28 février 2009
C'est mon anniversaire !
En allant sur mon blog en rickshaw (c'est mon blog qui est en rickshaw, pas toi), tu verras les aventures que me réservait cet anniversaire. Mais avant toute chose, sache que c'est mon anniversaire sans l'être : il n'y a pas de 29 février cette année. Dommage. Même ma mère que j'ai regardée d'un air de chien battu ce matin du 28 m'a dit : "noooon, ce n'est pas ton anniversaire...". Snif. Et en plus du fait qu'on l'oublie facilement puisqu'il n'est pas sur les calendriers, sache que même la chèvre de l'arrière-train (Fessebouc) ne rappelle même pas cet événement à mes contacts : ça craint. Non plus que ma banque ne me crédite de points pour avoir des cadeaux ultra géniaux, je suis sûre. Re-snif.
Mais heureusement, un long message a illuminé ma journée. Posté par mon ami Michel sur le susdit Fessebouc. Je crois qu'il a vraiment réussi à rendre compte de ce qu'est ma vie de moufette...
C'est aujourd'hui ou c'est demain? C'est demain ou aujourd'hui? A moins que ça
ne soit dans deux ou trois ans. Bon joyeux anniversaire quand meme.
Woaw, déjà 25 ans ! Comme moi ! Et quand je pense que le petit Simon va bientot avoir 12 ans. C'est fou comme le temps passe vite. Et quand
je pense à tous ces talents révélés si jeune. Ah Moufette ! A à peine 3 ans
tu maitrisais déja l'anglais, l'espagnol, l'allemand, le swahili et le
chinois. Vers 6 ans, apres avoir inspiré une douzaine de constitutions
sud-américaines, tu lançais ta propre marque de cosmétiques bio :
"Mouffette by Mouffette". Après avoir adopté Guillaume, pauvre enfin
désoeuvré trouvé sur un trottoir de Calcutta, et en avoir fait un
jockey imbattable ainsi qu'un homme au foyer respecté de tous (ah ! ses
fameux muffins), tu me rencontrais et m'encourageais à me lancer dans le
commerce de bois precieux qui fit ma fortune.
C'est d'ailleurs sur un bateau voguant vers le Bresil que je fis la
connaissance de Roberto, homme d'affaire véreux auquel tu avais déjà eu
affaire dans un tripot de HongKong alors tenu par un dénommé Sébastien
dont nous n'entendimes dès lors plus parler. Une tempête cependant nous
détourna de notre route, et nous dûmes
faire escale à Fort-de-France. Dans l'hôtel miteux qui nous servît de
refuge, le mal nommé Zen zoo, je me prennais d'amitié pour
l'inspiratrice du mouvement de protestation indigène, Mlle Augustine,
que tu devais retrouvais dès années après à bord d'un train-couchette
te menant vers Varsovie où tu allais retrouver Veronika T., femme fatale
et concubine du milliardaire américain Montgomery T. Ce dernier,
industriel de son état et mécène pour son plaisir, venait alors de
faire l'acquisition d'une collection de tapis Iraniens marchandés par
un Arménien douteux,connu sous le nom de "Karapian".
C'est dans ce même train que tu fis la connaissance d'un éleveur
de poisson, un coliniculteur, auquel tu decidais de donner le nom de
"Colin", bien plus facile à retenir que son véritable nom, Tac de
La Profession de Foi-Catholique. Quelle rencontre ! Et quelle union ! De
Varsovie, vous rejoigniez les Indes, où le destin bien inspiré vous
faisait atterir à l'Hotel Fourchette, le petit frêre malheureux de
l'imposant Trident. De là, vous partiez dans les plateaux du Bhoutan
apprendre à tirer à l'arc.
Bon, je m'arrête là. La suite de cette
histoire t'appartiens. Si tu veux la publier, n'oublie pas de corriger
les fautes d'orthographe. Merci. Et encore Joyeux anniversaire.
Tu auras bien sûr relevé des erreurs et des oublis. Lorsque je dis de
Simon qu'il s'agit d'un "pauvre enfin", je voulais bien sûr dire
qu'il s'agissait d'un "pauvre enfant" (sous entendu: livré dès son plus
jeune âge
aux commerces les plus impurs. Ce qui d'ailleurs lui fit pousser la
moustache très tôt. Ah non, ça c'est moi. Je parle de la moustache). Et
puis "pauvre enfin", ça ne veut rien dire. J ai également oublié de
dire qu'avant d'en faire un Jokey, tu l'avais encouragé à se faire
importateur d'appareils américains de qualité puis érudit, tenancier
d'une Bibliothèque pour femmes vertueuses du 6ème arrondissement
parisien. Par ailleurs, j ai oublié d'évoquer ta carrière de Tutrice
(je ne sais pas si ça existe) pour enfants miséreux et ton parcours de
Femme de Lettres. Cela m'aurait amené à évoquer ta fréquentation de
Machiavel, mais ça, c'est une autre histoire. Et puis, je ne peux pas
tout faire, non plus !
