30 juin 2009
Le multimodal devenu blog.
Aujourd'hui, plein d'informations supra intéressantes (si, je t'assure) dans tous les sens :
-
l'aîné des Mini-Wombats passe ses premières épreuves de brevet (mon
conseil : je lui ai dit de se faire beau, de porter de belles baskets
et de ne pas oublier le gel dans les cheveux ; en toutes circonstances,
être une star...) ;
- une série de concours-éclairs vient de débuter où tu sais : des cadeaux, des surprises, de l'aventure, du rire et peut-être du miam ! Et n'oublie pas, plus tu es rapide...
- demain, une nouvelle rubrique inspirée par Electroménagère. Avec rien d'électroménager dedans mais il sera question de style ;
- et après-demain, le tag de Thècle !
29 juin 2009
Parlons de mon riz-cuiseur... et de concours (encore ?).
Bon, seulement cinq personnes intéressées par de petits concours-éclairs sur mon blog en Rickshaw ? Si personne d'autre ne se manifeste, ce ne sera pas très drôle (le principe ? Une énigme à résoudre le plus vite possible pour gagner un bô cadeau indien tout mignon tout plein...). Allez, allez, on se motive ! Cela pourrait être demain ou après-demain ou après après-demain : un petit commentaire si cela t'intéresse...
De dépit, je vais donc te parler de mon riz-cuiseur. Dont ce n'est pas le vrai nom, mais "auto-cuiseur à riz" ou "cuiseur à riz" ne m'emballent pas du tout.
Sache donc que si j'aime vadrouiller en Asie, si j'habite actuellement en Inde, et bien... je ne mange pas de riz. Enfin, très très très rarement : si j'en ai l'occasion et les moyens, je préfère de loin goûter plein de plats délicieux plutôt que de me rabattre sur le riz, sachant que je le vois comme l'aliment bourratif par excellence (comme le pain et les pommes de terre en Occident). A part quelques rares plats (les biryani/pulao et riz sautés sont plus des assemblages de restes, parfois très bons mais souvent peu originaux (je vais me faire taper dessus, je le sens) ou trop gras, et le riz rond au vinaigre japonais vient jouer à nouveau le rôle du pain), le riz ne m'indique pas grand-chose sur la gastronomie et la culture du pays. Sauf qu'on y a besoin d'un aliment bourratif à moindre coût. Néanmoins, ne te méprend pas : je raffole des galettes, pains, brioches et nouilles à base de farine de riz, dans les soupes notamment, parce que là, cela devient inventif.
En revanche Tac aime manger du riz. Le problème est donc d'en cuisiner alors que l'aliment ne me plaît guère et que je trouve cela profondément ennuyeux comparé à des légumes sautés, des curries, des gratins... Que faire donc pour que le riz soit prêt au moment du repas, à température, sans que cela soit un pensum pour moi d'aller le surveiller en cuisine, de le goûter et, enfin, de l'égoutter ?

La grâce et une grand maîtrise dans ce geste d'un déhanché rare :
mon amie Angela, experte, se sert du riz (non, non, ce n'est pas moi)...
Tadam !!! Le riz-cuiseur ! On en trouve dans toutes les maisons asiatiques dès que la famille peut se le permettre, et vas-y que la machine ronronne. C'est tellement simple que j'en ai des frissons : tu laves la quantité de riz souhaitée, tu la recouvres généreusement d'eau, tu appuies sur le bouton et... voilà. La machine s'arrête toute seule au moment où le riz a absorbé l'eau dont il avait besoin (le reste s'évapore) et conserve le riz chaud pendant quelques heures. Idéal. Oui, je sais, tu arrives à faire pareil avec ton cuivapeur. Mais c'est pas grave...
Si en revanche tu veux t'en acheter un, les supermarchés asiatiques (notamment parisiens) en vendent pour un prix relativement correct.
28 juin 2009
"The Big Bang Theory" : une petite déception.
***Avertissement : j'ai été déçue par cette série, donc si tu comptes la regarder ou que tu es en train de le faire, ne lis pas ce billet, fais-toi ta propre opinion.***
Ayant récupéré les deux saisons de cette série dont j'avais entendu du bien, je me frottais les mains d'aise. Et le résultat n'est malheureusement pas à la hauteur de mes attentes : c'est une série très agréable à regarder, mais cela s'arrête là, et je dirais même que l'on commence à s'ennuyer un peu dès le début de la deuxième saison.
