31 mai 2009
"Gran Torino" de Clint Eastwood : ah oui, quand même...
Simple. Très simple. A tout point de vue : jeu d'acteur, scénario, dialogues. Rien d'endimanché ou de grandiloquent, Clint Eastwood atteint avec ce film, en tant que réalisateur et acteur la simplicité, celle qui touche au but. La marque du grand art...
Au risque non de hurler avec les loups mais de joindre ma voix au concert de louanges, Grand Torino est donc un excellent film. Un des meilleurs que j'ai vus depuis longtemps. L'intrigue est relativement aisée à saisir : un vieil Américain, raciste, dur, impénétrable, ayant vécu la guerre de Corée, a assisté à la transformation de son quartier, à forte dominante Hmong désormais (réfugiés d'une minorité ethnique du Vietnam ayant combattu aux côtés des Américains). Il voit alors ses jeunes voisins résister à la loi des bandes locales, mais aussi la subir. Plus qu'un film de genre, sur les mafias par exemple, Clint Eastwood s'attelle à disséquer les relations de ce vieil homme à l'extérieur, à l'étranger, qu'il s'agisse de sa propre famille, de ses voisins, ou des petits et gros durs du quartier. Rappelant que toute relation humaine est extrêmement complexe : problématique tout simple, mais magistralement traitée ici.
Chaque scène est parfaite. Je ne sais pas comment vous le dire autrement. Et profitez de ce moment : il est rare que les mots me manquent... Excellentes scènes de duel avec la grand-mère hmong (vous comprendrez en voyant le film), excellente scène finale du personnage de Walt, excellente progression dudit personnage et de ceux qui l'entourent, ses deux jeunes voisins, mais aussi son propre fils, la difficulté à aimer quelqu'un qui se ferme et qui est un "vieux con".
Wouaw. Tout simplement.
30 mai 2009
"L'Etrange histoire de Benjamin Button" : Brad Pitt dans tous ses états.
Pas moi en tout cas. Je n'étais pas dans tous mes états en voyant ce film, même si cela m'a fait tout drôle de revoir le visage poupin et rajeuni de Brad Pitt à la fin. Cela m'a rappelé le début de sa carrière (mais si, je suis sûre que vous voyez de quel film je parle...).
Le scénario reprend une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald d'un homme, né vieux et rajeunissant. Tout de suite : oui, le traitement physique du rajeunissement est réussi. La progression des différents âges n'est pas choquante, et se fait en une longue continuité. Longuet, en revanche, ça c'est sûr. C'est un film lent, long (2h38) peut-être volontairement pour montrer que le temps qui passe à l'envers reste le même que le temps qui passe à l'endroit (c'est ultra clair, comme phrase) ; on le voit d'ailleurs tous les jours sur ceux et celles qui veulent paraître plus jeunes, les marques du temps sont encore plus indélébiles... Mais là, cela dérape : on ne voit pas très bien comment l'esprit de Benjamin évolue (certes, il régresse au final mais sa prostration n'est pas explicité ou même questionnée). Ce film permet en tout cas de se poser des questions, sur cette rencontre de l'autre au "mauvais âge", trop vieux et trop jeune, sur le temps qui passe, sur la mort des autres et la sienne. Idéal, sans rire et sans mépris, pour un cours de philosophie en terminale (quoiqu'il faut que je lise la nouvelle : peut-être est-ce encore meilleur de la mettre entre les mains des élèves plutôt que le film, les questions y sont peut-être plus profondes).
Mais Cate Blanchett est agaçante : éthérée dans un rôle qui ne l'est pas, maniérée et donc fatigante. A contrario, Brad Pitt paraît encore plus lourd et lent que ne le nécessite son âge. Certaines scènes sont baclées (les rencontres avec son père), d'autres s'étirent en longueur (en Russie) : le film est donc décousu et d'un rythme inégal. En fait, je crois... que l'on n'y croit pas. Au film, aux rôles, aux dialogues. Quelque chose d'artificiel dans le ton et dans le jeu. Dommage.