A vrai dire, Michel, l'auteur de ces lignes, caricature à peine la réalité de ces rencontres et personnes avec qui j'ai partagé ces dix dernières années. Mlle Augustine, un appartement, des fous rires et des coups durs, Veronika T. et Montgomery T. que je vois de loin en loin mais avec toujours autant de plaisir, le petit Simon, ses vannes et ses interrogations, tout comme celles de Michel, toujours présent à l'instar de Karapian, également surnommé El Fennec. Quant à Tac de La Profession de Foi-Catholique, il est à mes côtés aux quotidien... Et il me souhaite mon anniversaire quand je veux, na !!!
26 février 2009
Qu'ai-je fait de mes cheveux (enfin !) ???
Le suspense vous a tenu en haleine jusqu'à maintenant, je le sais. Qu'en est-il de la décision capillaire de notre moufette ? Qu'a fait Chouyo l'intrépide de sa chevelure ??? Et bien, elle avait profité il y a quelque temps d'un passage éclair à Delhi pour visiter le salon de coiffure d'un grand hôtel, et se laisse tripatouiller. Et tenter d'expliquer ce qu'elle voulait à une coiffeuse d'origine singapourienne (je pense) qui la regardait concentrée comme un maître kung-fu avec une démonstration magistrale... ou un maître sushi devant ses poissons. Je n'en menais pas large, c'est sûr...
Pour la coupe, j'ai suivi vos conseils avisés même si la terminologie anglaise que j'ai utilisée ne doit pas être la plus orthodoxe qui soit dans les salons de beauté... J'aurais du voir You don't mess with the Zohan et prendre des notes, je le savais ! Voici donc le résultat : je me sens plus légère, mes cheveux sont plus beaux et moins secs et je peux toujours faire plein de coiffures bêtes avec...

Qui a dit : "cela ne change rien" ??? Mais oui, tu as tout à fait raison : et c'était le but !!!
Bon, il y a dix centimètres de moins quand même, je t'assure : la différence est psy-cho-lo-gique !
P. S. : je réponds à tous vos commentaires des derniers jours ce soir. Enfin !
23 février 2009
Où je te parle de Beuhllywood : les Oscars de "Slumdog Millionnaire" (mit einem Edit).
ne Je sais, je sais : parmi vous, il y a des aficionados et aficionadas de Bollywood. Désolée, c'est loin d'être mon cas. D'où la suite... J'avais parlé du roman d'après lequel le film Slumdog Millionnaire a été réalisé : de la daube. Sur laquelle j'ai déjà argumenté auparavant (et pourtant, je l'avais vraiment lu sans prétention, comme lecture de plage sur les routes cahoteuses de Cuba). Simplement une chose : quand j'ai su qu'un film allait en être tiré, j'ai compris pourquoi le roman était si mal écrit. L'auteur avait déjà en tête les développements cinématographiques futurs, les flash-backs, les contre-plans, les travellings et la maîtrise de l'acmé émotionnelle du spectateur. Avec cette nouvelle perspective en tête, on comprend mieux certaines techniques littéraires extrêmement lourdes et non maîtrisées. Mais au cinéma, pourquoi pas...
Je n'ai pas vu le film, j'irai peut-être le voir bien que je pense attendre sa sortie sur d'autres supports que le grand écran. D'autant que je n'ai pas encore compris comment m'intéresser à un film bollywoodien (mais anglo-bollywoodien ?) ; rien à faire, je n'accroche pas plus de sept minutes même en me détendant, en me concentrant, en me forçant. Le seul intérêt pour moi de Slumdog Millionnaire serait donc pour l'instant la manière dont le scénario a été adapté, la musique (que je trouve pour l'instant extrêmement mauvaise, mais bon, peut-être qu'avec les images ?) et bien sûr l'image donnée de Bombay par un réalisateur anglais (qui surfe sur la vague Bollywood ? Nan, j'ai rien dit...) et des acteurs sortis des bidonvilles (quelle aubaine...).
Quant au fait que Slumdog Millionnaire ait eu huit Oscars, cela ne me fait ni chaud ni froid, car jamais les Oscars ne se sont targués de récompenser la qualité. Le plus intéressant sera sans aucun doute l'influence que cette mise en avant internationale du cinéma anglo-bollywoodien, avec cette nouvelle estampille oscarisée, aura sur la scène indienne. Si cela pouvait avoir une influence quelconque sur la qualité de jeu, des dialogues et de la musique, quel exploit : là, je dirai "merci les Oscars" ! Car si l'on veut être mièvre, pudibond et racoleur au cinéma, pas de souci : mais il faut le faire à fond alors, avec panache. Ce que ne fait pas Bollywood (Day, Léna, Blogi : je vous remercie dans le cas contraire de m'indiquer les films qui me feraient changer d'avis ! Je ferai tout mon possible pour atteindre au moins la huitième minute, hihihi !)