Le principe de The Big Bang Theory est simple : un appartement occupé par deux colocataires, Leonard et Sheldon, visités souvent par leurs deux amis Rajesh et Howard, voient emménager d'un très bon oeil leur nouvelle voisine, Penny. Cela rappelle peut-être Friends ? Je ne sais pas, c'est une série dont je n'ai jamais pu regarder plus de trois minutes, allez savoir pourquoi. En tout cas, tout tourne autour de savoir si l'un de ces quatre nerds typiques (ils sont tous scientifiques de haut niveau) va parvenir à conquérir cette blonde néo-Britney.
Oui, il y a de très bons moments quand on dépasse le troisième épisode (la série met un peu de temps à décoller), mais rapidement le schéma devient simpliste : du côté des personnages ? Elle ne comprend nécessairement rien du tout aux propos de ces petits génies, qui emploient nécessairement de leur côté le jargon scientifique le plus abscons. Il en résulte des blagues à la pelle, des jeux de mots, des quiproquos et des incompréhensions qui sont vraiment très bien vus mais... au bout d'une saison, on a compris le procédé, il n'y a aucun autre ressort comique si ce n'est "ce sont des nerds / c'est une oie". De plus, autre souci, tout ceci est beaucoup trop... écrit. Très bavard, très "j'ai-fait-une-liste-de-bons-mots".
Côté personnages, même réflexion : ils sont bien trouvés et attachants, mais rapidement, on se lasse de les voir tourner en rond. Car aucun évolution n'est prévue pour eux au long de ces deux saisons. Leonard est amoureux de Penny, est brillant mais n'est pas non plus un génie et il est le seul des quatre amis à avoir un comportement relativement normal. Même si son amour des "nerderies" lui pose souvent problème. La seule surprise le concernant ? Sa mère, que l'on ne voit qu'un épisode ; et à la réflexion... son comportement est tellement attendu, finalement ! Quant à Sheldon, le génie de la bande, il est enfermé dans un système de règles inaltérables ce qui fait de lui un handicapé complet des relations humaines. Même chose, sa mère est son antithèse complète. Rajesh, l'Indien muet en présence de femmes, très souvent mis de côté joue sur son exotisme mais c'est un personnage support, point final. Quant à Howard, l'adolescent attardé juif vivant chez sa mère et obsédé par les femmes, il se révèle plus complexe mais reste aussi un faire-valoir pour Leonard et Sheldon. Quant à Penny, elle représente l'élément humain dans cette bande de scientifiques, qui leur apprend les rudiments de l'amitié et de l'amour. Mais sincèrement, du première épisode de la première saison au dernier de la seconde saison, il ne se passe... rien.
Un big bang divertissant mais qui ne va pas plus loin.
27 juin 2009
Correspondances numériques.
Pas d'inquiétude, je ne parlerai pas de Baudelaire (il s'en est fallu de peu vu le titre). J'adore établir des correspondances entre les différentes langues que j'apprends. Certaines sont évidentes, le do hindi et le deux/dois/dos/due des langues romanes. D'autres concernent la manière de penser : accoler deux concepts pour en former un troisième plutôt que de créer un mot nouveau, typique des combinaisons allemandes et gréco-latines (télé/phoner : loin+voix) mais aussi du chinois (电脑, dian nao, le cerveau et l'électricité qui forment le concept... et oui, d'ordinateur !). Des conceptions grammaticales aussi, l'ajout d'une désinence (créole) ou d'un mot (chinois) pour spécifier le temps, bien loin de l'arsenal des conjugaisons fastidieuses à apprendre (langues romanes).
Ces petits jeux m'amusent bien. Jusqu'au moment où je suis interloquée devant les correspondances qui me sautent aux yeux sans que j'aie rien demandé : bien sûr, j'ai entendu et rabâché moi-même à mes pauvres élèves l'idée que les chiffres arabes viennent des chiffres indiens. Et quand tu regardes les deux séries, tu vois la filiation. Ou pas. [Chiffres devenanagari - romains - arabes.]
० १ २ ३ ४ ५ ६ ७ ८ ९
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
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Mais ce qui m'a réellement le plus étonnée, c'est quand nous sommes allés à Oman : en cherchant une adresse, je me suis rendue compte que le chiffre 8 en arabe "oriental" (۸) avait du commun avec le chiffre huit en hébreu, ce qui n'est pas très étonnant vue l'origine des deux langues (groupe sémitique oriental). Mais cela correspond surtout presque exactement au chiffre huit en chinois. Et là, c'est plus fou. Bien sûr, cela doit s'expliquer par les routes commerciales antiques.
