Les tribulations d'une moufette...

Coups de foudre du quotidien !

31 mai 2008

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal : triste Harrison sous les tropiques...

Indiana_Jones            Toi qui entre ici, abandonne tout espoir car je vais te raconter la fin du film...
            En clair, je livre ici l'intégralité du scénario, donc si vous voulez préserver le suspense et avoir la prime saveur de la découverte, passez votre chemin et revenez après la séance. D'ailleurs, ramenez un peu de popcorn pour moi...

            Par où commencer ? Les trois premiers épisodes de la saga d'Indiana Jones nous avaient ravis : Les Aventuriers de l'Arche perdue (Indiana Jones and the Raiders of the Lost Arch, 1981) a lancé le rythme et la tonalité d'ensemble, à savoir que chaque objet, livre, personne recèle un monde entier de mystère, et que cet objet peut se trouver là, sous ta main (oui, regarde sous ta main, cette souris mystérieuse...). Le second opus, Indiana Jones et le Temple maudit (Indiana Jones and the Temple of the Doom, 1984) et son monde d'enfants indiens esclaves d'un maharaja fou m'avait laissée un peu plus perplexe, par l'importance donnée au monstrueux, plus grandiloquent et moins archéologique. En revanche, la tonalité initiale avait été pleinement retrouvée dans Indiana Jones et la Dernière Croisade (Indiana Jones and the Last Crusade, 1989), alliant l'humour du personnage joué par Sean Connery à l'agacement d'"Indy" infantilisé en permanence...

            Ce qui me plaît dans cette saga ? Le rôle prépondérant de l'histoire, du mystère, du "pourquoi" permanent ! L'aventure, le voyage, les connaissances qui permettent de se faire cuire un oeuf au plat même au fond d'une mine ouzbèke désaffectée. C'est en fait surtout le premier film qui a déterminé pour moi une carrière dans l'histoire et un intérêt inépuisable pour tout ce qui est squelette portant toiles d'araignées et talismans. Intérêt largement confirmé quelques années plus tard par les séries Sydney Fox l'Aventurière et Buffy contre les Vampires (mais ça n'a rien à voir, passons...).

            Nous arrivons donc au quatrième volet, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal. On sait déjà à quoi s'attendre, il y aura des crânes de cristal et il y aura Indiana Jones. On sait aussi qu'une suite est toujours dangereuse, parce qu'elle met aux prises le producteur et le scénariste : il faut plus d'entrées que les opus précédents, il faut plus de rebondissements, il faut plus d'acteurs vedettes, il faut plus, il faut plus, il faut plus... Et c'est bien là que le bât blesse le spectateur : il y a trop. Trop d'images de synthèse tout d'abord, et qu'on n'aille pas me faire croire que le budget du film n'était pas assez important pour aller tourner en décor naturel. Je suis sûre qu'un des pays limitrophes des chutes d'Iguaçu se seraient fait une joie de "louer" les paysages... Cela donne un aspect léché à l'image qui rappelle tous les films hollywoodiens du moment sauf, bien sûr, l'esthétique des Indiana Jones précédents. Images de synthèse dans la jungle donc, dans l'eau, pour les paysages, pour la base militaire, images de synthèse pour les fourmis, les singes et les chiens de prairie.
            D'ailleurs, en passant, à quoi correspondent ces apparitions récurrentes de chiens de prairie ? Que deviennent-ils à la fin ? Répondez-moi, c'est une véritable torture que de ne pas savoir !!! Hum...