Edit : on me souffle dans l'oreillette que la scène que j'ai vue n'est pas du tout représentative du film, qui n'est pas un Bollywood mais un film aux codes occidentaux. Et finalement, je me dis que l'auteur du roman, Vikas Swarup, a été assez fort pour écrire bollywoodiennement : ce qui l'inscrit dans une certaine littérature (à la suite de Show Business de Shashi Tharoor par exemple... que je n'ai pas non plus aimé !).
21 février 2009
Découvrons la pomme malacca.
Où tout d'abord je te donne deux références, deux sites particulièrement bien faits pour trouver les fruits tropicaux que l'on n'a pas l'habitude de voir sur les étals. Et que l'on ne sait ni nommer, ni cuisiner, ni même manger. Le site de la CIRAD CaribFruits et un site dédié aux nouvelles (et anciennes) cultures, avec un recencensement des fruits des climats chauds (en anglais, extrêmement précis et passionnant !).
Voici donc la pomme malacca. Intitulée rose apple là où je l'ai achetée, j'apporte une nuance : il s'agit en fait de la Malay rose apple. Car la pomme-rose, c'est un autre fruit ; celui-ci serait originaire de Malaisie, d'où son nom. Il est présent un peu partout en Asie du Sud-Est, notamment au Bengale et dans le sud de l'Inde ; il semblerait que ce soient les Portugais qui aient transmis la culture de l'arbre, à la beauté particulièrement réputée notamment du fait de ses fleurs semblables à de petits pompons rose fuchsia (l'arbre Britney ?), de leur comptoir de Malacca en Malaisie à leur colonie de Goa.
Le fruit lui-même est piriforme (j'ai appris ce mot un jour en lisant Balzac et je n'ai de cesse de l'utiliser depuis...), sa peau est fine, lisse et d'un rouge profond tirant parfois sur le rose aux extrémités. Et l'intérieur ? Bande de gourmands... La chair est blanche, de la même texture qu'une pomme granny (croquante et juteuse) avec un goût se rapprochant de la goyave. Très rafraîchissant donc. Et je l'imagine bien en été dans une salade de fruits plus sucrés et plus acides, apportant une note croquante.
Quelques idées de recettes, des gelées et des coulis (il paraît que le mêmes les fleurs-pompons sont comestibles, en salade en Indonésie), mais aussi une sorte de compote confectionnée avec des clous de girofle ou d'autres épices, et servie avec un peu de crème ; en Guyane, il serait cuit tandis que la peau servirait à faire un sirop additionné à la compote ensuite. La pomme malacca entre bien sûr dans la composition de certaines sauces, conserves et pickles. Et l'on en fait même du vin à Porto-Rico !
Pause linguistique : la pomme malacca est également appelée jambose rouge, pomme de Malaisie, poire Malac, pomme de Tahiti ou pomme canaque en Nouvelle-Calédonie. Et avec ça, tu vas pouvoir briller dans les dîners en ville. Sauf si tu la confonds avec le framboisier, fruit du pommier d'eau, qui lui ressemble beaucoup (mais plus aplati à la base). Là, ce serait la honte...
20 février 2009
Desserts : ""panna cotta vanillée, tartelette à l'orange et glace à la fraise maison.
Pour finir sur ce repas, quelques desserts : j'avais envie de tenter quelques petites choses. Nécessairement, cela implique des errements et des acrobaties... Le résultat était très bon, à en croire Tac et nos invités, mais il faudra que je retente les choses : vous allez voir, on se croirait chez Pivoine cuisine, mouahahahahaha !
La glace à la fraise maison.
Je vous avais déjà donné la recette ; toujours aussi miam miam miam, avec un goût de fraise fraîche très prononcé. Et finalement, de ne pas avoir retiré les grains donnent un côté vraiment "maison". Délicieuse. Et pourtant, je ne suis pas fan de fraises ! Pour la présenter, j'ai utilisé une cuillère parisienne.
Panna cotta vanillée.
Le dessert que je maîtrise, car il faut dire que ce n'est pas bien compliqué. Sauf que. Sauf que par précaution alimentaire (sur la restriction quant aux produits dérivés du porc dans les régimes indiens), j'ai utilisé de l'agar-agar et que vraiment, je ne me sens à l'aise ni avec le dosage, ni avec la consistance, ni avec le goût. Si vous avez des conseils...
De plus, j'ai voulu essayer de les démouler et ai donc suivi le conseil glané sur un blog de cuisine, celui de les congeler une ou deux heures après qu'elles ont bien pris. Mais soit elles n'avaient pas encore pris, soit c'est un truc qui ne fonctionne pas : tout le liquide de mes superbes panna cotta a donc gelé, et c'est évidemment dissocié de la crème qui s'est écroulée. Je me suis donc retrouvée à devoir refaire des panna cotta cinq heures avant le repas, ce qui est assez court.
