Buffy_contre_les_Vampires              Ahhhh, cette série. Cela doit être mon côté britneysien qui ressortait déjà : je la connais presque par coeur. A l'exception des deux dernières saisons que j'ai trouvées ratées, sans queue ni tête, et mal ficelées, j'ai vu et revu les premières saisons avec beaucoup de plaisir en sachant pertinnement qu'au premier degré cette série est LA série pour ados par excellence. Mais en fait, pas tant que ça...

             Quoi que c'est : une adolescente, Buffy Summers (et avec un nom comme ça, ai-je besoin de préciser qu'elle est blonde) découvre qu'elle est la Tueuse, héros féminin doté de capacités de combat étonnantes destiné à protéger le monde des bestioles méchantes (l'actrice qui l'interprète est Sarah Michelle Gellar). Par bestioles j'entends les vampires, goules et autres monstres bizarres. La ville où elle habite ayant été construite sur les Bouches de l'Enfer, elle a du boulot. Elle est donc entourée d'amis tout ce qu'il y a de plus normaux, Alex et Willow (qui s'avèrera finalement très sorcière), et un Observateur, l'excellent Rupert Giles (Anthony Stewart Head). Gravitent ensuite autour de ce groupe une foule de personnages secondaires récurrents (Angel, le petit-ami vampire, Cordelia, la magnifique insupportable, Spyke surtout, vampire méchant puis gentil puis qui sauve le monde et autres petits amis qui s'avèrent être des monstres mais contenus ; la soeur de Buffy fait son apparition, Dawn, et là, tout part à vau-l'au).

              Quant au générique, il entre parfaitement dans la catégorie des génériques pour ados : les personnages principaux sont présentés successivement sur une sélection des "meilleures" scènes, visant à faire comprendre rapidement le concept de base de la série (oui : elle tue des vampires...). Mais la musique... Un truc à pogoter grave, comme dirait Daydreamer. Une succession de riffs, de "iiiiiiiiiiiouw" acides et tonitruants, de "bang bang" qui se succèdent et te mettent la pêche rien qu'en les écoutant : cela intrigure, cela amuse et... l'on se laisse finalement prendre au jeu.

               Et pourquoi cette série m'a-t-elle tant plu ? Me plaît-elle toujours d'ailleurs ? Et bien, j'ai regardé un épisode à nouveau et oui, j'adore. Cet épisode s'intitule "Une Silence de Mort" ("Hush", saison 4, épisode 10) et représente à lui seul ce qu'est devenu la série à partir de la deuxième saison : le portrait d'une vie étriquée dans une ville de banlieue californienne, où des ados s'ennuient et se trouvent des occupations. Martin Winkler a expliqué cela comme la métaphore d'une jeunesse face aux "démons de la vie" (Martin Winckler, "Les écrans du mépris", Le Monde Diplomatique, mars 2004) tandis que de son côté, le créateur de la série, Joss Whedon, voulait mettre en scène un pouvoir féminin blond positif. Et je ne rigole pas : que la fille qui se fait toujours dévorer, tuer, écharper dans les films d'horreur, la blonde de service, soit enfin celle par qui le salut arrive...

                 Beaucoup d'humour, de vannes, dans des situations adolescentes certes mais teintées à la fois de vérité et d'ironie ; un second degré inattendu où Buffy se moque d'elle-même, les autres aussi d'ailleurs, de ce pouvoir de changer les choses. Et c'est ce second degré qui m'a réellement plu. Il disparaît des deux dernières saisons, au moment où Buffy se sent à nouveau investie d'une "vraie" mission : c'est dommage, et la seule réapparition de cette verve au second degré est pour l'épisode final...

*** SPOILER SPOILER SPOILER***

... quand Spyke, le méchant gentil cynique vampire vient de se sacrifier pour sauver le monde et que la ville entière a laissé la place à un trou béant, un des personnages dit "Mince... Où va-t-on aller faire du shopping maintenant ?". Voilà. C'est du Britney, j'adore.