            Les personnages sont ce que l'on attend qu'ils soient dans ce genre de film, et l'on frôle parfois la caricature : et donc, quel dommage par rapport au choc qu'avait constitué la découverte d'un docteur Jones senior, avide de blagues rigolardes et n'épargnant aucune humiliation intellectuelle à son fils ! Ici, Cate Blanchett est une véritable Galadriel du mal : stalinienne, médium, Ukrainienne, bretteuse... Pouf pouf pouf, ça fait peur ? C'est censé. John Hurt est fou (mais devient drôle : ce n'est pas crédible...). Shia LaBeouf, qui a un nom imprononçable comme vous le constatez, n'est pas mal dans le rôle du jeune Shark motard des années 1950, un peu d'humour, beaucoup de "je me recoiffe" et le charme de son paternel Indiana. Karen Allen est semblable à elle-même dans le premier volet : insupportable, agressant Indiana à tout bout de champ mais parce qu'il le mérite bien, et donc son revirement final où elle retombe (si rapidement) sous le charme d'Indiana n'est pas crédible : de la Marion indépendante, volontaire et ironique, elle devient la tendre amoureuse compréhensive ? Unbelievable comme dit très souvent Indiana Jones... Quant à ce dernier, il est campé par Harrison Ford : et là, j'ai eu un temps d'arrêt (un peu comme le chien, patte avant relevé et nez au vent : "bwouf ?"). Il a vieilli, mais est en forme ; toutefois, il est triste. Tout au long du film, on sent qu'il n'y croit pas un seul instant. J'ai même cru le voir trembler, des mains ou de la lèvre inférieure et cela m'a quelque peu décontenancée... En tout cas, il n'a pas foi en ce scénario.

            Car il faut dire que de nouveau, le film tombe dans l'écueil du trop : à une trame historico-archéologique, qui constitue le créneau des Indiana Jones, a été ajoutée une intrigue extra-terrestre. Mais bon sang !!! Qu'avaient-ils besoin de rajouter ça ??? Qu'aux nazis succèdent les Soviétiques contre lesquels il faut lutter, d'accord : c'est la suite de l'histoire ; mais que l'on voit apparaître le FBI, Roswell et les petits hommes aux yeux en amande et à la peau gris souris, ça ne va plus !!! Grosse déception de ce point de vue. D'où l'importance d'une règle scénaristique absolue : plus tu en rajoutes, moins c'est bon... Qu'il s'agisse des effets spéciaux, des acteurs vedettes ou des rebondissements (je vous renvoie ici à Blade Runner (Ridley Scott, 1982) pour l'excellence de l'austérité, à Astérix aux Jeux Olympiques (Frédéric Forestier et Thomas Langmann, 2008) pour le flop du trop). Ou même des obstacles : ici c'est une suite ininterrompue de passages secrets, portes coulissantes, escaliers qui se dérobent, tire-la-chevillette-et-la-bobinette-cherra... Etonnant : j'avais l'impression que les images avaient été tournées à partir du jeu vidéo qui ne manquera sans doute pas de sortir prochainement !!!

            Allez, ne soyons pas trop durs : vous vous détendrez pendant ce film, vous sourirez de temps en temps, et vous rentrerez chez vous en vous disant : "Ahhh, vivement que je revois les trois premiers épisodes !!!".

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30 mai 2008

Un peu de "chick litt" : Carmen Reid, "Did the Earth Move ?".

Carmen_Reid            Moment rare : ne voulant pas me charger pour ramener des bouteilles de rhum, je me suis retrouvée en rade de livres à Cuba. C'est incroyable, je sais, moi qui ne peut bouger d'un endroit sans emporter au moins 1500 pages dans mon sac. Et le pire, c'est que cela m'est arrivé dans LE SEUL PAYS où il est difficile de trouver une librairie, et absolument impossible d'y trouver autre chose que de l'histoire cubaine, revue et corrigée à la sauce castriste (même en Birmanie et en Chine, j'ai trouvé de super livres en anglais...). C'est par chance au fond d'un réduit que j'ai, par une formation poussée en archéologie maya..., pu découvrir quelques romans de gare en anglais abandonnés là par des touristes (je les bénis) et revendus par un Cubain soucieux du bon déroulement de mes vacances. Je n'ai donc pas eu le choix : il a fallu que je m'essaye à la littérature de nénette, la chick litt qui fait des ravages depuis une dizaine d'années dans nos librairies et dans notre mode de vie : influence de Sex and the City, de Bridget Jones et de leurs épigones... C'était donc mon premier roman dans ce genre littéraire.