Avec l'agar-agar, je trouve la consistance trop ferme et "gélatineuse" justement, malgré la faible quantité utilisée. Et ce goût qui se mélange à la vanille, non franchement, je ne suis pas du tout convaincue. La prochaine fois, ce sera gélatine, un point c'est tout.
Ingrédients.
- 500ml de crème fraîche liquide
- 200ml de lait
- 80g de sucre
- quelques gouttes d'extrait de vanille ou bien une gousse de vanille
- 2 feuilles de gélatine, ou 1g d'agar-agar
o Mélanger la crème fraîche, le lait, le sucre et la vanille (ou la gousse de vanille coupée dans le sens de la longueur).
o Si vous choisissez la gélatine : déposer les deux feuilles de gélatine dans une assiette creuse remplie d'eau froide et laisser reposer.
o Porter le mélange à ébullition.
o Si vous utilisez l'agar-agar, l'ajouter au mélange et faire bouillir à petits bouillons pendant au moins une minute ; si vous utilisez la gélatine, sortir les feuilles de l'eau et les ajouter au mélange et bien mélanger longuement avec un fouet pour qu'elles se dissolvent.
o Remplir de petites verrines ou un moule ; quand le mélange a refroidi, le placer au réfrigérateur pendant au moins 5h avec dégustation.
o Se régaler...
Tartelettes à l'orange.
Mouahahahahaha ! Encore un presque raté : Tac et mes hôtes les ont trouvé bonnes, j'étais quant à moi déçue par la pâte. Il faut dire que trouver du beurre non salé ici, c'est la folie : j'ai donc utilisé du ghee pour faire ma pâte brisée. Est-ce cela ou l'humidité, la température ou que sais-je encore ? En tout cas, ma pâte brisée fut une pâte sablée... Et cela ne passe pas à mon goût avec la crème à l'orange. A recommencer donc. J'ai suivi la recette trouvée ICI, que j'ai adaptée très légèrement.
Ingrédients.
- 2 oranges
- 80 g de sucre en poudre
- 1 oeuf
- 50 g de beurre
- un fond de pâte brisée
o Préchauffer le four à 170°.
o Disposer la pâte brisée au fond des moules à tartelettes ou au fond du moule à tarte.
o Mélanger le sucre avec l'oeuf battu.
o Y ajouter le jus d'une ou deux orange (selon si ce sont des oranges à jus ou pas) ainsi que le zeste.
o Verser le mélange sur la pâte crue.
o Eplucher une orange, enlever la partie blanche et découper de très fines tranches ; les déposer sur les taretelettes.
o Verser par-dessus le beurre fondu.
o Cuire 30 à 45 mn à 170° en surveillant au bout d'une demi-heure pour que cela ne brûle pas.
o Miamer.
19 février 2009
Plat principal : légumes farçis et boulgour.
Un classique des classiques culinaires familiaux : les légumes farçis. J'adore, j'adore les faire (malaxer, c'est mon truc) et j'adore les voir cuire lentement dans le four (dans mon bôôôôô four). Facile à réaliser en plus, cela permet de proposer un plat principal très complet et léger : aucune obligation en effet d'y adjoindre du riz ou du boulgour. Et pour des Indiens non-végétariens, c'est un plat parfait, très équilibré ; pour des Indiens végétariens, j'aurais remplacé la viande hachée par des protéines de soja (celles que l'on trempe dans de l'eau pour les faire gonfler).
Ingrédients.
- une belle tomate, une demi-courgette, une demi-aubergine très allongée (ou toute petite) par personne ; tu peux également utiliser des oignons, comme à Nice, c'est exceptionnellement délicieux de derrière les fagots qu'après tu ne jures plus que par ça
- 500g de viande hachée (agneau pour moi, mais il est plus courant d'utiliser du porc)
- 1 oeuf entier
- quatre tranche de pain de mie
- un peu de lait pour "mouiller" la farce
- thym, romarin ou herbes de Provence
- sel, poivre
- huile d'olive
- la chair retirée des tomates et des courgettes
o Préchauffer le four à 200°.
o Laver les légumes.
o Couper les tomates de façon à créer un "chapeau" et les évider avec une cuillère. Couper les courgettes en deux puis dans la longueur, et les évider avec une cuillère. Couper les aubergines en deux puis dans le sens de la longueur, les évider avec une cuillère ; si c'est une petite aubergine ronde, procéder comme pour la tomate.
o Conserver la chair des légumes ; y ajouter la viande hâchée, l'oeuf entier et un filet d'huile d'olive.
o Ajouter les quatre tranches de pain de mie dont la croûte a été retirée ; malaxer.
o Si la consistance est trop dure, "mouiller" avec quelques gouttes de lait.
o Mixer le tout, ajouter sel, poivre et herbes au goût.
o Farcir les légumes, remettre le chapeau des tomates et petites aubergines.
o Faire cuire au four à 200° pendant 1h (surveiller).
o Déguster.
Comme accompagnement.
