01 juillet 2008
Miam-miam : où manger à Shanghai (Part Seven).
Et pour finir sur Shanghai, voici quelques petites grignoteries... Et quand c'est aussi clair que ça, cela donne envie !
Première chose, je n'ai eu qu'une occasion d'aller dans un des restaurants réputés de la ville : la scène gastronomique étant onéreuse et branchouille, ce n'est pas super drôle d'y aller seule tester des milliers de plats. En revanche, avec un collègue de Tac, j'ai pu me régaler de spéciali
tés du Shandong, notamment un délicieux agneaux au sésame et au piment... Autre élément du prépondérant du paysage gastronomique de Shanghai : les chaînes de
restauration rapide, américaines comme les multiples KFC, MacDonald's
ou Pizza Hut, japonaises comme Ajisen Ramen ou une autre chaîne
spécialisée dans le bar à sushis, ou des restaurants coréens de fondues
(hotpot : on trempe des tranches de
viande et des légumes crus
dans un bouillon bouillant). Egalement, comme partout dans le monde,
des dizaines de petits espaces italo-internationaux qui font subir à la
cuisine italienne les derniers outrages... On trouve le plus souvent
toutes ces chaînes sur les grandes avenues et dans les shopping malls, même si on y voit
de plus en plus de restaurants chinois avec nappe, fleurs et objets
typiques factices (toujours les mêmes d'ailleurs... Hinhinhin, je suis un
diablotin !). Pour moi, donc, priorité aux stands de rue.
Règle importante : si vous voulez bien manger en Chine, vous devez absolument éviter trois choses. Les restaurants chinois pour touristes (reconnaissables à leur carte en anglais placardée partout, aux nombreux Occidentaux présents dans la salle, avec cuisine insipide et de mauvaise qualité), les restaurants de guesthouses et d'hôtels (donc pour touristes : vous y trouverez une cuisine internationale chère et fade) et les chaînes, bien agréables pour changer des plats chinois, mais n'y passez pas non plus tous vos repas, ce serait vraiment dommage.
Ici, on vend du zenzoo, un thé au lait aux billes de tapioca, des galettes emplies de vermicelles de riz aux légumes, ou encore des galettes de blé.
Où donc trouver des délices culinaires en Chine, ou en Asie de manière générale ? Partout. Dans toutes les avenues, rues et ruelles. Et encore plus dans les food street, consacrées à des dizaines de stands de spécialités de la région et d'autres régions chinoises. Vous me direz "oui, mais quand on ne parle pas et qu'on ne lit pas chinois, ce n'est pas facile...". C'est faux : vous regardez, vous reniflez, vous décelez l'endroit qui a du succès et celui qui n'en a pas, et vous montrez du doigt. Et comme n'importe quel snack vous coûtera 2 yuans maximum (0,20€) ou une soupe 10 yuans (1€), si cela ne vous plaît pas, ce n'est pas très grave. De plus, tous les Chinois n'aiment pas manger épicé : donc, vous trouverez toujours du piment à côté de votre plat, et pas dedans. Enfin, croyez-moi : parler chinois n'avance pas vraiment à grand-chose, puisque le nom des plats est très souvent alambiqué et n'a rien à voir avec son contenu...
Dans les supérettes, des "oeufs au bouillon de thé" (délicieux, mais ce ne sont pas les oeufs de cent ans !) ; dans les rues, les fameux roubaozi, brioche cuite à la vapeur et fourré de légumes ou de ragoût de viande.
Des brochettes en pagaille, les meilleurs étant celles de ces jeunes Ouïghours ; des boulettes de pâte au poulpe, recouvertes d'algues, de mayonnaise et de ketchup...
Le top du top : des galettes pékinoises, pâte au sésame ou aux légumes, revenue dans l'huile (un délice absolu) ; le régal des Chinois : les pattes de poulet (j'ai essayé : il n'y a pas grand-chose à manger...) ; raviolis fourrés au riz gluant.
Concernant Shanghai, certaines food street ont disparu tout bonnement :
sans doute m'attendais-je à de grands marchés de nuits où chaque place
est prise par un étal de brochettes, des woks et des friandises ;étranges. Mais les choses sont plus institutionnelles ici : on mange dans de
petits boui-bouis et seuls les paniers vapeur ou le barbecue sont à l'extérieur, pas les tables. L'occidentalisation des moeurs culinaires a un avantage pour nous Français et Européens, la multiplication des petites boulangeries. A l'américaine bien sûr, mais des
boulangeries tout de même : tout est brioché et sucré, fourré
indifféremment au thon, au porc, au taro ou au chocolat... Cela
permet en tout cas de retrouver de temps en temps certaines saveurs et consistances proches de nos
habitudes. En revanche, on trouve partout (et il y a même une chaîne spécialisée !) des "tartes portugaises" à l'oeuf, que j'adore...

J'ai d'ailleurs retrouvé très vite certaines habitudes prises à Taïwan il y a cinq ans et l'année dernière en Chine (c'est fou comme ça va vite !) : on commence la journée avec une petite brique de lait, un pot de thé et une balade dans la rue qui se clôt par un roubaozi au porc ou une crêpe à l'oeuf (oui, je suis comme ça, dès le matin). Puis, après 120 000 km, une soupe de pâte le midi avec légumes et viande, servie dans un sac plastique à emporter dans la rue ou servie dans un boui-boui...
L'après-midi, une nouvelle petite pause dans un Starbucks Coffee, un Dante Coffee ou tout autre endroit climatisé, relax et surtout CALME (pénurie de calme et de silence en Chine...) à siroter un caffè latte. Puis, vers 18h ou 19h (on mange très tôt en Chine), un autre petit boui-boui où je prends plusieurs plats, un de légumes (genre lys d'eau ou chou) à l'eau ou à la vapeur dans une sauce à l'ail et pimentée, puis des raviolis et un plat de viande sautée à la sauce de soja par exemple. Et cela se conclut évidemment par une barre de chocolat Dove (la seule marque délicieuse que l'on trouve en Chine) dans la chambre d'hôtel en bouquinant et en buvant des litres de tisane à de quelconques fleurs (franchement, mon vocabulaire botanique n'a pas progressé). De temps en temps, on profite des étals de légumes et de fruits un peu partout pour regarder, goûter et savourer...