           Cela commence sur une scène torride entre l'héroïne, une femme d'une quarantaine d'année, célibataire active et mère de quatre enfants, et un vétérinaire néerlandais. Voilà, ce type de scène constitue le fil principal du roman, de ses relations avec les hommes, puisqu'il s'agit de décrire la longue lutte d'Eve (hahaha !) contre elle-même, contre son habitude de vivre son indépendance de manière solitaire. Les personnages sont assez sympathiques, ses grands fils, ses deux petiots, son ancien conjoint, et notamment son ex-mari qui est absolument inénarrable d'exécrabilité. Les souvenirs affleurent tout au long de la narration : flash-back de sa "première vie", riche et malheureuse, et de sa "seconde vie" où elle est économise chaque bout de pain, élève ses enfants entre des murs bariolés, y est heureuse et rencontre le grand amour... qu'elle éloigne d'elle. Oui, la libération de la femme passe par sa sexualité épanouie et volontaire, on l'aura compris... mais on pourrait aller aussi plus loin, non ?

            Conclusion : on se prend au jeu de cette littérature facile. Cela n'est pas mal écrit, c'est même assez léger et lisible pour que l'on ait envie de continuer sa lecture ; pour autant, les personnages sont simplistes sous un vernis de complexité et dans leurs interrogations : puis-je rester indépendante tout en aimant un homme ? puis-je retourner vers quelqu'un même si je lui ai dit que je ne reviendrai pas ? Finalement, seule la petite Anna est hilarante, du haut de ses neuf ans et de sa maîtrise, pas si improbable selon mon expérience, de la psychanalyse des couples... Sortent du lot quelques scènes réellement émouvantes, d'une femme qui prend les choses en main pour rendre ses enfants heureux, le premier Noël en maman célibataire notamment.

            Toutefois, la linéarité de l'intrigue comme le happy end nécessaire du "chacun aura trouvé ce qu'il cherchait tout en ayant conservé l'intégralité de ses principes" laisse un arrière-goût de déjà-vu et, surtout, de bien conventionnel dans l'univers de ces femmes prétendument libérées...


            De la bonne littérature de plage, donc, mais je ne nie pas que cela fasse vraiment du bien de temps en temps !


free music

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29 mai 2008

La parabole du mariage annulé ou "La mariée n'était pas vierge" (et le mari ?).

            Etonnant retour médiéval en 2008 : le tribunal de grande instance de Lille vient d'annuler un mariage car la mariée n'était pas vierge. On évoque le fait que les deux époux sont musulmans, mais cela n'a rien à voir. Puisque le mari peut être con, quelles que soient ses croyances... Mais que des juges puissent encore rendre un tel jugement en s'appuyant sur l'article 180 du Code civil, impliquant qu'il y a donc eu fraude sur la qualité de la marchandise ! A savoir que la jeune femme s'est prétendue vierge et qu'elle ne l'était pas : le plus scandaleux, c'est qu'il lui a fallu "avouer" qu'elle n'était pas vierge à ses juges. Cela aurait été drôle qu'elle explique que son hymen s'est rompu parce que gymnastique, parce qu'équitation, parce qu'examen médical trop invasif, parce que cela peut se rompre plus anecdotiquement que des hommes un peu demeurés peuvent le croire.

            Le problème n'est pas la forme de l'histoire : le mari a fait ce qu'il/ce que sa famille pensait être juste ; on débattra ailleurs de l'importance ou non d'être vierge au mariage. Mais la question selon moi est plutôt : si l'on peut annuler un mariage pour cette raison précise, c'est établir une discrimination de fait puisque seuls les hommes pourraient porter plainte. En effet, comment vérifier que votre conjoint mâle s'est présenté vierge dans le lit de noces ???

            Finalement, cette jeune femme a caché un peu de son passé à son mari, c'est dire si elle le connaissait bien et avait peur de sa réaction. J'espère que d'un mal (le choc de voir son mariage annulé // le choc de voir que sa conjointe n'est pas vierge) sortira un bien (qu'elle épousera quelqu'un de moins con // qu'il évoluera un peu). Je ne mets évidemment pas les deux chocs sur le même plan, car ce n'est pas l'intimité du mari qui est jetée et malmenée sur la place publique...

            Bon, je m'en vais écouter Elizabeth Badinter sur le sujet sur France Inter, elle devrait être tout aussi scandalisée, ça va me faire du bien...

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Encore un concours ??? Oui, et vous n'avez pas encore tout vu...