- un riz blanc auquel on ajoutera la sauce obtenue par la cuisson des légumes farçis ou du boulgour (agrémenté d'un trait d'huile d'olive et de quelques feuilles de basilic par exemple).
18 février 2009
La smala débarque !!! Et idée d'itinéraire en Inde...
Dans quelques heures, je me rends à l'aéroport pour accueillir deux Mini-Wombats, une môman et son fiancé. Ce sont les premiers à nous rendre visite, et il y en a deux qui sont très heureux de manquer une semaine de collège (oui, quand je dis "Mini", c'est "Mini") : mais aller voir sa grande soeur en Inde, c'est une bonne raison, non ?
Au programme ? Farniente à l'indienne (marchés et étals, shopping de tissus et d'encens et de trucs fous, dégustations évidemment...) mais aussi un programme de visites assez dodu dans Bombay tout d'abord (j'adore tellement cette ville que je veux la leur faire découvrir "comme il faut"), puis Delhi, Agra, le Rajasthan (Jaipur et Jodhpur et leurs alentours) puis direct vers Goa où nous irons crapahuter dans l'arrière-pays (habitant à 50m d'une des plus belles plages de la côte atlantique, ils ne sont pas venus ici pour les plages) et peut-être voir quelques grosses bestioles (des éléphants, au moins, ça c'est sûr). Puis retour à Bombay pour farnienter à nouveau et reprendre le chemin du pays où il fait 25° degrés de moins...
A retenir : plus ça va, plus j'explore l'Inde, plus je lis les guides, plus je pense qu'un premier voyage en Inde doit se faire dans la partie occidentale ou bien dans le Sud uniquement, et sûrement pas selon un axe ouest-est à partir de Delhi. Tous les voyages de personnes dégoûtées par l'Inde, revenues malades ou désespérées, se sont organisés de cette manière. L'Inde du Sud, c'est un excellent choix mais plutôt tourné vers l'archéologie hindoue et les temples hindous encore actifs (avec quelques palais très fous au milieu) ; en revanche, la partie occidentale comprend à la fois les vestiges moghols (forts, mausolées) de Delhi, Agra et du Rajasthan, ainsi que de magnifiques forteresses et temples jaïns, des havelis (palais privés) et quand tu en as marre, tu descends vers Bombay pour le côté fou et l'architecture coloniale britannique, puis Goa pour les vestiges portugais et chrétiens et ses plages, puis le Kerala pour ses paysages, ses backwaters, ses parcs nationaux et son calme. Si tu as envie d'une petite excursion archéologique hindoue, rien n'empêche de faire un saut à Hampi à partir de Goa et de voir des vestiges parmi les plus beaux de l'Inde dans des paysages splendides... A bon entendeur...
17 février 2009
Entrées : trio vert (crème d'asperge, dip de bleu, salade fraîche).
L'entrée de mon menu "je reçois des Indiens mais que cuisiner ?" a été rapidement décidée : j'avais une envie terrible de céleri cru. Et j'avais trouvé de magnifiques asperges.
La crème d'asperges.
Je me suis inspirée d'une recette trouvée LA.
Le résultat est délicieux, et je suis plutôt contente finalement de ne pas avoir utilisé d'agar-agar ou de gélatine : la mousse est devenue une crème, qui a pris au frigo très froid. Je sens que d'autres légumes vont suivre le
même chemin...
Ingrédients.
- 500 g d'asperges fraîches
- 1 oignon
- 1 yaourt nature
- 10 cl de crème fraîche
- 500ml de bouillon de volaille dégraissé
- huile d'olive
- thym
- sel, poivre
- citron.
o Laver les asperges, en couper la base, les couper en tronçons de 3 cm.
o Hacher l'oignon finement, le faire revenir dans l'huile d'olive à feu vif ; attention à ce qu'il ne brûle pas.
o Verser le demi-litre de bouillon de poule dégraissé, y ajouter les asperges, le thym, du poivre (pas de sel supplémentaire si c'est un bouillon du commerce) ; à ébullition, couvrir et ramener à feu doux et laisser mijoter pendant 15 minutes (les asperges doivent être tendres).
o Dans un bol, mélanger le yaourt et la crème fraîche. Laisser reposer.
o Verser les asperges dans le mélange yaourt-crème fraîche, puis mixer. Ajouter quelques gouttes de citron pour accroître l'acidité, du sel et du poivre au goût.
o Verser dans des verrines ou dans des ramequins, et mettre au réfrigérateur. L'idéal serait de les avoir concoctées la veille.
o Déguster...
Le dip au bleu.
C'est un grand classique des dips, très facile à faire, et que l'on peut faire évoluer à son goût (après, je ne garantis rien sur le dip au maroilles avec fenouil en allumettes...).
Ingrédients.