De délicieux mangoustans, des fleurs de lotus pour en déguster les graines oudes aubergines asiatiques.
Du crapaud, du serpent ou de la tortue...
16 juin 2008
Le footisme est-il un humanisme ? En tout cas, il n'empêche pas les grignoteries...
Résumé du meilleur des épisodes récents :
1) Turquie-République tchèque : un remplaçant sur le banc de touche se prend un carton jaune... Ben oui, c'est ça le foot : non seulement, il n'a pas le droit de jouer, mais en plus il se fait tancer vertement s'il est debout et non assis sur le banc. Attention, le foot, ça n'est pas un jeu !
2) Turquie-République tchèque toujours : deux minutes avant la fin, le gardien turc se prend un carton rouge et est donc expulsé. Il a zidanisé un adversaire tchèque en pensant que personne ne le verrait (juste 200 000 spectateurs, 30 caméras et 5 millions de téléspectateurs...). Résultat : la Turquie a fini le match à dix, sans gardien, avec un joueur comme remplaçant... Question : a-t-il le droit d'utiliser ses mains pour bloquer le ballon ? Cela n'est même pas sûr...
3) Allemagne-Autriche : grandiose, à la 35ème minute se font expulser par l'arbitre l'entraîneur allemand ET l'entraîneur autrichien. Ils n'étaient pas très sages. Ils ont fini loin de leurs joueurs, dans la tribune officielle.
Conclusion : le foot, c'est du n'importe quoi...
******** Avertissement : la suite n'est pas à mettre sous tous les yeux. ********
En passant, comme ça, pour se préparer moralement au match de demain soir, France-Italie...
La fameuse tarte aux pralines de Lyon, sucrée, sucrée, sucrée, je ne vous dis que ça...
Quelques douceurs chez Ladurée (75, avenue des Champs-Elysées, Paris VIII) :
un fraisier, un opéra et un macaron à la rose et à la framboise... Le top !
Au "Little Trendy", restaurant italien (7, rue de Boulainvilliers, Paris XVI) :
"panna cotta" aux fruits rouges et crumble aux pomme avec son coulis.
Légers et délicieux !
Être armé pour faire de la pâtisserie maison et arriver...
au bas du début du petit doigt de pied de la cheville des pâtissiers précédents !
06 juin 2008
"Les Diamantaires", restaurant arménien (Paris, IXème).
Poussés par trois bonnes raisons (l'anniversaire de notre rencontre il y a six ans, la curiosité et la faim), nous sommes allés dîner au restaurant "Les Diamantaires" (60, rue La Fayette, 75009 ; tél. : 01-47-70-78-14), que notre petit guide habituel nous avait présenté comme le lieu idéal (fondé en 1929 tout de même !) pour découvrir la gastronomie arménienne...
Le cadre est plutôt agréable, un décor assez rétro et simple, murs peints en rouge et mobilier en bois sombre, glaces aux murs. Un grand bar, de petits recoins intimes et une salle en bas pour une plus grande assemblée : atmosphère conviviale et discrète donc, très agréable pour un dîner en tête-à-tête ou une soirée entre amis. Le service est extrêmement cordial, et je dois le dire, les serveurs sont tout à fait charmants : grand sourire, yeux pétillants et grande amabilité : toutefois, ils ont disparu à la fin du repas et nous avons eu une certaine difficulté à en attraper un pour lui proposer que nous payions...
Cependant, la nourriture a été un peu décevante : il faut dire que "Les Diamantaires", annoncé comme arménien, propose en réalité de la gastronomie gréco-arménienne ; et ça n'est déjà plus la même chose, même s'il est certain que dans cette région aux confins de l'Europe et de l'Asie mineure, les plats se ressemblent beaucoup, entre les gastronomies turque, grecque et arménienne (bien évidemment, je ne rapprocherai pas trop la turque et l'arménienne, cela fait toujours mauvais effet...). De plus, il y avait un problème d'approvisionnement, ce jour-là j''espère, puisqu'une des spécialités que nous avions commandée (le Sou Beurei, des lasagnes fourrées au fromage de brebis ou aux épinards et dorées au four : sluuuuuuuuuurp !!!) n'étaient plus disponibles, et le plat à base de veau que j'attendais m'a finalement été proposé avec de l'agneau tout comme les brochettes de boeuf attendues par une cliente voisine de notre table. Attendez-vous donc à devoir reconsidérer la carte...
L'entrée s'est avancée vers nous (tadaaaam !) sous la forme d'une assiette de mezze (houmous
,
tarama, feuilles de vigne, champignons, fèves et caviar d'aubergines) accompagnés d'une pita moelleuse et chaude. Correcte mais sans plus, je l'avoue, et pas très copieuse pour le prix... En revanche, il y avait deux minuscule tranches de pasterma, un saucisson de boeuf arménien conservé dans une pâte de cumin : très savoureux et parfumé. Nous aviosn également des moules froides farcies de riz, pignons et raisins secs ; pas mal, mais cela manquait un peu de finesse et d'épices, de la cannelle par exemple.
La suite est venue avec un kokinisto délicieux, cuisiné avec de l'agneau (car il n'y avait plus de veau, souvenez-vous !) et une sauce faite de tomates, oignons, carottes et céleri, relevée par du poivre. Tac s'est régalé d'une très bonne moussaka aux aubergines, riche mais pas trop grasse. Pas de dessert, c'est rare me direz-vous pour une moufette...
Enfin, concernant les prix, ils sont assez élevés et nous avons trouvé que cela n'était pas justifié : il faut en effet compter 8 à 14€ pour les entrées, de 15 à 24€ pour les poissons et de 12 à 22€ pour les grillades. Et dans cette fourchette de prix, attendez-vous à ce que votre plat soit plutôt dans la moyenne haute...