            Pivoine a organisé un concours de "petits riens" qui nous enchantent la vie, ou qui pour moi me mettent en transe spatio-temporelle. Mais ce qui est vraiment important, c'est le lot à gagner : un sublime, superbe, dinguissime rouge à lèvres couleur raisin. Et comme cela donne à peu près cette couleur, tu imagines qu'avec ma bouche, ma carnation et mes taches de rousseurs, ce sera absolument magnifique. Je sais. Imagine :

L_vres_couleur_raisin

            Et imagine maintenant avec le rhum que j'ai ramené de Cuba : je pourrai faire un couplé rhum-raisin !!! Peut-être qu'avec beaucoup de rhum, cela donnerait ça ?

L_vres_l_opard

            Rien que pour cette blague, il faut que vous votiez pour moi :

ici

            Mon nom de code est Chouyo, non yé né pas changé, et j'y montre à quel point sniffer la colle Cleôpatre a toujours été le petit rien pour me nébuler le cerveau depuis ma tendre jeunesse.

            Et en plus, s'il vous faut encore un argument, ce rouge à lèvres, il te fait devenir comme dans la vidéo, là !!! Comme ça, pof, d'un coup que tu poses le rouge sur tes lèvres. C'est Tac qui va être content si je gagne...

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28 mai 2008

Quaaaaaaand je me laaaaaaaaaaaaave aveeeeeeec çaaaaa, je voaaaaaaaaaas la vie en...

Rainbow_Bread

Salle_de_bainTechnicolor.

Oui, je vois la vie en technicolor !!!

            Merci à tous d'avoir voté pour moi, car grâce à vos voix : j'ai gagné ! Et IL est arrivé, le fameux savon "Rainbow Bread" de Princesse Varda !!! La conséquence est une effusion de couleurs dans ma salle de bain, qui s'accorde assez bien avec le reste, je dois dire (oui, j'ai bien un coussin à bain en forme de fleur)... Et voir la vie en couleurs, c'est un peu ce qui arrive à Dorothy quand elle passe dans le monde d'Oz.

            D'ailleurs, bravo Princesse Varda ! Sans le savoir, tu as bien deviné : j'ai été élevée avec le Magicien d'Oz, connaissant chaque moment du film, chaque chanson. Et évidemment, c'est un très chouette clin d'oeil du savon "Rainbow Bread" à la bannière gay et à l'icône qu'en est devenue Judy Garland (un petit rappel très instructif).

            Quant au savon, il faut avouer qu'il est beau, qu'il sent très bon... mais mes mains sont devenues toutes rouges (la couleur est immédiatement partie) ! Donc pas de souci, ça m'a bien fait rire... Je pense que, mouahahahahaha !!!, je ne vais pas prévenir Tac de la chose et à la prochaine douche... Comment je suis trop un diablotin, moi !

Etiquette_Rainbow_Bread

            Pour la route, et parce qu'elle le vaut vraiment bien :


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Un peu d'actualité : France Télévision, Malaisie, Chine et haut clergé birman (encore ???) !

            Ce n'est pas parce qu'une montagne de caractères chinois s'est écroulée sur moi ces derniers jours que j'étais imperméable aux nouvelles du monde, pas du tout...

            Première nouvelle ahurissante (je colle au plus près de l'info, avec une semaine de retard) : pour combler le déficit impliqué par la suppression de la publicité sur les chaînes publiques,France_T_l_vision la Commission pour l'audiovisuel dirigée par l'inénarrable J.-F. Coppé a émis des hypothèses. Notamment une qui a le large soutien dudit Coppé : taxer les revenus des opérateurs de téléphonie mobile et des fournisseurs d'accès à Internet. C'est génial : ces opérateurs et FAI seraient donc taxés, donc augmenteraient leurs tarifs (y sont pas fous non plus, tarifs qu'ils n'ont pas du tout alignés entre eux, bien évidemment), et le consommateur paierait donc pour l'idée de génie lancée solitairement par Sarkozy Ier le Rollexé. Notre portefeuille est donc de nouveau pris en otage !!! Oui, lecteur, tu remarques que j'ai décidé de parler comme J.-P. Pernaud...