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1 2 3
4 5 6
7 8 9
10 50
100
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1 2 3
4 5 6
7 8 9
10 50
100
C'est à ce moment-là que j'ai vu les chiffres en népalais. J'ai adoré (les 2,3,4 et 6 clairement affiliés à l'hindi, et le 8 et le 9 tout simplement fabuleux)...
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0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Oui, bon, on s'amuse comme on peut. C'est juste que je n'ai pas acheté de chaussures depuis si longtemps !
Sur mon blog en Rickshaw, je parle à nouveau de Biquette, la chèvre...
26 juin 2009
Parfois... (Un concours inside ?)
Parfois, tout à coup, tu as envie de certaines saveurs. Moi, très souvent, j'ai envie de frites (j'en mange très rarement) aux endroits et aux moments les plus inadéquats (du genre, au fin fond de la jungle par 40°). Mais là, avec la mousson la Moufette a perdu presque 10° (il ne fait "que" 26° aujourd'hui), je me laisserais donc bien tenter par un petit quelque chose de réconfortant. Par exemple :

Oui, tu as bien lu "Tartiflette géante de 1kg par personne".
C'est le "Resto Pirate" de Lyon qui propose ça...
Mais bon, tout ça n'a rien à voir avec de la gourmandise : il me faut des forces car oui, je crois que je suis presque décidée à passer sous Wordpress avec mon nom de domaine et mon hébergeur, mes photos de voyage (et des idées) et bien évidemment des recettes de cuisine. Faut juste passer le cap du "vais-je trouver un thème suffisamment britneysien pour moi ???". Pas facile. TOUS VOS CONSEILS, idées, suggestions seront les bienvenus : le but ? Réunir mes deux blogs sur une seule plateforme pour être plus lisible pour toi, lecteur fébrile mais fidèle. Et en même temps, trouver un hébergeur me proposant plusieurs solutions, notamment la possibilité de créer un site marchand (pas le blog, un autre site). J't'expliquerai un de ces quatre.
Bon, sinon, est-ce que ça te dirait des petits concours-éclairs de derrière les fagots la semaine prochaine, sur mon blog en Rickshaw ? Du genre, comme la dernière fois, de petites énigmes dont il faut trouver le plus vite possible la réponse ? J'ai des petites choses sympathiques à te faire gagner. Bon, si ça te dit, fais-le moi savoir en commentaire. Disons qu'il faut que vous soyez plus de... dix. Sinon, ce ne sera pas drôle... Tu peux rameuter des amis, bien sûr... [Ceci n'est aucunement du chantage. Point du tout.]
25 juin 2009
De quelques réflexions.
!!! Annonce préalable !!!
Une interview de ta Moufette préférée chez Thècle
(et tu peux voir aussi comment ça se passe à la manière chilienne ou à Singapour !
Réflexion 1. Du futile qui se veut profond.
Parfois, tu es touché sans comprendre pourquoi. Michael Jackson est mort cette nuit, c'est la première information que m'a annoncé mon écran d'ordinateur quand je me suis assise à mon bureau.
Choc.
Ben non. N'importe quoi. C'est pas possible.
Et pourtant, je n'étais pas fan. J'ai acheté un disque de lui, étant plus jeune, et voilà. Rien d'autre. Et dès que les journaux people, potins, mondains, dès que les fanzines, dès que des reportages et documentaires parlaient de lui, je tournais la page, coupais le son, changeais de chaîne. Ses démêlés avec la justice comme avec les siens, ses ratages et ses retours ? La personne m'indifférait totalement et je ne l'aurais sûrement pas appelé le "roi de la pop" dans mon panthéon personnel.
Mais... il est des icônes qui marquent, même ceux qui les fuient. Bizarre.
David B., tiens bon encore, s'il-te-plaît.
Réflexion 2. Du profond qui se veut futile.
Parlons habillage. Il est important pour un blog, pour un site voire peut-être même pour un journal qui fut sérieux à une époque révolue de prêter un tant soit peu d'attention à son apparence. Non que l'habit fasse le moine, mais il y a des petites touches de mauvais goût qui déparent la plus construite des réflexions intellectuelles.
C'était encore le cas ce matin dans Le Monde. Bien sûr, il y avait eu ce précédent : une dépêche AFP relatant une affaire de professeur agressé par ses élèves de collège et cet encart publicitaire, clamant "Elle prend ses élèves en otage" pour promouvoir La Journée de la Jupe. Fin. Bien vu. Bonne coordination.
Et ce matin ? Et bien, toujours en finesse :
Oui, tu as bien vu. Je chipote, je chipote mais il y a quelque chose d'indécent à mettre un encart publicitaire pour une compagnie aérienne alors que l'article évoque les expulsions par le même mode de transport. Et je suis certaine qu'il est possible de faire en sorte que ce genre de coïncidence arrive moins souvent... A se demander si ce n'est pas volontaire.