Si le restaurant "Les Diamantaires" offre un cadre et un service très agréables, il ne propose pas suffisamment de plats originaux, typiquement arméniens, ou bien ne les a pas prévu en quantité suffisante pour que toute la clientèle en profite ce qui est fort dommage...
03 juin 2008
Parlons de miam-miam !
Je pense que Persil, comme vous tous d'ailleurs, s'est inquiétée de ne plus m'entendre parler de nourriture. C'est vrai, cela fait trop longtemps ! Donc me voilà avec une chaîne "Gastronomie" où je vous raconte tous les petits secrets de mon intimité culinaire.
Un aliment que je n'aime pas du tout : pas facile, vous devez vous en doutez car je goûte à tout, apprécie à peu près tout ; et quand je trouve que cela n'a pas d'intérêt gustatif, ce n'est pas pour autant que je déteste... Mais en cherchant bien, il y UNE chose qui me révulse absolument. Rien qu'à l'odeur quand cela cuit, rien que d'en parler... yeurrrrrrrrrkkkk, brrrrrrrrrr, beuaaaaaaah... J'ai nommé (musique sépulcrale) les côtes de blettes. Heureusement, c'est rare d'en trouver sur nos tables !
Mes 3 aliments favoris : le chocolat sous toutes ses formes. A été constatée une très nette dépendance chez le sujet. Le fromage quel qu'il soit (reblochon, raclette, maroilles, camembert, fourme, cabécou, comté, gruyère, brie ; et chez nos voisins gorgonzola, manchego, stilton, jeune gouda, maasdam...). Ont été constatées de graves phases de manque, à résoudre un jour par une cure de désintoxication. La viande sous toutes ses formes (braisée, grillée, rôtie, crue et en sauce), notamment le mouton, l'agneau, le boeuf et le cheval. Je sais, je suis un monstre.
Ma recette favorite : le palak paneer. La découverte (enfin ! Hein, môman !)
d'une manière acceptable de cuisiner les épinards (un légume que je n'ai jamais tellement apprécié) : recette indienne où les épinards sont cuits en curry, avec de la purée de tomates et nombre d'épices, puis des cubes de fromages sont intégrés au plat. Si tu es puriste, tu mets du paneer, un fromage indien proche du tofu, assez dense et homogène ; si tu es fou ou que tu as besoin de calories ou que tu désespères d'un truc fondant, moelleux et salé dans la bouche qui te ravira les sens, tu mets tout bêtement de la Vache qui se fend la poire. Et là, tu te tapes un trip de tous les diables sur ton canapé, et tu peux même voir des lapins sacrés gambader dans les nuages (d'où : à déguster seul de préférence...). La recette made in India pour toi, cher lecteur :
Ma boisson de prédilection
: franchement, ça n'est pas facile !!! Mais il est vrai que pas un jour ne se passe sans un grand mugg de lait et sans tisane réglisse-menthe. Mais ça, c'est évidemment à la maison et l'après-midi. En revanche, le matin ou quand je sors, c'est plutôt du Coca Light. A l'étranger, le licuado (mélange de jus de fruits et de lait) ou un Lemon Juice (de l'eau très fraîche au sirop de citron pas trop sucré). Et côté alcool, une bonne bière (je n'apprécie pas trop les bières blondes ordinaires) brune, rousse ou blanche, et le mojito...
Le plat que je rêve de réaliser mais que je n'ai toujours pas fait : côté dessert, un truc avec de la pâte feuilletée genre un millefeuille. Miaaaam... Ou des macarons : je n'en ai jamais fait ! Je suis la honte de Boboland, j'en ai bien conscience. Côté plat de résistance, c'est très ridicule mais j'aimerais bien un jour réussir enfin le boeuf bourguignon : je suis incapable d'obtenir une viande moelleuse, le feu doit être trop fort. De même pour les meringues d'ailleurs, elles ne sont jamais comme je les aime (moelleuses et collantes à l'intérieur, craquantes à l'extérieur).
Mais c'est que ça donne faim tout ça !!!
Je renvoie la balle, s'ils le veulent bien, à Princesse Varda, Flannie et David.
23 mai 2008
Cocktails cubains.
Parlons de choses sérieuses, parlons boissons cubaines, donc cocktails.
Car les jus de fruits frais sont inexistants, ce qui m'a fort décontenancée (ouinnnnnnnn, je voulais un licuado : subtil mélange de jus de fruits et de lait, que le "Danao" c'est de la gnognote par rapport...) et ceux en brique sont les mêmes qu'en Europe.
Pour ma part, j'aime l'alcool mais je n'aime pas boire (pratique, logique et facile à expliquer dans une soirée : je goûte à tout sans aucun problème, mais en très petite quantité et en y mettant le temps). Si vous m'invitez, voici la commande : je préfère la bière (je m'y connais un peu) mais surtout j'adore le "Gloss", c'est mon côté girlie...
Et à Cuba, qu'en est-il ? Bon, soyons clair : ce n'est pas là que vous boirez les meilleurs cocktails (désolée). Même si à chaque fois, on vous fait miroiter une liste longue comme le bras de cocktails aussi divers que les espèces botaniques dans une forêt pluviale. Ou alors il faudra indiquer très précisément au barman ce que vous voulez, lui montrer les quantités et finalement faire votre cocktails vous-même... COMMENT EST-CE PAS DIEU POSSIBLE ???![]()
Je m'étais préparée au voyage à cocktails par excellence, je croyais me délecter nonchalamment sur une chaise longue à siroter, siroter, siroter ! Je n'explique pas cet état de fait. Ce jour est à marquer d'une pierre blanche : je n'ai AUCUNE hypothèse à formuler. Tellement j'en suis restée comme deux ronds de flan.
A Cuba, les cocktails ont comme base principale le rhum. Jusque-là pas de souci, d'autant que l'on a vu qu'il y avait des rhums plus ou moins vieux, du blanc très jeune (2 ans d'âge), jaune pâle (3 ans), à la couleur ambrée (7 ans) et ambre foncée (15 ans). Et ensuite, on fait varier les ingrédients à ajouter : sirop de sucre de canne, menthe, glace pilée ou glaçons, limonade, eau plate, eau gazeuse, citron, sirops et crèmes liquoreuses divers...