            Quelques nouvelles de l'Asie. Tout d'abord, un très intéressant article de Sylvie Kauffman sur la Malaisie, qui explique les luttes de pouvoir à l'oeuvre dans ce pays où deux questions titillent la démocratie. La Malaisie, c'est ce pays du miracle économique Born_o_Kuching_2(population peu nombreuse, terre très fertile, communauté chinoise très entreprenante) où la question ethnique a pris une importance capitale : une discrimination positive a ainsi été mise en oeuvre pour privilégier les Malais par rapport aux Chinois qui tenaient tous les rênes de l'économie. Evidemment, cette affirmative action est elle-même discriminante puisqu'elle ne concernait absolument pas la minorité indienne présente dans la péninsule et qui peut bien, elle, crever de faim...
            Second problème, celui de la religion : la Malaisie est un pays musulman qui cherche à se raccrocher aux pays de la péninsule arabique pour se distinguer de son grand frère (démographiquement très lourd) indonésien. Marquer sa singularité a équivalu (hmmmm, c'est beau !) à la Malaisie l'apparition de traits bien désagréables à la touriste que j'étais : les bien discrètes Malaises portent le voile sur leurs cheveux et leur cou, la vie sociale est totalement repliée à l'intérieur des maisons, la propagande islamiste est bien présente (j'ai conservé un certain nombre d'affichettes, expliquant le statut de la femme, la polygamie...) et surtout l'extension de la charia aux non-musulmans. Et là, cela me pose un réel problème notamment quand 35% de la population n'est pas musulmane : des procès en pagaille donc, comme pour ce couple de jeunes d'origine chinoise devant répondre d'actes obscènes (non mariés, ils s'embrassaient dans la rue) ou pour cette femme a qui l'on a refusé, car Malaise, de retirer la mention "musulmane" de sa carte d'identité alors même qu'elle n'est pas musulmane... La prégnance religieuse est plus forte dans les Etats septentrionaux de la Fédération, à la frontière thaïlandaise, mais c'est en revanche à Bornéo qu'une certaine neutralité apparaît, sans doute parce que la population y est beaucoup plus chinoise. Un pays dont l'évolution doit être observée avec attention...

Chendgdu_Monument_comm_moratif            Concernant la Chine, je parlais plus tôt des malconstructions en Chine dues sans aucun doute à la grande moralité des promoteurs immobiliers ; et bien, il s'avère que les 66 écoles construites par une ONG hongkongaise dans le Sichuan sont, elles, restées debout. Et on assiste à des réactions en chaîne : les barrages, construits parfois en dépit du bon sens et des bassins versants (on trouve des villages dans d'anciens lits de fleuve...) sont fissurés et menacent de céder. C'est une panique de chaque instant, où l'on ne fait plus confiance ni au bâti, ni aux autorités (des bruits courent qu'elles étaient au courant que se préparait un séisme de grande ampleur... à suivre). La solidarité joue à fond, et c'est une des grandes nouvelles : ainsi, à l'instar de nombreux Chinois qui se cotisent et mobilisent, une de mes amies chinoises va sans doute passer son été comme volontaire dans le Sichuan. Cette prise de conscience est peut-être la conséquence de l'entrée de la RPC dans la mondialisation, avec ses codes : l'importance du pathos et de l'indignation, c'est certain, mais aussi, de l'importance de l'entraide (post-tsunami) sans attendre que l'Etat s'organise. Enfin, à voir sur le site de  L'Oeil public, une série de photos extrêmement pertinentes sur la Chine du quotidien : Samuel Bollendorff témoigne par ses images qui interpellent le spectateur sur certaines réalités dérangeantes pour l'Etat chinois...

