiiiiiiiiiiiiche !!! Mouahahahaha !!!
Evidemment, ce billet n'est pas sponsorisé !
19 avril 2008
Keith Haring : le graphe tonitruant.
Cet intermède lyonnais fut l'occasion de me rendre à l'une des premières grandes rétrospectives européennes sur Keith Haring, artiste phare de l'underground new-yorkais des années 1980. Direction les abords du parc de la Tête d'Or et le MOCA de Lyon (et ça n'a rien à voir avec le café) c'est-à-dire le Musée d'Art contemporain de la Cité internationale de Lyon. L'ensemble des édifices est une oeuvre en soi, commise par Renzo Piano (vous savez, l'architecte du Centre Georges Pompidou à Paris) et allie avec bonheur à mon goût les briques, les verrières et une façade blanche dans le style des années 1930. L'endroit est donc fort agréable quand il est bien ensoleillé (mais sans doute tristounet par un temps plus couvert ? A voir...) et bien desservi.
L'exposition, sur trois étages, ne suit pas un parcours chronologique. Le but est de mettre l'accent sur les différents thèmes abordés par l'artiste, à savoir la volonté de rendre l'art accessible au public, de dénoncer la nature de la société de consommation, d'évoquer aussi l'espoir résidant dans les relations entre les hommes, la peur de la mort, la souffrance, l'apocalypse. On ne s'ennuie pas un seul instant, on plonge simplement de plus en plus profondément dans une oeuvre d'une grande intensité malgré la simplicité apparente des graphismes : vous entrez dans l'univers de Keith Haring. Street art et rap des années 1980, art tribal et graffiti, dessins à la craie sur les panneaux du métro, sur les murs... Silhouettes, chien aboyant, bébé radiant ou encore Mickey Mouse, parfois d'envahissants pénis ou des artistes de l'époque (Grace Jones) apparaissent sur des supports extrêmements variés. Humour toujours, mais lucidité poignante aussi. Andy Warhol (mentor et ami) n'est pas loin, mais c'est la personnalité de Keith Haring qui s'exprime dans ces oeuvres, rien d'autre.
Technique, nucléaire, télévision et Mickeymouse-isation envahissant la vie dans les années 1980. Ou encore un monde où l'argent est roi et dévore chacun. Réflexions bien contemporaines...
Au fil de l'oeuvre, les traits s'affinent, le message s'assombrit : des croix barrent les personnages, annihilant les êtres et symbolisant la maladie et la souffrance
; les prêches des télévangélistes sont dénoncés. Et le visuel se fait plus violent : questionnement sur le SIDA, sur la part croissante prise par la technique et la télévision dans nos esprits. Parallèlement, Keith Haring multiplie les interventions in vivo, déployant une activité étonnante : adepte fervent de l'art à la portée de tous, il crée sur tous les supports et dans tous les lieux (le mur extérieur d'un presbytère à Pise, un mur de banlieue à Philadelphie, des couloirs d'hôpitaux ou celui d'un cabinet de gynécologie du pavillon Princesse Grace de l'hôpital de Monaco, des lieux de réunions dans des ghettos de grandes villes américaines...), allant jusqu'à fonder le "Pop Shop Tokyo" qui permet à tous d'acquérir un peu d'art, badges, T-shirts et autres produits dérivés, vendus pour des causes importants (enfance, SIDA...).
Bien sûr, son oeuvre offre aujourd'hui matière à spéculation sur le marché de l'art, mais il faut dépasser cette vision de "mort jeune = enchères qui montent", et aller voir l'exposition : par-delà l'aspect bon enfant du tracé et des couleurs, une rage habite Keith Haring qui dénonce un monde peu lucide, une société de consommation dévorante et avilissante, et aspire à ce que l'individu prenne conscience des dépendances qui le lient et le contraignent.
Une comète artistique rafraîchissante, trop tôt disparue.
18 avril 2008
Intermède lyonnais : où je pars embêter la Mini-Moufette.
Elle a peur. C'est normal, elle sait ce qui l'attend : je vais lui tripatouiller les cheveux, lui saisir les oreilles, lui ouvrir la bouche de force pour compter ses dents, lui toucher le bout du nez, l'embêter autant que faire se peut... Voici nos relations de soeurs, avec Mini-Moufette. Elle vient aussi se coller à moi, me poser des questions sur "la vie" et me raconter ses tracas amicaux et intellectuels...
Elle a donc 18 ans aujourd'hui, un âge important : un avenir radieux s'ouvre pour elle. Sécurité sociale, mutuelle, lunettes non remboursées, loyer incroyablement élevé, alimentation désespérément chère, permanence de l'hypocrisie et de la médiocrité... Elle va pouvoir aller voter pour un parti qui n'a plus d'essence, ou tenter de trouver une solution avec des partis sans véritable poids politique. Quant à son avenir personnel, elle est un peu à l'ouest : malgré mon expérience, c'est une passionnée qui veut devenir prof et pense pouvoir enseigner, vraiment "enseigner". Hum... Mais il faut que jeunesse se passe, me direz-vous...
Avec dix ans de différence et des lieux de vie distants, nos conversations sont surtout téléphoniques : mais quelles conversations ! C'est une des seules personnes avec lesquelles je ris autant tout en approfondissant des sujets réellement sérieux. J'ai toujours essayé, dans un contexte familial difficile, de la protéger, de l'éduquer et de lui dire les choses avec le moins de fard possible tout en essayant dêtre nuancée ; j'ai tenté de lui parler de certaines règles de vie, de certains principes (ouhhh, et c'est moi qui dis ça ?) mais surtout du respect de soi-même. Et quand il a fallu frapper fort, lui dire ses quatre vérités, ou aller la chercher manu militari dans son foyer quand l'alcool a commencé à faire des ravages, je l'ai fait. Au point que j'ai parfois l'impression d'être le père de ma soeur... Je sais, ça craint.
Aujourd'hui, c'est une sorte de soulagement : un peu comme si mon "premier enfant" atteignait la majorité : je pense qu'elle a les moyens d'affronter mais aussi d'aimer le monde qui l'entoure.
Et parce que je suis quelqu'un d'immensément pratique, voici ses cadeaux : cuisinière novice, elle aura donc un tablier et de petits livres de cuisine ludiques (genre "moi aussi, je sais faire un oeuf à la coque" ou "je maîtrise la cuisson des pâtes en 10 leçons") ; une jolie tasse avec soucoupe pour le café (oui, Mini-Moufette : vu ce qui t'attend en terme d'études tu vas en avoir besoin) et le mug assorti (je suis prévoyante : dans quelques années, Mini-Moufette se rendra compte qu'il vaut mieux, pour ses dents et son coeur, boire plus de tisane que de café : au moins, elle aura une jolie tasse assortie ! Et dans dix ans, elle se dira "ohhh, je dois drainer, drainer, drainer..."). Finalement, seraient-ce des valeurs maternelles que je lui transmettrais ?
Oui, ça ne tourne vraiment pas rond dans cette famille...


























