Premier réveil dans l'hôtel qui nous accueille trois nuits avant que nous ne rejoignions notre nouveau home. Et cette prise de conscience soudaine : "on est là pour trois.. quatre... cinq ans". Et c'est tout, un vide ensuite. Un vide créé par des pensées fugaces, qui s'échappent : nous sommes loin de tout ce que nous connaissons, loin de tous ceux que nous aimons. Tout est à réinventer, il faut s'adapter, accepter aussi de se sentir seul. Il n'y a pas de choix possible, il faut aller de l'avant. Et cette pression tout à coup sur le coeur : "mais on n'est pas un peu fou, quand même ?".

                 Et finalement l'angoisse se résorbe d'elle-même. Nos escapades de quelques mois à l'étranger nous avaient également déracinés, et s'il y avait l'assurance du retour, il avait tout de même fallu s'adapter à une vie quotidienne différente, vivre à un autre rythme de ceux à qui l'on brûlaient de raconter chaque instant et que l'on ne pouvait appeler comme ça, tout à trac. Et finalement, déménager dans une autre ville revient aussi à s'adapter à de nouvelles relations et de nouvelles habitudes, à se sentir seul. L'originalité cette fois-ci est que tout vient en même temps, d'un coup, à une échelle plus grande. Et le retour ne se fait pas comme ça, en grimpant dans un train ou en comptant les jours avant le retour. Sentiment étrange et déroutant.

                  Et j'avoue que les projets de visites des uns et des autres prennent une dimension énorme, bien plus grande qu'elle ne le serait dans d'autres circonstances. Un pont entre le passé et l'avenir, avec cette nécessité de partager nos étonnements et nos découvertes.

                  Quant à ceux que je suis venue à considérer comme faisant partie de mon entourage réel, cette improbable et inattendue communauté bloguesque, qui a suivi pas à pas cette excitante et angoissante aventure et qui va m'être d'autant plus nécessaire que je suis encore plus loin désormais : merci à toutes et à tous de me lire encore et encore, de me soutenir, mais aussi de me tenir au courant, de me faire rire, de faire des concours aussi ! De créer du lien donc (sans jeu de mots...). La contrepartie prendra la forme de monceaux de nans et de chapattis, d'instantanés indiens et de quelques grognements, bien sûr. Sinon, je ne serais pas la Moufette...