- 40g de fromage bleu
- crème fraîche épaisse mais allégée
- quelques branches de céleri.
o Ecraser le fromage bleu avec une fourchette.
o Ajouter progressivement la crème fraîche jusqu'à obtenir la consistance voulue. Tu peux délayer avec un peu de crème fraîche liquide en sus, si cela reste trop pâteux.
o Couper les branches de céleri en tronçon et ne conserver que la partie bien verte. Pour que le céleri ne ramollisse pas en attendant d'être grignoté, le coucher avec un peu d'eau dans un récipient fermé.
o Grignoter avec reconnaissance...
Petite salade fraîche.
Je ne vais pas non plus vous apprendre à faire la salade, évidemment...
Ingrédients.
- quelques feuilles de laitue iceberg bien croquantes
- une ou deux carottes
- un bulbe de fenouil
- la sauce thaïlandaise dont j'ai déjà donné la recette LA.
o Laver les carottes et les couper en allumettes très fines (tu peux les râper, cela va plus vite).
o Laver les feuilles de laitue et les découper finement (aux ciseaux par exemple).
o Laver le fenouil, l'étêter (oh, c'est beau !) et le découper en fines lamelles.
o Mélanger et ajouter au dernier moment la sauce thaïlandaise.
o Se rafraîchir avec cette salade estivale...
Gougères au fromage.
L'ensemble était délicieux avec ces gougères au fromage à grignoter à côté. La recette de la gougère de base, LA gougère fondamentale, je l'ai prise chez Pivoine : je te conseille de la suivre mot pout mot SAUF que tu supprimes évidemment le sucre de la recette pour obtenir des gougères salées. J'ai rajouté au mélange eau-beurre du début de la recette deux portions de "Vache sacrée hilare", mais j'aurais pu en mettre quatre pour un goût un tout petit peu plus intense.
Un délice en tout cas et d'une simplicité que je qualifierais de démoniaque...
C'est sûr que si l'un de tes invités n'aime pas le vert...
16 février 2009
Mon menu "premier dîner" en Inde.
Je raconte ICI par quelles réflexions je suis passée pour concocter ce menu (végétarien ? Non-végétarien mais sans produits dérivés du porc finalement...). Au bout d'un certain temps, j'ai décidé de m'amuser et de faire ce que je voulais...
Les recettes sont LA.
Et pour le pain ? Comme les résultats de la machine à pain sont très erratiques ici (du fait de la chaleur et de l'humidité beaucoup plus fortes je n'ai pas encore trouvé les dosages adéquates de levure, farine et eau ; et quand j'ai cru les avoir trouvés, le taux d'humidité et la température ont changé...), et que mes petits pains complets ne voulaient pas monter (ils l'ont fait, mais il leur a fallu 24h de plus...), Pivoine m'a sauvée. Sans le savoir, mais elle est devenue mon idole culinaire : j'ai fait des gougères au fromage... Et c'est comme ça que j'ai conquis mon public indien, fasciné, bouchée bée quoique pleine...
Et maintenant, les recettes ? Elle suivent !!!
15 février 2009
Tribune ouverte sur la réforme des universités.
Si j'ai plus parlé ici des conditions de travail des professeurs du second degré (et moins depuis quelque temps, car partir en Inde occulte rapidement bien des choses et ce, alors même que l'Education nationale se déglingue de plus en plus), la recherche et les réformes qui la touchent me concernent et m'inquiètent tout autant.
Pas de cris d'orfraie : l'enseignant ou l'enseignant-chercheur misérabiliste, agrippé désespérément à ses "privilèges" (laissez-moi rire), encroûté, plaintif et profitant des deniers de l'Etat (donc de toi, contribuable) n'existe que dans les fantasmes des imbéciles acquis à la vulgate jeanpierrepernault-ique. Qui n'est pas si éloignée de la glose sarkoziste. Comme dans toute société, il est nécessaire de réformer, de modifier, de perfectionner les institutions, les modes et les instances de transmission du savoir.
Mais quelle réforme et à quel prix ?
Parce qu'il a choisi les mots justes et l'exemple archétypal mais exact à la virgule près, je reproduis ici l'article que Pierre Jourde a publié sur son blog. Edifiant. Et dans la foulée cette semaine, je vous parlerai aussi d'une réforme qui vous touchera encore plus, car vous avez sans doute chez vous ou autour de vous des enfants qui vont entrer l'année prochaine en sixième...
"Université : les fainéants et les mauvais chercheurs, au travail !"
Une poignée de mandarins nantis qui ne fichent rien de leurs journées et refusent d'être évalués sur leur travail, manifeste contre la réforme Pécresse pour défendre des privilèges corporatistes et une conception rétrograde de l'université. Au travail, fainéants!
L'ignorance et les préjugés sont tels que c'est à peu près l'image que certains journalistes donnent du mouvement des chercheurs, des universitaires et des étudiants qui se développe dans toute la France. Au Monde, Catherine Rollot se contente de faire du décalque de la communication ministérielle, en toute méconnaissance de cause. Le lundi 9 février, Sylvie Pierre-Brossolette, sur l'antenne de France Info, défendait l'idée brillante selon laquelle, comme un chercheur ne produit plus grand-chose d'intéressant après quarante ans («c'est génétique»!), on pourrait lui coller beaucoup plus d'heures d'enseignement, histoire qu'il se rende utile.