Sur mon blog en Rickshaw, un nouveau fruit sur les étals bombayites !
29 mai 2009
Daydreamer on a summer day.
Daydreamer nous offre une occasion de concourir inestimable ! Le but du concours ? Lui trouver un concours. C'est malin, je sais...
Le concours que je lui propose donc, et pour lequel il faudra voter absolument bien sûr, c'est celui-ci : par collage et/ou photo-montage photoshopé-tout-ce-que-tu-veux, il faut dresser le portrait de Daydreamer en été.
Et on dirait que dans ce super concours, on pourrait lui donner tous les attributs que l'on voudrait : un chapeau, un animal de compagnie, un T-shirt avec des fleufleurs, et tout et tout et tout. La Daydreamer estivale idéale, donc. Et celui qui gagnerait serait celui qui aurait le plus d'imagination vive et féconde et belle. Voilà...
T'en dis quoi ? Oui ??? Et bien tu votes pour moi alors !
Euh non, en dessous, ça a déjà été pris. Et elle ne ressemble pas à ça, Daydreamer, non mais !
"L'été", Arcimboldo.
28 mai 2009
Où je te parle de gourdes.
Ah ça y est. Tu te demandes de qui je vais parler... Mais non ! C'est juste que j'ai plein de gourdes chez moi. Je sais, c'est pas super sexy, mais c'est comme ça. Le titre était racoleur volontairement, j'assume (grave).
J'adore les gourdes, thermos et autres bouteilles transportables. J'en ai de toutes les couleurs mais à très forte dominante rose, je te l'accorde. Certaines sont pour conserver le chaud et le froid, d'autres spécifiquement pour le thé et les tisanes, d'autres encore pour le café allongé, d'autres enfin pour le bouillon. Je suis organisée comme Moufette.
Celles que je préfère viennent de Chine où chacun là-bas se balade avec sa gourde qui contient des feuilles de thé : l'eau chaude étant disponible gratuitement absolument partout (les gares, les trains, les hôtels, les restaurants...), il suffit de la remplir dès qu'elle est vide. Le plus souvent, ces gourdes chinoises contiennent un petit filtre repositionnable au goulot, on peut donc éviter de s'étrangler à tout bout de champ avec les feuilles de thé (ce qui est du plus mauvais effet). La gourde violette, elle, vient de Singapour : forme aérodynamique, forme olympique ! Bon, je me tais. Mais ces gourdes, je les utilise aussi pour le bouillon : j'adore en voyage, quand on mange tout le temps au restaurant, pouvoir parfois me faire un bouillon de poulet tout simple. Ou une tisane le soir. Cela me réconforte et je savoure... Quand on est malade à ne pas sortir de la chambre, ce n'est pas mal non plus.
La petite gourde, elle, me sert pour le café en cas d'examen ou de rendez-vous avec une attente prévisible : elle entre parfaitement dans mes sacs à main, avec sa taille de grand mug. Et comme j'adore le café refroidi, c'est parfait pour moi (je n'aime le café chaud qu'en Italie, et les cafés au lait brésilien et indien : les autres, je les laisse refroidir. Les puristes, je vous entends hurler !).
Mais j'ai découvert deux nouvelles gourdes en Inde, que je me suis empressée d'acheter : la gourde avec un vrai filtre à thé, comme une théière (tout à gauche), et l'autre avec glaçon intégré (juste à côté). A l'intérieur de la seconde se trouve un tube rempli de liquide à mettre au congélateur et à glisser tout froid dans ta gourde avant d'y mettre le breuvage que tu souhaites garder froid dans ton sac. Et hop, le tour est joué !
27 mai 2009
Auto-promotion.

Il y a des fois où il faut savoir faire le vide. Surtout quand ton disque dur externe est plein à craquer et que tu ne peux même pas y ajouter 1Go de photos supplémentaires. Dans ces cas-là, tels les artistes antiques qui, de leur poignet habiles et de leurs bras musculeux (et brillant de l'huile dont ils s'étaient ingénieusement enduits avant la pose), gravent le métal des portes de bronze des temples helléniques, moi je grave des DVD.