Sur mon blog en Rickshaw, j'adapte la loi de Murphy à l'Inde...
24 juin 2009
"Harvey Milk" : pour la cause.
Me voici confrontée à un dilemme : Harvey Milk est un très bon film, il faut le voir et en même temps, j'ai une petite hésitation car à l'exception de l'excellente prestation de Sean Penn, c'est un film attendu dans l'ensemble. Je m'explique : Harvey Milk est moins bon que ce à quoi je m'attendais et en même temps meilleur sur certains aspects. Et il participe de ce genre de films où je suis quasi certaine d'avance d'adhérer au discours et à ce que représente le personnage principal. Pour ma part en tout cas. En revanche, si tu as des interrogations quant aux droits des homosexuels, en quelque matière que ce soit, voir ce film peut clarifier certaines choses...
Gus Van Sant narre donc la vie de Harvey Milk, devenu homme politique, ouvertement homosexuel et élu superviseur au conseil municipal de San Francisco. Il est assassiné en 1978 par un collègue, ce qui est annoncé dès le début du film rythmé par l'enregistrement laissé par Harvey Milk en prévision d'un éventuel assassinat. Tout est très finement expliqué, sans manichéisme, sans outrance : la lutte des homosexuels pour la reconnaissance de leurs droits civiques, la lutte contre une bien-pensance inepte, odieuse et nauséabonde (avec des personnages et le quartier du Castro que l'on retrouve dans Les Chroniques de San Francisco), ses relations, les stratégies mises en place de part et d'autre pour discréditer ou renforcer la cause des homosexuels.
Et bizarrement, c'est presque trop facile : un personnage marginalisé qui prend les choses en main, décidé à se battre et qui, contre toute attente, réussit et change l'histoire, et qui est assassiné ? Devant un tel destin, on est admiratif et recueilli, mais le film qui en découle est nécessairement un peu trop linéaire et attendu (je sais, c'est idiot : c'est comme d'aller voir Gandhi et de dire "mouais, c'est pas super original...") ! Alors même que Sean Penn campe, toujours en finesse, un personnage attachant, ni trop caricatural ni trop fin de siècle (on est bien dans les années 1970).
A voir donc, même s'il y a ce petit "mais" qui perdure.
Sur mon blog en Rickshaw, je te parle de bijoux indiens !
23 juin 2009
Où je découvre que l'antisarkozysme primaire est un humanisme.
Dites-moi si j'ai bien suivi : l'Omnicolas a fait un magnifique discours de politique générale où il insistait sur. Mais il insistait beaucoup heureusement. Et il pointait du doigt que. Parce que c'est très important pour l'avenir de la France, de l'Europe, du Moooooonde.
Pendant ce temps-là, les députés de l'opposition sont allés faire le tour du propriétaire. Et ont juré de. Se sont promis de ne pas. Et ont vraiment bien fait, j'en suis sûre.
Quant aux journaux, ils ont fait un excellent résumé de tout ce qui a été dit et débattu. Avec beaucoup de profondeur, de mise en perspective et, surtout, de conviction et de pugnacité. Pugnacité, oui. C'est grâce à eux d'ailleurs que je peux faire cette synthèse si complète.
Ce que j'en retiens ce matin ? C'est que l'antisarkozysme primaire est un humanisme. Parce qu'il émane d'une méfiance première quant à la capacité de Nicolas Sarkozy de gérer les pouvoirs politiques français selon un principe de séparation, d'indépendance et de justesse. Parce qu'il découle d'une inquiétude légitime et essentielle quant à la liberté et l'indépendance des médias français. Parce qu'enfin il met en avant la nécessité de répondre aux questions de fond qui traversent ce pays, sa vie politique, son économie, sa culture, son intégration européenne et sa conception des relations internationales, bien avant les éléments démagogique médiatisables à outrance.
Autant de masques. Il serait temps que certains lèvent le niqab et cessent de se voiler la face... j'y reviendrai...
22 juin 2009
Où j'envoie balader... une vieille dame.
Et oui, même les plus exceptionnelles Moufettew ont leur moment de faiblesse. Ou de force, allez savoir : le courage soudain de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ? Certes... Sauf que je l'ai crié vraiment fort et je ne suis pas sûre que qui que ce soit ait pensé mes propos tout bas...
Voici l'histoire. [Cette histoire a d'ailleurs une version indienne, si ça te dit : ou comment déterminer si la Moufette tire un enseignement de ses erreurs ou non...]