Trois cocktails ont pignon sur plage, dont deux que j'ai toujours trouvé excellents (le montage permet de se souvenir du goût et de la couleur, la recette se trouve en lien dans le nom du cocktail avec un historique très poussé et intéressant) :
- le Mojito : oui, rien qu'avec ce nom susurré à l'oreille, tu t'écroules en sandales et bikini dans le sable blanc d'une plage paradisiaque. Je sais, ça me fait le même effet... La fraîcheur de la menthe, l'acidité du citron lovées dans du sucre relevé de rhum : le bonheur ultime.
- le Daïquiri : il a acquis ses lettres de noblesse grâce à l'amoureux de Cuba qu'était Ernest Hemingway. L'auteur américain s'était installé près de La Havane et venait siroter ses recettes personnelles au bar du "Floridita". Aujourd'hui, une statue de l'écrivain vous attend accoudée au bar, et les daïquiris sont servis par centaines. Mais... ce n'est pas l'endroit où boire les meilleurs (un comble, d'autant qu'on fait payer le cadre) ! Plus acide, plus "râpeux" que le mojito, ce cocktail réveille les sens...
- le Cuba libre : je suis moins fan, je l'avoue. J'adore le Coca (Light) mais pur, et autant boire le rhum avec autre chose... Toutefois, c'est le cocktail cubain par excellence.
Il y a évidemment des variantes, on ajoute du marasquin (liqueur de cerise) au daïquiri ou du sirop. Avec le sirop de fraise, c'est délicieux et si ça a réveillé mon côté girlie, ça réveillera le tien. Même si tu es un homme, mouahahahaha ! Nous avons également essayé le Mulata (avec de la crème de cacao : j'étais dans un moment de craving for chocolate) mais ce ne fut pas du tout satisfaisant. Quelques autres recettes ici pour les afficionados.
Où boire des cocktails à Cuba ? Tous les restaurants en servent, à des prix plus ou moins corrects pour la qualité (de 2 à 6 CUC, donc de 1,50 à 4€), mais aussi les cabarets (qui sont nombreux), les Casa de la Trova, les rares bars... Toutefois, la dose d'alcool servie est souvent en deçà de ce qui fait qu'un cocktail est un cocktail : serait-ce une manière de pousser à la consommation ? Vous vous retrouvez donc souvent avec un verre peu alcoolisé, ce qui n'est pas pour me déplaire mais cela perd de son charme, nécessairement. Et les ingrédients ajoutés sont rarement à la hauteur : ainsi, je suis persuadée que toutes les feuilles de menthe que j'ai vues se balader dans mon verre étaient congelées à l'origine (un peu noirez, fragiles, recroquevillées)...
Mais le plus drôle, ce sont sans aucun doute les bars des chaînes hôtelières étrangères qui, rappelez-vous, servent à boire et à manger à volonté (cela comprend les alcools) : la dose d'alcool est alors ridicule au point qu'on ne sent pas le rhum dans les cocktails, et les alcools servis purs... sont des ersatz (c'est sûr que sinon, cela coûterait très cher à la chaîne...). Je me suis donc retrouvée avec du simili-Bayley's pas du tout onctueux, du faux Martini au goût de sangria Leader Price. Mais j'ai eu droit à une VRAIE Bénédictine : là, c'était bien joué, un vrai digestif normand à Cuba... Aucune hypothèse non plus pour expliquer sa présence ici !
Je sais, j'ai été dure avec la gastronomie et les cocktails (mais c'est tellllllement important !) ; en revanche, demain, je vais vous parler des paysages sublimes et des villes coloniales endormies...
La gastronomie cubaine ou la dure réalité du régime castriste...
Le titre dit tout : vous mangerez mal à Cuba.
Mais au-delà de cette assertion violemment assenée, soyons plus précis.
Le problème culinaire de l'île a une double origine. Côté agriculture, Cuba reste essentiellement tournée vers la production sucrière, et même si la canne à sucre c'est bon à grignoter dans les champs (miam !), cela ne produit que du sucre et du rhum : on ne va donc pas très loin en terme culinaire. Une grande partie des champs cultivés y est consacrée, mais défilent aussi des vergers de manguiers et de bananiers plantés de quelques cocotiers ;
parfois des rizières, et quelques pâturages parcourus par un cheptel bovin, ovin ou caprin assez sporadique ; les poules sont en revanche très nombreuses aux bords des routes... Plusieurs espaces restent en jachère, inexploités ou abandonnés : réforme agraire castriste mal organisée ? manque de main-d'oeuvre ? ou tout simplement manque de moyens techniques, financiers et humains pour mettre les champs en culture... Il faut dire enfin que tout se fait à la main et à la force animale, la mécanisation étant extrêmement rare.
Le second écueil est celui de l'approvisionnement extérieur : soumise à
l'épreuve du blocus américain, Cuba est obligée d'être auto-suffisante,
équation qu'elle ne parvient pas à résoudre,
ou doit se fournir à
l'étranger. Et les pays et entreprises avec lesquels elle pourrait
conclure des marchés se retrouvent en butte aux sanctions américaines : toute entreprise faisant affaire avec Cuba doit être s'assurer de ne
pas subir de mesures de rétorsion par les Etats-Unis ; et comme la
plupart des grandes entreprises qui seraient amener à exporter à Cuba
ont des intérêts aux Etats-Unis... Rappelons au passage qu'à ce propos,
les entreprises cubaines (tourisme, industrie) sont sur la liste
noire américaine (donc mondiale...) des organisations terroristes, au
même rang et avec le même statut qu'Al-Qaeda. Je sais : c'est d'un
autre âge, mais les Cubains en subissent chaque jour la réalité.