Et je brille aussi. De l'humidité ambiante.
Pendant ce temps, tu peux aller faire un tour sur mon blog en Rickshaw, j'y ai enfin rattrapé mon retard avec des billets linguistiques exceptionnels de finesse et de scientificité, gastronomiques, photogéniques et touristiques aussi. Un peu.
Note : je sais, Leonidas (là, sur la photo) n'était pas sculpteur. Mais je suis sûr qu'il s'enduisait d'huile quand même (image empruntée au délicieux péplum des plus péplumiques, 300).
26 mai 2009
Le Bhoutan et son animal national : le taquin takin. Ou le takin taquin ?

Mais qui es-tu qui te caches derrière un arbre ?
Je pensais avoir atteint la trilogie animalière parfaite avec le cabiai (découvert grâce à MaO, à qui je dédie ce billet), le wombat et l'hoazin. Mais un quatrième compère s'est ajouté à cet olympe du règne animal. Le takin. L'animal national bhoutanais, tellement fou que l'on ne sait pas si c'est un bovidé caprin ou un caprin bovin. Des pattes aux cornes, de l'arrière-train au museau, tout est pour le moins étrange dans cette bestiole absolument adorable, tranquille, goinfre et extrêmement intelligente (quand le roi du Bhoutan a décidé de relâcher toutes les bêtes du zoo dans la nature, car un zoo est contraire à l'éthique bhoutanaise, le seul animal à être revenu est le takin : pas bête... Cet animal est donc heureux avec l'homme, d'où : j'en veux uuuuuuuuuuuuuuuuuun !!!).
Mais oui, tu es beau. Tu es magnifique. Tu es mon ami.
Note : j'ai bêtifié pendant des heures devant cet animal. La Moufette et le Takin : rencontre du troisième type ?
25 mai 2009
J'y parle de poulet. Et de citoyenneté aussi.
Les Français ont un problème avec leur police. Depuis presque la nuit des temps, en tout cas au moins depuis François Villon (et son presque homonyme n'y a rien changé). Et Victor Hugo n'a rien fait pour que notre imaginaire national modifie sa perception des keufs, des condés, des cognes, des flics. On se méfie, on évite, on prévient les enfants. Pour ma part, j'ai eu recours quatre fois à la police, et à deux reprises, je me suis entendue parler comme à un chien. Tac, lui, n'a pas peur et a immédiatement haussé le ton pour réclamer un minimum de respect. Moi, j'avais un "mort aux vaches" qui me brûlait la langue, alors même que je pratique une républicanitude sincère... Mais pourquoi alors ?
A l'étranger, on dit que les Français ne savent respecter ni les ordres ni leurs propres forces de l'ordre. Et j'avoue qu'en passant la Manche je n'ai aucun problème, voire je m'en délecte, à aller demander mon chemin à un bobby (alors même que la police britannique a son lot de bavures, de racisme et d'arbitraire). Pourtant, je sais que les policiers obéissent à des ordres, font leur travail comme ils peuvent, dans des conditions souvent épouvantables. Qu'ils sont la cible facile de toutes les insultes et des embuscades. Et qu'il est nécessaire de redorer leur blason et d'instaurer enfin une véritable confiance.
La police est nationale, elle protège certes la nation mais surtout elle en émane. C'est en sacrifiant un peu de sa liberté que le citoyen consent à ce qu'une force de police lui soit imposée, dont il reconnaît la légitimité. Alors, une telle méfiance viendrait-elle d'un pacte social et politique brisé ? Nous ne faisons pas confiance à nos flics car nous doutons du bienfondé des ordres qu'ils reçoivent ? Notre attitude envers la police serait donc issue d'une méfiance fondamentale envers l'ordre établi, quand il se crispe sur ses prérogatives et instille la peur dans le corps citoyen : je dois avouer que l'hypothèse est séduisante.