La Moufette allait son train gambadant, descendant tranquillement la rue Racine vers le boulevard Saint-Michel. Si tu ne connais pas cette rue, en voici une description réaliste : les trottoirs y ont la taille d'une Moufette et demi quand tu regardes la Moufette en largeur. Voilà. Mais ne font la taille que d'une Moufette un quart si tu comptes les excroissances très régulières qu'y font les rétroviseurs des voitures garées là.
Voici que se présente devant la Moufette une septuagénaire (à peu près) au regard revêche et à la posture combative. La Moufette s'efface à demi, pour la laisser passer tout en continuant à sautiller légèrement vers son but ultime (acheter des livres, boire un café, manger une crêpe chocolat-banane-caramel-sucre-salidou-chantilly, un truc léger donc ? Je ne sais plus).
Je me décale donc vers le mur quand la revêche, pour mieux tailler son chemin, lance son coude dans ma poitrine. Tu imagines la douleur. Et c'est évidemment la douleur qui m'a hoqueter un "Hé !!!", auquel elle n'a pas daigné répondre ou murmurer une excuse. A court de mots et éprouvant encore des élancements, je n'ai pu que lui adresser un sonore "Sale vieille !". Que tout le monde jusqu'au jardin du Luxembourg et à la Sorbonne a entendu, j'en suis sûre.
Oui, nan mais parce que quand même, ça fait mal ! Et je suis sûre que je ne suis pas la seule à avoir eu ce genre d'aventures...
21 juin 2009
"Le Ventre de Paris" d'Emile Zola : une si contemporaine opulence...
Etonnant de se replonger à des milliers de kilomètres de là dans les
Halles naissantes de Paris. Il y a encore quelques tomes des
Rougon-Macquart que je n'ai pas lus, et bizarrement Le Ventre de Paris en faisait partie...
A travers le retour clandestin de Florent Quenu,
beau-frère de Lisa Macquart, le lecteur plonge dans cette antre
métallique de la nourriture, qui alimente Paris et le tout-Paris,
peinture haute en couleur pleine des détails nécessaires à cette
découverte réaliste d'un monde grouillant d'appétits, d'odeurs, de couleurs et de hoquets. Fromages, légumes, poissons,
beurres, étals de charcuteries et de fruits, l'opulence dégouline des
présentoirs, des bouches aussi pour rouler aux pieds de ceux qui n'ont
rien. La fête impériale bat son plein, c'est la lutte traditionnelle
des Gras contre les Maigres qui s'étale, de Carême et de Carnaval, de
l'enbompoint "honnête" et
bourgeois contre la maigreur maladive, rongée d'un feu de
l'intérieur.
Situé en amont dans la série des Rougon-Macquart, la fêlure originelle d'Adélaïde Fouque (La
Fortune des Rougon)
en est encore dans Le Ventre de Paris à ses prémisses et ne se donne à
voir que discrètement : le besoin quasi maladif de confort bourgeois et
de propreté nette, magnifié en la petite Pauline Quenu et dans la charcuterie de ses parents.
Comme toujours avec les auteurs du XIXème siècle me
semble-t-il, c'est en gagnant soi-même en maturité que l'on perçoit la
profondeur de leur propos. L'évidente actualité de Zola, la capacité de
ses analyses à traverser le temps pour trouver encore plus de
pertinence dans le monde contemporain est étonnante ; l'opulence qui
étouffe les faibles, la surconsommation et le gâchis, la nécessité de
faire taire les Maigres car s'ils ternissent la fête, leurs plaintes
rappellent de plus à quel point les inégalités sont fondées sur des
hasards... Et je t'assure que cette acuité du regard zolien se ressent
d'autant plus quand tu vois chaque jour l'opulence indienne tonitruante
qui prend pied sur la misère du plus grand nombre. Il y a vraiment
de quoi réécrire les Rougon-Macquart, ici...
On voit aussi les commentaires, les essais et les
analyses de l'oeuvre d'Emile Zola d'un autre oeil. Et je me souviens de mon professeur
de khâgne nous disant qu'il s'agissait de romans de gare... Certes, le
style est parfois redondant, alourdi par la volonté de trop préciser,
tare du naturalisme, mais quelle capacité à créer le besoin chez le
lecteur de continuer plus avant, quelle capacité d'évocation surtout !
Que tu ressens d'autant mieux quand tu n'as pas à portée de main des
livarots, des pâtés de foie ou des corbeilles de guimauve...
Sur mon blog en Rickshaw, je te parle du film Outsourced, d'une nouvelle espèce (le poisson-rickshaw...) et même de biquettes !