Il aurait fallu mettre Pasteur un peu plus souvent devant les étudiants, ça lui aurait évité de nous casser les pieds, à 63 ans, avec sa découverte du virus de la rage. Planck, les quantas à 41 ans, un peu juste, mon garçon! Darwin a publié L'Evolution des espèces à 50 ans, et Foucault La Volonté de savoir au même âge. Ce sont des livres génétiquement nuls. Aujourd'hui, on enverrait leurs auteurs alphabétiser les étudiants de première année, avec de grosses potées d'heures de cours, pour cause de rythme de publication insuffisant. Au charbon, papy Einstein! Et puis comme ça, on économise sur les heures supplémentaires, il n'y a pas de petits profits.
Mais que Sylvie Pierre-Brossolette se rassure: le déluge de réformes et de tâches administratives est tel que son vœu est déjà presque réalisé. On fait tout ce qu'il faut pour étouffer la recherche. Les chercheurs et les enseignants-chercheurs passent plus de temps dans la paperasse que dans la recherche et l'enseignement. Ils rédigent les projets de recherche qu'ils auraient le temps de réaliser s'ils n'étaient pas si occupés à rédiger leurs projets de recherche. La réforme Pécresse ne fera qu'accroître cela.
Les journalistes sont-ils suffisamment évalués au regard de leurs compétences et de leur sérieux? Est-ce que c'est génétique, de dire des bêtises sur les antennes du service public?
On enrage de cette ignorance persistante que l'on entretient sciemment, dans le public, sur ce que sont réellement la vie et le travail d'un universitaire. Rien de plus facile que de dénoncer les intellectuels comme des privilégiés et de les livrer à la vindicte des braves travailleurs, indignés qu'on puisse n'enseigner que 7 heures par semaine. Finissons-en avec ce ramassis de légendes populistes. Un pays qui méprise et maltraite à ce point ses intellectuels est mal parti.
La réforme Pécresse est fondée là-dessus: il y a des universitaires qui ne travaillent pas assez, il faut trouver le moyen de les rendre plus performants, par exemple en augmentant leurs heures d'enseignement s'ils ne publient pas assez. Il est temps de mettre les choses au point, l'entassement de stupidités finit par ne plus être tolérable.
a) l'universitaire ne travaille pas assez
En fait, un universitaire moyen travaille beaucoup trop. Il exerce trois métiers, enseignant, administrateur et chercheur. Autant dire qu'il n'est pas aux 35 heures, ni aux 40, ni aux 50. Donnons une idée rapide de la variété de ses tâches: cours. Préparation des cours. Examens. Correction des copies (par centaines). Direction de mémoires ou de thèses. Lectures de ces mémoires (en sciences humaines, une thèse, c'est entre 300 et 1000 pages). Rapports. Soutenances. Jurys d'examens. Réception et suivi des étudiants. Elaboration des maquettes d'enseignement. Cooptation et évaluation des collègues (dossiers, rapports, réunions). Direction d'année, de département, d'UFR le cas échéant. Réunions de toutes ces instances. Conseils d'UFR, conseils scientifiques, réunions de CEVU, rapports et réunions du CNU et du CNRS, animations et réunions de centres et de laboratoires de recherche, et d'une quantité de conseils, d'instituts et de machins divers.
Et puis, la recherche. Pendant les loisirs, s'il en reste. Là, c'est virtuellement infini: lectures innombrables, rédaction d'articles, de livres, de comptes rendus, direction de revues, de collections, conférences, colloques en France et à l'étranger. Quelle bande de fainéants, en effet. Certains cherchent un peu moins que les autres, et on s'étonne? Contrôlons mieux ces tire-au-flanc, c'est une excellente idée. Il y a une autre hypothèse: et si, pour changer, on fichait la paix aux chercheurs, est-ce qu'ils ne chercheraient pas plus? Depuis des lustres, la cadence infernale des réformes multiplie leurs tâches. Après quoi, on les accuse de ne pas chercher assez. C'est plutôt le fait qu'ils continuent à le faire, malgré les ministres successifs et leurs bonnes idées, malgré les humiliations et les obstacles en tous genres, qui devrait nous paraître étonnant.