Les choses ne vont donc pas s'arranger tant le climat sécuritaire est nauséabond en France actuellement. Nous n'avons rien à nous reprocher, donc nous ne craignons pas la police, les portiques, les contrôles ou les caméras de surveillance ??? Ne soyons donc pas si bourgeois et surtout si bêtes : la question n'est pas là. Car accepter de se faire surveiller en permanence, accepter que des enfants soient intimidés sous des prétextes éducatifs voire pédagogiques, accepter que des élèves soient fouillés, accepter encore que des enfants soient appréhendés devant une école, que des citoyens soient sanctionnés pour crime de lèse-Sarkozy, que des gardes à vue se prolongent sans raison valable, c'est abdiquer notre liberté, c'est accepter que notre Etat nous considère avant tout et en premier lieu comme de potentiels délinquants, c'est donc accepter la faillite complète de notre citoyenneté républicaine et française.
Requiescat in pace...
24 mai 2009
Conseils à un futur jeune expatrié.
[Note : le brouillon de ce billet a été rédigé il y a plus d’un mois (comme très souvent dans ma pratique scripturale). Et il est fou de voir à quel point, dans l’intervalle, ce dont je parle s’est vu confirmer, voire est devenu encore plus caricatural. A suivre…]
S’expatrier signifie un chauffeur et des cocotiers, n’est-ce pas ? C’est vrai et faux tout à la fois. Si j’ai parlé souvent sur mon autre blog de l’installation concrète à Bombay, complexe, cocasse et parfois horripilante, je n’ai pas pas encore abordé le plus important : le monde de l’entreprise qui expatrie. Voici ce que je retiens de notre expérience.
Le public sensible devrait s’abstenir…
C’est du foutage de gueule. Tac
travaille dans une graaaaaaaaaaaande entreprise française, une de celles qui
expatrient le plus en Inde, mais les expatriés de longue date n’y bougent pas
le petit doigt pour accueillir les nouveaux. Pire : alors même que d’autres
venaient de s’installer à Bombay les mois précédents ou atterrissaient le même jour que nous, que tous nous faisions face aux mêmes
difficultés, aux mêmes questions, que nous avions le même besoin d’entraide et
de soutien : RIEN. Même de la part des ténors rencontrés lors d’une
soirée mondaine à notre arrivée, rien du tout. Aucun appel, aucune visite au
bureau de Tac, même pas un coup de fil les jours suivants les attentats.
Et surtout pas de mise en
relation avec les autres néo-expatriés : on nous a même répondu que ce
n’était pas le rôle de cette entreprise que de créer ces liens. Je pensais
pourtant qu’il aurait été de leur intérêt même de faciliter l’installation de
leurs expatriés, pour que ces derniers passent moins de temps à régler des
problèmes administratifs et concrets et se consacrent pleinement à leurs
dossiers. Mais non. Chacun se comporte comme
un cow-boy en terrain hostile, on se méfie, on
cloisonne. Et puis, ce n’est pas dans
l’intérêt des petits potentats locaux de voir les gens se parler, et peut-être comparer
certaines choses...
Ces autres néo-expatriés, nous les avons
rencontrés par mon blog, puis par leurs relations. Ce qui a permis de créer
très rapidement des liens, et d'effectivement comparer les fameux packages. Montant des loyers
payés, facilités, salaires, allocations diverses et variées. Et de découvrir
que les grilles n’existent pas, tout change selon le statut (logique), le manager
et son influence (moins logique) et le bon vouloir des gens (cela s’appelle
l’arbitraire). Et bien rapidement les informations se tarissent quand tu
creuses un peu : chacun serre les fesses. On t’explique même que
l’on fera de la rétention d’informations volontaire pour ne pas te choquer
encore plus. Qu’une entreprise privée fonctionne comme ça ne me dérange
aucunement. Que les gens fonctionnent comme cela beaucoup plus (où la Moufette
découvre que les gens pensent avant tout à leur pomme, hinhinhin…).