Finalement, Cuba se débrouille pour importer depuis des pays téméraires, comme le Brésil, ou des pays frères, Chine, Vietnam ou Vénézuela. L'île tente aussi de produire ses propres denrées transformées, le Tukola pour le Coca-Cola (de même que l
'on trouve l'Incacola au Pérou, me direz-vous : certes, mais au Pérou il y a aussi le Pepsi et le Coca normaux...) qui n'est pas mal du tout et même en version sans sucre à La Havane ! On trouve également des biscuits produits à Cuba, du fromage (sorte de pâte molle au goût très doux, type mozzarella), du salami et du jambon étranges (agglomérats de porc, je pense).
Mais les prix sont astronomiques pour les Cubains, pas donnés pour le touriste vue la qualité du produit. Les supérettes sont très peu nombreuses, et quasi impossible à trouver ; de plus, leurs rayons sont vides. Toutefois, comme souvent pour les populations pauvres, le modèle de consommation alimentaire est très américanisé, car plus simple et plus rentable à la production et plus satisfaisant d'un point de vue gustatif : ainsi, les produits que les Cubains achèteront en sus de l'ordinaire quotidien, sont surtout gras et salés (chips au bacon notamment) ou gras et sucrés (céréales, gâteaux secs).
"Supérette" de Trinidad.
De quoi se compose donc l'ordinaire du Cubain ? Et bien, de deux choses : du plat viande-riz-haricots noirs ou de sandwichs.
Le déjeuner semble être pris dans l'entreprise, et pour ceux qui ne travaillent pas se constitue d'un sandwich ou une pizza acheté dans de toutes petits et rares magasins-portes ou magasins-fenêtres : j'entends par là que les restaurants privés étant interdits, les gens font la cuisine chez eux et proposent leurs plats à travers les fenêtres ou les portes ; le plus souvent, une affichette en carton affiche la couleur, et le plus simple reste quand même les sandwichs. Ceux-ci sont composés d'un pain fourré de jambon et de fromage ; les "pizzas" que j'ai observées étaient une pâte avec un coulis de tomate ou surmontée d'oignons.
Voilà l'ordinaire. Et vous n'en verrez que très peu. On voit quelques baraques parfois le long des routes entourant La Havane, mais les étals, les étagères, les vitrines sont vides. Pour notre part, nous avons testé les sandwichs, bourratifs et secs mais au moins, on a mangé. Au détour d'une rare station-service, vous aurez la joie de dénicher un hotdog, et vous serez heureux. Ce régime explique en grande partie les rondeurs assez prononcées des Cubaines et des Cubains...
Marchés cubains : La Havane et Santiago de Cuba.
Côté fruits et légumes, vous n'irez pas non plus à Cuba pour les primeurs... Les marchés ne sont pas légion et sont fort mal achalandés : au détour d'une ruelle, dans une ancienne maison délabrée, ils sont rares, les étals sont vides. Pour les fruits, mieux vaut donc attendre de prendre la route et espérer trouver un vendeur ! Et attention, car les fruits sont mal choisis au moment de la cueillette et ne sont pas souvent mûrs... On a le sentiment parfois qu'un certain nombre de règles agricoles se sont perdues avec la révolution... Dans les grands hôtels, restaurants d'Etat ou paladares (tables d'hôtes familiales), les légumes sont secs, sans goût (à se demander s'ils ne sont pas congelés) et sont toujours les mêmes (chou blanc, tomate, concombre), et les ananas y sont durs et peu sucrés.
En revanche les mangues étaient bonnes : c'était le début de la saison, et l'on trouve à Cuba la grosse mangue rouge, de type péruvien, assez bonne, et la toute petite et allongée, de type philippin ou camerounais, absolument délicieuse ; de même, la papaye, appelée ici fruta bomba, paraissait bonne mais je ne peux vous en dire plus, car depuis une longue expérience traumatisante au Pérou, où la papaye était le seul aliment améliorant un repas biquotidien de pollo con arroz parfumé à l'essence, je ne peux plus en manger sans penser à quel point j'avais été malade... Beuhhhhhhhhhhhh, rien que d'y songer...
Sinon, une découverte tout de même dans les fruits : la mamai ou abricot d'Amérique (également abricot des Antilles, abricot pays, abricot de Saint-Domingue ou abricot sauvage) : en réalité, texture et goût l'apparentent à l'avocat, la couleur étant celle de l'abricot ; la saveur est très intéressante, peu sucrée, et la texture douce et chaude dans la bouche est très agréable. A essayer absolument !!! Enfin, la noix de coco n'est pas du tout exploitée : on en prépare quelques-unes pour leur jus sur les plages, mais nulle part on ne l'utilise dans la cuisine dans des sauces, dans des gâteaux ou pour faire cuire le riz. Etrange.
Au bout du compte, où manger et que manger à Cuba ??? Peu de chance de trouver un endroit servant de quoi manger (la phrase la plus souvent entendue est no hay, alors que vous lorgnez une carte longue comme le bras promettant tous les délices), servi en un temps convenable et avec des mets corrects. Ainsi, dans la seconde ville du pays Santiago de Cuba, nous avons frôlé l'incident diplomatique : les restaurants conseillés dans les guides sont tous fermés, celui de l'hôtel "Casa Grande" est un restaurant d'Etat au service nonchalant et désagréable, proposant une nourriture insipide à des prix assez chers ! Merci donc à la pizza de l'hôtel Melia, situé hors de la ville, une grande chaîne espagnole forcément.
Pas d'étals de rue, pas de petits vendeurs,
pas de boui-bouis où grignoter un bout ou boire une soupe entre des rats et des cafards, et trouver une "supérette" ou un magasin-fenêtre est une lutte de chaque instant. Le néant absolu de l'art culinaire. Pour les
afficionados de l'Asie, on est ici aux antipodes (à part la Malaisie peut-être...).
Deux endroits seulement vous permettront de vous sustenter à votre faim, correctement voire très bien : les grandes chaînes
hôtelières étrangères sur les plages, avec leur package de buffets
à volonté, bien achalandés (nourriture surtout carnée, fromages, oeufs
sous toutes leurs formes, quelques gâteaux...) ou dans les hôtels de
charme de La Havane.