            Parlons enfin de la Birmanie : la lecture d'un article de Luisa-Maria Mitchell dans Géo (n° 339, mai 2007) pose certaines questions toujours actuelles sur le rôle des du haut clergé bouddhiste. Je suis toujours très critique envers les moines bouddhistes, mais ce point de vue repose sur des éléments rationnels et non personnels (quoique plusieurs moines laotiens n'arrêtaient pas de draguer de manière éhontée Angela, mais bon...). Je me permets ici de vous renvoyer à cet article, "Birmanie. L'argent détourné du bouddhisme", qui explique la collusion entre le haut clergé birman et la junte militaire : les fidèles crédules abreuvent largement les pagodes de valeurs placées sur des "comptes d'épargne religieuse",Irrawaddy_Pagodes où se servent grassement les militaires et les hauts dignitaires bouddhistes. Pour construire de nouveaux monastères et accueillir de nouveaux moines (dont le nombre, on l'a vu lors du soulèvement d'août 2007, est conséquent), mais aussi pour vivre bien mieux que le reste de la population (la différence entre les moines et les villageois est très intéressante) et obtenir une source intarissable d'argent... Depuis 1992, l'Etat militaire et les autorités religieuses se sont mis d'accord, les pagodes pullulent (regardez ces berges de l'Irrawady avant d'arriver à Mandalay) et ce système lucratif pour tous, à l'exception notable de la population birmane, perdure. L'autre facette de "mon" problème trouve son origine dans le fait que, comme toute religion, le bouddhisme est un moyen d'oppression, notamment par le biais de la très intelligente transmigration des âmes qui permet de tuer dans l'oeuf tout sentiment de rébellion face à une réalité quotidienne révoltante. "Si tu es pauvre, malade et malheureux aujourd'hui, c'est que tu l'as mérité de ta vie antérieure, donc accepte ton lot avec détachement". Mais j'ai bien conscience que l'on devient moine bouddhiste parce que 1) on vit dans un pays bouddhiste où l'on doit accomplir régulièrement un "service" (Birmanie, Laos), 2) il est difficile d'être à contre-courant d'une majorité et de ne pas suivre les préceptes d'un ordre millénaire établi, 3) à l'instar de ce qui se passait dans l'Europe médiévale et moderne, entrer dans le clergé assure une pitance et un toit.

            Enfin, dans ce même Géo, vous y trouverez aussi d'excellents articles sur l'avenir de Cuba, notamment la résurgence des églises, les conséquences du retour des Cubains exilés, la vie quotidienne à La Havane ou encore la deuxième vie artistique des vieux frigos américains !

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27 mai 2008

Absurditéééééééhéhéhéhéhé (c'est à devenir fou...).

            Quelques petites moment drôles :

- réponse à une demande de poste d'ATER à Paris I : je reçois une enveloppe contenant un des quatre dossiers envoyés, avec une lettre stipulant que mon dossier est irrecevable car je ne peux postuler qu'en dernière année de thèse. Sachant que les trois autres dossiers  à cette même université, dans les mêmes conditions, ont été acceptés... et que mon statut de fonctionnaire de catégorie A me permet de postuler dès la première année. Appel de Paris I (attention, notez bien, ce sont EUX qui m'appellent) : "nous cherchons partout votre dossier section 22" ; "ben oui, vous me l'avez renvoyé car refusé" ; "ah, mais non ! bon on va faire des photocopies". Mouahah !

- appel à mon FAI pour régler un problème d'accès à Internet : pour le régler, le conseiller technique parvient par moult circonvolutions à me persuader de lui donner le code de mon modem téléphonique. "Mais je n'ai aucun problème de téléphone", "oui, mais au moins il n'y en aura plus" ; "mais je n'en ai aucun", "donnez-le moi tout de même". Foudroyée par cette logique, je l'ai donné, le conseiller a conclu : "voilà, comme ça il n'y aura plus de problème", "mais il n'y en avait aucun avant...". Résultat : je n'ai plus de ligne téléphonique pour les enguirlander. Mouahahahaahahah !

- au moment de révisions, visions devrais-je même dire : je récupère les notes d'un élève que je suppose validées par le professeur vu qu'elles ont été polycopiées en une bonne centaine d'exemplaires. Je vous passe les noms mal orthographiés (ce qui est dommage pour l'histoire chinoise et mongole, parce que Zhen He peut être un contemporain de Zheng He, du fait de la très petite marge de manoeuvre des noms chinois) car cette personne a fait l'effort de taper ses notes. Mais le plus beau, outre les phrases du genre on-est-super-djeun's-et-on-s'éclate ("le général Wang s'est fait eu"), ce sont ces deux moments glorieux : "les Jésuites sont autorisés par l'empereur à rester en Chine. Cela stimule leurs ailes" ou encore "la période de la vie de Gengis Khan prend fin avec sa mort". Oui, c'est magnifique. Et cela prouve que mes 4èmes auraient pu prétendre entrer en deuxième année d'université... Mouahahahaahahahahahahahahahaha !

            Heureusement, la logique en chinois est imparable : cocktail se dit en effet 鸡尾酒 (jiwei jiu), à savoir l'alcool de la queue du coq. C'est-à-dire la traduction exacte de cocktail...