Alors, toi qui veut t’expatrier et qui t’interroge sur les conditions auxquelles
accepter ce qui reste une modification fondamentale (passionnante, mais
fondamentale) de ta vie professionnelle et quotidienne, un conseil : fais-les raquer le plus possible. Aucun scrupule. Les moyens sont là, rassure-toi, et
surtout ne fais confiance à personne. Contacte dès avant la signature du
contrat des expatriés sur place : renseigne-toi sur les conditions de vie,
vois ce que chacun a obtenu, les fameux petits avantages qui dans un pays comme
l’Inde sont parfois des nécessités. Et après, fais raquer…
Les variables possibles ? L’aide au
loyer, et fais attention que l’on ait tenu compte de ton conjoint (si le PACS
et le concubinage ne sont pas reconnus par la loi locale, tu restes en tant
qu’expatrié du ressort de la loi française : le DRH local ne peut
donc ignorer ton couple) ; la voiture et le chauffeur, le type de voiture,
le salaire ET l’allocation essence (illimitée pour certains, quantifiée pour
d’autres : va savoir pourquoi…) ; l’adhésion à un club ; le
déménagement, les frais d’installation et les frais d’un éventuel garde-meuble
en France ; les frais de scolarité des enfants ; l’aide à la
réinsertion professionnelle de ton conjoint d’autant plus s’il a laissé son
travail derrière lui avec un manque à gagner évident. Tout cela est négociable
et doit être négocié à TON avantage, car de manière générale tu n’es qu’un pion
dans le vaste plateau de jeu de ceux qui t’emploient.
Mais comme très souvent semble-t-il dans le privé en France, pays sous-syndiqué s’il en est, personne ne parle pas de tout cela, personne d’expérience ne donne de conseils sur ce que tu devrais exiger, sur ce à quoi tu devrais faire attention ; on ne se mouille pas et chacun se débrouille, fait ses armes, réussit ou se plante. Chacun pour soi et aucune entraide. Peut-être parce qu’il est plus simple de marcher sur les autres après ? Hinhinhin…
Pour ma part ? Ne m’attendant à rien, j’ai plus que ce dont j’ai jamais osé
rêver. En revanche, cette incapacité à partager, cette conservation jalouse de l’expérience
et des conseils, tant du point de vue de la carrière que de l’installation dans
une ville aussi difficile que Bombay, me laisse très songeuse.
Et qui va passer des heures devant les Sims 3 ?


La Mini-Moufette est une grande fan des Sims. Elle y a joué des heures, et je la soupçonne d'y jouer ENCORE des heures. Pour l'avoir observée et pour avoir participé de temps à autre à ces mises en situation de personnages virtuels, j'ai mis un temps à comprendre puis à adhérer au jeu. Ce qui avait fini par me convaincre, c'était l'aspect drôlatique de certaines situations : mon personnage qui déprime parce que j'ai oublié de changer le bébé, ou bien le vrai voisin qui fait du ramdam et que je harcèle virtuellement avec la musique à fond... Bien sûr, ce qui m'a convaincue, c'était de pouvoir changer à volonté les habits, coupes de cheveux et style général de mes personnages !

Parce que les Sims, c'est un peu ça en partie : faire évoluer des personnages selon différentes possibilités, et voir ce que cela donne virtuellement. Notamment, nous avions recréé notre famille pour essayer de mieux visualiser certaines situations qui nous avaient échappé : le psychodrame et l'aide du jeu pour le dépasser... C'est vieux comme le monde et le théâtre, mais cela fonctionne toujours.