Ici, mention spéciale au "Florida", hôtel de charme de la capitale et seul de l'île, je pense, à proposer une carte variée, choisie et surtout disponible !!! Une salade de vivaneau cru de derrière les fagots que j'en ai repris deux fois (mais pas au même repas, hein...), la langouste aux oranges... Egalement la "Casa del Oriente", restaurant très chic de La Havane, avec ses langoustes (encore ??? Ben oui...) et ses brochettes de viande ne nageant pas dans la graisse. Expérience rare à Cuba. Vous alignerez bien sûr les billets, la langouste coûtant environ 18€.
Dernière possibilité, mais nous n'avons pas été du tout convaincu culinairement parlant, ce sont les paladares, ces petites tables d'hôtes familiales tant vantées par les guides (notamment le Routard, c'était un peu obligé...). Contre une taxe exorbitante, les Cubains ont le droit depuis quelques années de servir des repas aux touristes dans leur maison contre rémunération ; on est donc censé y découvrir la cuisine et la vie locales. C'est effectivement excellent pour lier des contacts, parler du quotidien des Cubains et en découvrir plus sur ceux que nous ne faisons que croiser aux détours de nos visites. L'aspect culinaire ? On ne va pas tourner autour du pot : si les hôtels ont du mal à s'approvisionner, c'est nécessairement le cas chez les Cubains aussi. Donc on y retrouve la même chose, un peu plus cher, et l'on vous fait miroiter une langouste fraîche... oui, fraîche du congélateur. Allez-y mais pour les Cubains, pas pour la nourriture.
Car vous ne viendrez pas non plus pour les recettes : j'ai eu l'impression qu'aucune tradition culinaire n'existait dans l'île. Ce qui est malheureux et me semble très étonnant, compte-tenu des nombreuses recettes des îles voisines. Un peu le même sentiment qu'en parcourant d'autres pays d'Amérique latine : on reste dans la nourriture roborative, paysanne, sans élaborer plus car on n'a pas les moyens, pas le temps ou pas la possibilité. Les viandes sont grillées, à grands jets d'huile, les légumes et les fruits sont crus ; on ne transforme pas, on ne crée pas de sauce, et la viande est accompagnée de riz blanc et de haricots noirs parfois. Le fameux arroz con frijoles, ou arroz com feijao, ici nommé cristianos y mauros (ben oui, pour la couleur : les chrétiens et les maures, héhéhé !). Enfin, les poissons et les fameuses langoustes ? Les premiers sont grillés, mais j'appellerais plutôt ça "frit", c'est tout ; aucun apprêt, pas de marinade. C'est ça, la révolution, qu'est-ce que vous croyez !!! Et les langoustes ? Il y a peu de chance d'en manger sur place, attendu que Castro en a fait une denrée uniquement destinée à l'exportation ; quelques resquilleurs en proposent, mais elle nous a semblé très ferme (congelée ?) et mal préparée lorsque nous en avons consommé hors des restaurants chics.
Allez, outre la mamai, quelques petites choses dont tout de même se délecter :
- le fromage cubain. Une sorte de pâte molle blanche ou jaunâtre, vendue notamment le long des routes du nord de l'île en gros morceaux, présentés d'une main par les vendeurs, et accompagnés d'une pâte de couleur sombre (on verra ensuite ce que c'est, héhéhé...). Ce fromage se rapproche de la mozzarella pour le goût et la consistance. Vous n'en trouverez malheureusement que sur les routes ou dans les grands hôtels étrangers : dommaaaaaage !!!
- la pâte de goyave, appelée dulce de goyaba, et la confiture de goyave. C'est cette pâte de couleur lie-de-vin qui accompagne ici le fromage, comme dans beaucoup de pays d'Amérique latine d'ailleurs. Le fruit utilisé ici est la goyave rose, d'où la couleur, et l'acidité en est adoucie à la fois par le sucre et par le fromage. Un délice ultime.
- la crema Virginia, qui se décline aussi en Aurora. Elle se place dans les soupes, mais en réalité c'est une sauce béchamel que l'on peut accompagner d'un filet de sauce tomate, d'un peu de fromage râpé et de jambon. Quand il n'y a rien d'autre et que vous vous sentez abandonné, cela vous sauve une moufette du dépérissement !!!
- les bananes plantain, c'est délicieux et remplace avantageusement les pommes de terre et le riz quand on n'en peut mais...
- l'écorce de pamplemousse confite. En fait, il s'agit de la partie blanche et charnue sous la peau colorée, avant la pulpe ; le goût n'en est aps du tout acide, très subtil (voire un peu trop) mais vu la quasi absence de dessert, ce dulce de toronja est le bienvenu !
- le chocolat chaud du "Musée du Cacao" de La Havane. N'exagérons rien, on est loin de certains grands crus auxquels nous sommes habitués mais cette denrée (le chocolat) est tellement rare ici, qu'il fait bon venir en boire un, frais ou chaud, dans cette chocolaterie. Toutefois, pas d'illusion : vous entendrez nécessairement un no hay pendant votre commande...
Un article suit sur les boissons, et notamment les cocktails cubains... Je sais : je vous gâte.
La version ici est celle de Nat King Cole qui a fait connaître cette chanson cubaine de Osvaldo Farrés : son accent est adorable !
18 mai 2008
Ce week-end ce fut...
Ceci...
... ainsi que ceci...
... mais surtout cela !
Pour vous régaler (parce que vous le méritez !), voici :
- une pâte brisée, ou sablée d'ailleurs (déjà prête : on a autre chose à faire...) ; cuire à blanc pendant 20 minutes environ ;
- étaler dessus des poires au sirop, en ayant bien sûr enlevé le sirop ; tenter que l'étalage soit un tant soit peu artistique... ;
- faire fondre 200g de chocolat noir, et le déposer délicatement entre les poires pour recouvrir la pâte, jusqu'à ce que les poires se noient dedans, mouahahahaha !!!
- recouvrir le tout du mélange suivant : un oeuf, de 20cl de crème liquide et d'un peu de sucre ; ce flan recouvrira avec bonheur la tarte.