            Je sais, j'avais dit que je n'écrirais plus jusqu'à mercredi, mais les révisions ça m'ennuie...

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26 mai 2008

Pour dédramatiser les résultats de l'Eurovision...

            Vous êtes nombreux à avoir pleuré devant votre poste de télévision samedi soir. Je le sais, ne cachez pas pudiquement vos yeux rougis derrière une main tremblante. Relevez la tête, souriez et soyez fiers : car il ne faut pas oublier que l'Eurovision c'est ceci (victoire de Monaco, 1971) :

           Et aussi cela (Lill Lindfors, 1985) :

            Tac s'est amusé hier à lire comment fonctionne le concours de l'Eurovision, les problèmes rencontrés, les succès et les échecs, les potins... Une nouvelle passion est née.

 

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25 mai 2008

Pour faire passer le temps...

           ... Rien de tel que la pub, n'est-ce pas ?

            Donc en attendant mercredi, prenez quelques Oreo à grignoter : voici une publicité passée une seule fois à la télévision (si j'ai bien compris) mais diffusée dans les cinémas. Un grand moment musical, un grand moment interdit aux moins de 16 ans, un grand moment pour rappeler à quel point l'utilisation du préservatif est importante (pour l'entreprise Manix bien sûr, puisque c'est une pub, mais aussi pour se protéger des diverses MST). Attention les yeux !!! Si je suis pas reclassée dans les blogs cochons avec ça...

            Second opus sur le même thème, une publicité pour bien comprendre que le contrôle des naissances est à la portée de tous... et que parfois, cela peut avoir du bon...

Sur ce, profitez bien de votre dimanche...

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24 mai 2008

Le chinois m'appelle !!!

            Pendant quelques jours, et pour ne rien vous cacher jusqu'à mardi soir, la moufette fait une pause d'écriture : ne vous inquiétez pas, l'article sur les visites à faire à Cuba arrivera mercredi (et après vous serez débarrassés de Cuba, enfin !). Et pour la suite, j'ai plein de choses à raconter que ça en tournicote de folie dans ma tête (des bouquins, Indiana Jones, ma méthode de révision quelque peu hétérodoxe, LE concours tant attendu de la moufette en folie...).

            Toujours est-il que cet après-midi (un samedi, oui ; mais on a aussi eu des partiels le soir, jusqu'à 22h...), c'est histoire moderne et que j'ai donc passé un temps fou (environ 4h ?) à lire des choses sur les Mongols, les Mandchous, les Chinois, les Jésuites et même les eunuques. Que je me suis même bien marrée avec la querelle des Rites, ou comment se tirer une balle dans le pied. Mais bon, la rigolade c'est fini.

            A partir de ce soir, c'est du sérieux : j'ai un monceau de choses à voir et revoir en chinois, caractères, prononciations, ton, graphie et utilisation. Parce que le chinois, c'est super simple : tu dois apprendre le caractère, le reconnaître et l'écrire n'étant pas la même chose (une dissociation étonnante : ce n'est pas parce que tu sais le lire que tu pourras l'écrire quand on te le demandera : c'est trooooop cool !) ; et des fois, il a des graphies multiples, et des fois il a besoin d'au moins 14 traits à retenir dans un ordre précis... Puis tu apprends à le prononcer, et parfois il a plusieurs prononciations ; et, en plus, il faut retenir avec lequel des cinq tons il se combine sinon cela ne veut absolument pas dire la même chose. Ensuite, tu en viens à ses significations, parce qu'une seule ce n'est pas du jeu. Et enfin seulement, tu vois comment l'utiliser : parce que le caractère ne s'utilise presque jamais seul, il a besoin d'être en couple et le sens n'a souvent que des liens relâchés avec les premiers sens appris... Comme c'est pratique : un caractère, 520 000 possibilités... Donc je n'écrirai pas d'ici mercredi, non je ne DOIS pas écrire d'ici mercredi. Juste de la musique ou des vidéos. Pour vos beaux yeux.

            Ben oui, il ne faudrait pas que ma moyenne actuelle de 18/20 baisse : ce serait vraiment trop bête en deuxième année... Comment ça, je me la joue ??? Mais paaaaaaaaaaaas du toooooooooooooooooooooout !!!

            Pour la route :

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