Mais depuis les Sims 1 et 2, que peut-on apporter de plus à ce jeu déjà très complet ? Et bien, et ce sera disponible à partir du 4 juin 2009, les Sims 3 vont s'agrandir véritablement. Géographiquement déjà, l'espace de jeu sera élargi à la ville entière, et il sera également possible d'ajouter de nouvelles fonctionnalités au jeu en se connectant au site ; de plus, les personnages seront encore plus réels dans leurs particularités physiques et mentales, avec des objectifs de vie plus précis et plus réalistes. Et, détail important pour moi, des possibilités encore plus folles seront proposées pour customizer vêtements, intérieur et personnalités de nos Sims. Soixante-quatre traits de personnalité, cela laisse le choix...

Finalement, comme l'indique le site, on pourra désormais faire de son Sims un personnage véritablement unique (et j'ai déjà regardé l'aspect mode, cela me plaît bien...) : je sens que la Mini-Moufette va s'en donner à coeur joie ! Je suis sûre qu'elle savoure déjà les vidéos proposées sur le site :
23 mai 2009
Que faisais-tu ce jour-là ?
Une chose que j'adore : écouter les histoires. Ce que ma mémoire retient parfaitement, c'est ce qui relie chacun aux événements du passé. J'adore ainsi demander à ma grand-mère ce dont (et comment) elle se souvient de telle ou telle chose, la guerre, la LIbération, l'élection de Mitterrand etc. Je ne me suis pas spécialisée en histoire par hasard. Le tag lu chez Manu m'a donc beaucoup intéressée, car j'avais déjà pensé un peu à tout ça. Je vous livre donc mes souvenirs de dates que la postérité a retenues pour les dix dernières années.
9 novembre 1989 : la chute du Mur de Berlin.
J'étais jeune, j'avais neuf ans (au moins, tu connais mon âge maintenant : mais n'oublie pas de diviser, je suis née un 29 février...). Et je m'en souviens parfaitement. J'étais assise devant la télévision et nous regardions avec mon père, en direct si je me souviens bien, le désempierrement progressif du Mur. Ces gens qui pleuraient, qui riaient, qui s'embrassaient. Je me souviens d'une émotion palpable même chez mon père, qui m'avait expliqué que c'était sans aucun doute le plus grand événement de l'histoire récente et que le monde allait devoir en tenir compte. J'y suis allée pour la première fois il y a quelques années, point du tout émue par le "Checkpoint Charlie" mais beaucoup plus par la réappropriation artistique des pans de murs qui sont restés debout, des messages sur un lieu d'émotions pendant presque trente ans.
11 juillet 1998 : la finale de la Coupe du Monde 98
Je m'en souviens parfaitement. En vacances dans le Morbihan, chez un ami d'un ex-petit ami toujours très ami aujourd'hui encore. Seuls devant la télé, à regarder ça du coin de l'oeil et à être happés progressivement par l'émotion (avec un père fan de foot, forcément) mais aussi l'incongruité absolue de la chose tant l'équipe française avait été décriée. J'en suis restée comme deux ronds de flan, non pour la beauté de quoi que ce soit, mais pour l'étonnement créé dans le public et chez moi. J'étais en revanche bien heureuse de ne pas participer à la Grand-Messe des jours suivants. Pardon, des semaines, des mois, des années suivants...
31 août 1997 : la mort de lady Di.
Je ne me souviens pas du jour précis de sa mort, mais en revanche de celui de la cérémonie funéraire. Retransmise en direct sur la télévision française : cela m'avait étonnée, cette énorme commémoration, cette émotion à l'échelle non plus d'une famille, ou même d'un peuple, mais du monde. Il fallait pleurer Lady Di, il fallait en parler. C'est à ce moment-là où j'ai mesuré pour la première fois l'influence réelle sur les consciences de l'image télévisée, et des choix qui sont faits derrière l'écran.
26 décembre 1999 : la tempête du siècle.
Je m'en souviens très bien. J'étais dans mes montagnes et il se s'était rien passé de notable, sauf que le lendemain cela avait été la croix et la bannière pour revenir à Paris. Le réseau ferré était chamboulé, les horaires modifiés et c'est la seule fois où je suis montée dans un TGV sans réservation et sans billet. Personne n'a contrôlé qui que ce soit d'ailleurs, et j'ai passé le trajet sur un strapontin.