- et faire recuire le tout environ 5 minutes (regarder par la vitre du four : il afut que le flan prenne).
Si vous avez du courage, résistez jusqu'au lendemain, la tarte sera meilleure ; sinon, faites-en deux : dégustez-en une dès le premier jour, et gardez la seconde pour après...
22 avril 2008
En ce jour anniversaire du premier tour des élections présidentielles 2007, je fais des moelleux au chocolat.
Retour sur des élections présidentielles, un an après. Qu'est-il advenu de tous ces gens ? de tous ces discours ? de toutes ces promesses ? de toutes ces espérances ? Soupir... Il n'y a que l'énervement qui a perduré.
Donc passons résolument du domaine de l'esprit à celui de l'estomac, beaucoup plus satisfaisant. J'ai une mauvaise habitude : ... Non, en fait, j'en ai plein mais là n'est pas la question. UNE de ces mauvaises habitudes est donc d'aimer le chocolat, une DEUXIEME mauvaise habitude est de regarder en ce moment Un dîner presque parfait diffusé tous les jours par M6.
Et c'est une mauvaise habitude parce que cela me donne terriblement faim et plein d'idées de recettes par la même occasion.
Mais aujourd'hui, ce n'est pas le champagne aux billes goût bubble gum qui m'a tentée, mais plutôt la simplicité : le fondant au chocolat. Il faut dire que, telle la lionne affamée et sournoise, je guette ma proie favorite, le chocolat, depuis quelques jours... Et la recette m'a plu parce qu'elle ne faisait pas intervenir de chocolat proprement dit (donc de beurre de cacao) mais du cacao en poudre. Le candidat a bien sûr utilisé une poudre sucrée, mais j'avais ma petite idée derrière la tête. Et il ne mettait ni beurre, ni sucre et vraiment très peu de farine. D'où une course effrénée vers ma cuisine, reniflage des ingrédients et... youpi !!! Voici donc mes moelleux au chocolat version Moufette (en gros ni beurre ni sucre ni farine) : sous-entendu, tu oublies immédiatement les fondants au chocolat du restaurant ou de chez Picard, on ne joue pas dans le même domaine.
Dans ma terrine (il faut toujours avoir une terrine sous la main), j'ai donc mélangé 4 oeufs, 150g (la prochaine fois, je mettrai plutôt 120g) de cacao pur (type Van Houten) et de l'aspartame selon le goût désiré. J'aurai pu rajouter 45g de farine ou de maïzena, comme le candidat de l'émission, mais je n'en ai pas éprouvé le besoin vue la texture déjà atteinte (un truc super pas facile à touiller). Dans les petits moules à muffin, enfournons à 130-150° (là, c'est selon votre four : le mien est un peu folâtre...) et surveillons la cuisson. Les miens sont un peu trop cuits, mais c'est du aux folâtreries du four. Mes moelleux trop cuits sont toutefois très satisfaisants : fort goût de cacao, sucré à mon goût et sans complexe. Tout ce dont j'avais besoin ! Côté présentation, ils sont assez punk, je sais bien, et ils sont rapidement devenus assez dur...
Conclusion de l'expérience : malgré tout (des moelleux durs) dans ces moments-là, je m'adore...
10 avril 2008
Déjeuner au "Kiwi Corner" : un goût de kangourou !
Avant Malte, j'avais retrouvé El Fenneco au (seul) restaurant néozélandais de la capitale, le "Kiwi Corner" ; je connaissais l'endroit pour y être allée dîner avec mon cher et tendre, un soir d'ambitions gastronomiques exotiques. Mais avant toute chose, un peu de géographie localisatrice : le restaurant est situé 25,
rue Servandoni (Paris, VIème ; tél. : 01-46-33-12-06) et il se présente comme un "restaurant du Pacifique Sud".
La décoration est chaleureuse avec des sculptures maoris, des panneaux routiers et des pubs de bières de Kiwiland. Le service, très international, est extrêmement cordial, rapide et professionnel : on ne vous tanne pas pour que vous leviez le camp ou consommiez plus... Et ça fait du bien ! En revanche, réservez absolument : il n'y a que 35 places. Côté argent, ce n'est pas ultra-ruineux pour Paris mais compte-tenu de l'exotisme, il faudra peut-être racler quelques fonds de poche : prévoyez environ 7€ pour l'entrée, 12€ pour le plat principal
(10€ si c'est une énorme salade, 8€ si c'est un pie ou une jacket potato) et 6€ pour tous les desserts. Mais des formules permettent de s'en sortir pour 13€ le midi et 27€ le soir... De toute manière, allez sur le site car l'intégralité du menu (moins les plats du jour) y est disponible : vous pourrez vous faire une idée et de se pourlécher les babines avant d'y aller... Décisif : les portions sont très généreuses, et la présentation soignée sans être guindée. On s'y sent donc à l'aise...
Cher et tendre et moi-même avions opéré un premier round de reconnaissance : et le cosy and friendly a tenu ses promesses. La salle est petite, mais vous n'étouffez pas sur les genoux de votre voisin et ne ratissez pas du coude l'assiette de votre voisine ; le bruit des conversations ne vous empêche pas non plus de suivre vos propre phrases... Deuxième round avec Le Fennec masqué, et le charme a opéré une seconde fois (le charme du Fennec est inénarrable c'est sûr, mais je parle ici du restaurant). Les menus étant fixés depuis quelques années, avec parfois un plat du jour en plus, comprenons que les mets servis sont donc frais et que le chef maîtrise ses plats à la perfection : peu de chance de mal tomber.