Nicolas Sarkozy, dans son discours du 22 janvier, parle de recherche «médiocre» en France. Elle est tellement médiocre que les publications scientifiques françaises sont classées au 5e rang mondial, alors que la France se situe au 18e rang pour le financement de la recherche. Dans ces conditions, les chercheurs français sont des héros. Les voilà évalués, merci. Accessoirement, condamnons le président de la république à vingt ans de travaux forcés dans des campus pisseux, des locaux répugnants et sous-équipés, des facs, comme la Sorbonne, sans bureaux pour les professeurs, même pas équipées de toilettes dignes de ce nom.
b) l'universitaire n'est pas évalué
Pour mieux comprendre à quel point un universitaire n'est pas évalué, prenons le cas exemplaire (quoique fictif) de Mme B. Elle représente le parcours courant d'un professeur des universités aujourd'hui. L'auteur de cet article sait de quoi il parle. Elle est née en 1960. Elle habite Montpellier. Après plusieurs années d'études, mettons d'histoire, elle passe l'agrégation. Travail énorme, pour un très faible pourcentage d'admis. Elle s'y reprend à deux fois, elle est enfin reçue, elle a 25 ans. Elle est nommée dans un collège «sensible» du Havre. Comme elle est mariée à J, informaticien à Montpellier, elle fait le chemin toutes les semaines. Elle prépare sa thèse. Gros travail, elle s'y consacre la nuit et les week-ends. J. trouve enfin un poste au Havre, ils déménagent.
A 32 ans, elle soutient sa thèse. Il lui faut la mention maximale pour espérer entrer à l'université. Elle l'obtient. Elle doit ensuite se faire qualifier par le Conseil National des Universités. Une fois cette évaluation effectuée, elle présente son dossier dans les universités où un poste est disponible dans sa spécialité. Soit il n'y en a pas (les facs ne recrutent presque plus), soit il y a quarante candidats par poste. Quatre années de suite, rien. Elle doit se faire requalifier. Enfin, à 37 ans, sur son dossier et ses publications, elle est élue maître de conférences à l'université de Clermont-Ferrand, contre 34 candidats. C'est une évaluation, et terrible, 33 restent sur le carreau, avec leur agrégation et leur thèse sur les bras. Elle est heureuse, même si elle gagne un peu moins qu'avant. Environ 2000 Euros. Elle reprend le train toutes les semaines, ce qui est peu pratique pour l'éducation de ses enfants, et engloutit une partie de son salaire. Son mari trouve enfin un poste à Clermont, ils peuvent s'y installer et acheter un appartement. Mme B développe ses recherches sur l'histoire de la paysannerie française au XIXe siècle. Elle publie, donne des conférences, tout en assumant diverses responsabilités administratives qui l'occupent beaucoup.
Enfin, elle se décide, pour devenir professeur, à soutenir une habilitation à diriger des recherches, c'est-à-dire une deuxième thèse, plus une présentation générale de ses travaux de recherche. Elle y consacre ses loisirs, pendant des années. Heureusement, elle obtient six mois de congé pour recherches (sur évaluation, là encore). A 44 ans (génétiquement has been, donc) elle soutient son habilitation. Elle est à nouveau évaluée, et qualifiée, par le CNU. Elle se remet à chercher des postes, de professeur cette fois. N'en trouve pas. Est finalement élue (évaluation sur dossier), à 47 ans, à l'université de Créteil. A ce stade de sa carrière, elle gagne 3500 euros par mois.
Accaparée par les cours d'agrégation, l'élaboration des plans quadriennaux et la direction de thèses, et, il faut le dire, un peu épuisée, elle publie moins d'articles. Elle écrit, tout doucement, un gros ouvrage qu'il lui faudra des années pour achever. Mais ça n'est pas de la recherche visible. Pour obtenir une promotion, elle devra se soumettre à une nouvelle évaluation, qui risque d'être négative, surtout si le président de son université, à qui la réforme donne tous pouvoirs sur elle, veut favoriser d'autres chercheurs, pour des raisons de politique interne. Sa carrière va stagner.
Dans la réforme Pécresse, elle n'est plus une bonne chercheuse, il faut encore augmenter sa dose de cours, alors que son mari et ses enfants la voient à peine. (Par comparaison, un professeur italien donne deux fois moins d'heures de cours). Ou alors, il faudrait qu'elle publie à tour de bras des articles vides. Dans les repas de famille, son beau-frère, cadre commercial, qui gagne deux fois plus qu'elle avec dix fois moins d'études, se moque de ses sept heures d'enseignement hebdomadaires. Les profs, quels fainéants.
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Personnellement, j'aurais une suggestion à l'adresse de Mme Pécresse, de M. Sarkozy et accessoirement des journalistes qui parlent si légèrement de la recherche. Et si on fichait la paix à Mme B? Elle a énormément travaillé, et elle travaille encore. Elle forme des instituteurs, des professeurs, des journalistes, des fonctionnaires. Son travail de recherche permet de mieux comprendre l'évolution de la société française. Elle assure une certaine continuité intellectuelle et culturelle dans ce pays. Elle a été sans cesse évaluée. Elle gagne un salaire qui n'a aucun rapport avec ses hautes qualifications. Elle travaille dans des lieux sordides. Quand elle va faire une conférence, on met six mois à lui rembourser 100 euros de train. Et elle doit en outre subir les insultes du président de la république et le mépris d'une certaine presse. En bien, ça suffit. Voilà pourquoi les enseignants-chercheurs manifestent aujourd'hui.
P.J.