31 décembre 1999 : l'arrivée du XXIème siècle.
Cette date n'a aucun sens. Puisque le XXIème siècle a commencé le 31 décembre 2000. Mais bon, c'est pas grave... C'était le passage au chiffre "2" suivi de plein de zéros qui a compté dans l'esprit des gens : le tapage infernal m'avait à nouveau marquée, l'investissement énorme des médias sur ce non-événement. Ce jour-là, j'ai dîné avec deux amis avant d'aller au cinéma. Point.
11 septembre 2001 : les attentats à New York.
Je m'en souviens parfaitement : il était 15h et je regardais d'un oeil un téléfilm de M6 tout en faisant des aller-retours dans la salle de bain pour me faire un henné. La chose posait sur mes cheveux, et je nettoyais les éclaboussures quand j'ai entendu un changement de ton dans les voix venant de la télévision. J'ai regardé et pensé, au premier regard, qu'il s'agissait toujours du téléfilm. Qui était traité de manière très réaliste. Quand j'ai vu que les journalistes étaient français, puis que les mêmes images passaient sur toutes les chaînes. Je crois que je suis restée deux ou trois heures encore, frappée d'étonnement, devant mon poste de télévision. J'ai coupé ensuite, le ronronnement médiatique avait déjà commencé, la mise en scène de la commémoration et de l'émotion n'allait pas tarder. Le lendemain, j'ai acheté Le Monde avec son article "Nous sommes tous Américains" pour pouvoir y réfléchir à nouveau, un jour.
1er janvier 2002 : la première fois que tu as retiré des euros.
Et bien imagine-toi que j'étais en Italie, à Rome pour être précise. Et que j'avais mon petit sachet d'euros pour bien commencer l'année. J'ai sans aucun doute du retirer assez rapidement, tant j'avalais de capuccini et de caffè à la bibliothèque nationale... Héhéhé...
26 décembre 2004 : le tsunami en Asie.
Alors là, je suis passée totalement à côté du jour comme de l'événement. J'étais au Japon et avais bien d'autres choses à faire que m'informer. Je n'ai donc vu les images du tsunami que des mois et des mois plus tard. Il faut dire que dans l'intervalle, j'habitais à Taïwan et préparais un concours : donc j'en ai entendu parler, j'ai inscrit l'information dans ma mémoire mais ai totalement échappé à l'aspect commémorationnel. Ce qui fait qu'aujourd'hui, le tsunami reste pour moi quelque chose de mystérieux et d'inquiétant : je n'ai pas mis de mots ou d'images sur cet événement, n'en ai reçu que des bribes.
2 avril 2005 : la mort de Jean-Paul II.
De nouveau, je ne me souviens pas du jour-même mais de la cérémonie funéraire. Du tralala devrais-je dire. Où des milliers de personnes ont convergé vers Saint-Pierre de Rome. Et les trémolos dans les voix des journalistes, des commentateurs, des passants, des badauds. Quel grand pape, gnagnagna... Et cette rage qui me tenait : oui, bon, cela reste un pape déjà, et en plus, on oublie rapidement les travers qu'il a pu avoir, les énormités qu'il a pu dire et les manipulations auxquelles il a pu recourir. La sanctification m'a agacée dès la première minute je crois...
Ce que je retire de tout ce blabla ?
Que mon mode mémoriel est celui du souvenir télévisé, vecteur principal de l'information alors que je lis beaucoup les journaux. Que l'aspect principal de mon souvenir reste la réception par les autres, et non par moi précisément, de l'annonce de l'événement, et que je retiens surtout la croissance très nette de la mise en scène de l'émotion, de l'utilisation de la commémoration et de sa manipulation par les médias, les politiques et toute autorité. En route vers les années Sarkozy donc...
Tiens, sur mon blog en Rickshaw, je te raconte comment Obiwan a rencontré Darth Maul...