Côté entrées (je vous mêle les deux repas, ce sera plus simple) : cher et tendre avait jeté son dévolu sur des boulettes
de fromage de chèvre frais, avec noix de macadamia et abricots émincés sur un lit de mesclun. Plat un peu étonnant d'aspect, puisque le fromage était en réalité panné, mais l'alliance avec les abricots était originale. A essayer. Quant à moi, ce furent les moules de Nouvelle-Zélande farcies aux noix de macadamia sur un lit de salade avec coulis de poivron rouge : excellentes et énormes moules, originalité de la recette mêlant de nouveau des arômes rarement confrontés dans nos contrées (notamment les fruits secs avec les fruits de mer : serait-ce ce que l'on nomme une salade de fruits ? Hum...). Quelques mois plus tard, El Fennec et moi-même avons opté, fort peu originalement je pense, pour des brochettes de kangourou avec une sauce teriyaki (sauce de soja sucrée au saké) et sésame. La viande de kangourou est extrêmement tendre, s'apparentant bien plus au cheval qu'au boeuf mais encore plus tendre ; le goût est plutôt marqué, mais pas autant que les abats ou les venaisons. Ainsi, pour les âmes sensibles, cela peut être possible d'y goûter sans être immédiatement révulsé.
Pour les plats principaux, nous avions la première fois choisi un pavé de kangourou avec sauce BBQ fumée et purée d'ail. Même remarque pour la viande, encore plus délicieuse en pavé épais qu'en petits cubes ; en revanche, la sauce se veut "tradition" ce qui est fort dommage : on s'attendrait à une toute petite pointe d'exotisme qui ravirait nos papilles (genre : de la vanille ? du kiwi ? de la bière ?).
L'accompagnement nous a rappelé les origines nationales du peuplement européen de ce pays, avec le sempiternel steamed vegetables (que j'adore pour ma part) : choux-fleur, carottes, haricots et pois vapeur ; quant à la purée maison, elle était délicieuse... Deuxième session : Le Fennec fou a dégusté un "Poulet Bondi", farci au fromage de chèvre et noix de macadamia avec une sauce curry-coco ; la présentation était chouette, et le plat savoureux, point trop sec m'a-t-il semblé, et le curry n'étant pas un vrai curry (bien évidemment), il n'échauffera pas les papilles sensibles. Quant à moi, je me suis attaquée à une énorme "Salade Down-Under", composée de tranches de poulet grillé, kiwi, melon, noix de macadamia (elles seront là jusqu'au bout !) et petites tartines grillées recouvertes de tapenade maison (mélange d'artichaut et d'avocat). J'ai trouvé cela délicieux, frais et copieux : un bon point donc, car il est rare d'être satisfait au bout d'une salade. Surtout moi...
Enfin, pour les desserts, nous n'avons malheureusement pas eu le temps d'en tester avec O Fennecorinho. Comme si l'administration vérifiait les heures d'arrivée au bureau... tsss tsss tsss... Lors du dîner, nous avions opté pour les "Délices d'Aotearoa", un délicieux et dodu feuilleté à la crème de marron, griottes et noix allégé d'une boule de glace vanille, ainsi que pour la "fameuse Pavlova meringuée" d'Australie (à la mangue) avec perles de chocolat : j'avoue que le souvenir laissé n'était pas impérissable, mais un bon dessert, sans plus.
Pour les boissons, nous avions
pris un vin néozélandais, mais impossible de retrouver son nom dans mes
tablettes ; j'ai simplement le souvenir d'un liquide âpre qui tape fort. Mais je vous conseille de toute manière de préférer
la Ginger Ale, rafraîchissante, arômatique et surtout non alcoolisée.
D'ailleurs, où que ce soit, préférez toujours la Ginger Ale : c'est
telllllement bon !
Il nous reste donc de nombreuses découvertes à faire dans ce restaurant du connu et de l'exotique : parmi d'autres, les poissons
locaux à la vanille, ou au gingembre, citron et menthe, les gâteaux de
crabe ou encore le Chicken Paradise (poulet cuit au four farci
de poivron rouge grillés et de bananes, avec riz au safran). Des brownies, des gâteaux tahitien (Po'a Mai'a mêlant banane, tapioca et vanille),des gâteaux de banane et noix de macadamia, le Sticky Date au caramel ou la fameuse glace hockey-pockey (caramel mou mélangé à de la glace vanille). Et regoûter aux vins du Nouveau Monde.
Ceci n'est pas du tout un appel aux gourmets gourmands, pas du tout...
Il ne faut donc pas avoir peur d'entrer dans ce petit restaurant, à deux pas du Jardin du Luxembourg et d'Odéon, pour son ambiance détendue et ses plats hautement revigorants et rassérénants : en amoureux ou entre amis, une valeur sûre !
Les photos 1, 3, 7 et 8 sont celles du site du restaurant.
17 mars 2008
Ou comment oser les mélanges : le "tavuk göğsü" !
Je vous en ai parlé récemment, évoquant le traumatisme grand-maternel et l'étonnement apparu sur mon visage (poupin, après cinq jours de gastronomie turque) lors de la dégustation de ce pudding turc.
Attention, je vous avais prévenus, c'est... étonnant, d'aspect, de consistance et de goût ! Mais c'est délicieux...
- Prendre des aiguillettes de poulet, les
cuire dans l'eau chaude jusqu'à ce qu'elle soient blanchies mais moelleuses.
- Les égoutter, les couper en dés puis les presser entre vos paumes pour en exprimer l'eau (comme je cause beau).
- Les effiler jusqu'à ce que la viande soit réduite... au moins possible.
- Faire bouillir 1,5 litre de lait.
- Mélanger 5 cuillères à soupe de farine de riz et deux de maïzena, et y ajouter le lait.
- Ajouter 200g de sucre.
- Faire cuire le lait-farines-sucre 30 min à feu
moyen en mélangeant.
- Passer le poulet à l'eau chaude pour faire disparaître le
goût de... poulet.
- Puis ajouter le poulet qui n'en est plus au lait-farines-sucre.
- Laisser sur feu
doux en mélangeant pendant encore 15 min.
- Répartir dans des coupelles et
laissez passer la nuit au frigo.
- Vous pouvez saupoudrer de cannelle.
C'est magique : le poulet s'est transformé en pudding !!!
Et si cela a un goût de poulet, recommencez : vous l'avez mal rincé !




























































