07 août 2009
De circonstance.
Il y a des jours où, comme ça, le premier mot qui vous vient à l'esprit est en allemand. Dolchstoss. C'est fou, nan ? L'inconscient joue des tours, mais heureusement, tout s'explique par le titre de la catégorie...
Britney Spears - Stronger
envoyé par Mystique2a - Regardez d'autres vidéos de musique.
24 mai 2009
Conseils à un futur jeune expatrié.
[Note : le brouillon de ce billet a été rédigé il y a plus d’un mois (comme très souvent dans ma pratique scripturale). Et il est fou de voir à quel point, dans l’intervalle, ce dont je parle s’est vu confirmer, voire est devenu encore plus caricatural. A suivre…]
S’expatrier signifie un chauffeur et des cocotiers, n’est-ce pas ? C’est vrai et faux tout à la fois. Si j’ai parlé souvent sur mon autre blog de l’installation concrète à Bombay, complexe, cocasse et parfois horripilante, je n’ai pas pas encore abordé le plus important : le monde de l’entreprise qui expatrie. Voici ce que je retiens de notre expérience.
Le public sensible devrait s’abstenir…
C’est du foutage de gueule. Tac
travaille dans une graaaaaaaaaaaande entreprise française, une de celles qui
expatrient le plus en Inde, mais les expatriés de longue date n’y bougent pas
le petit doigt pour accueillir les nouveaux. Pire : alors même que d’autres
venaient de s’installer à Bombay les mois précédents ou atterrissaient le même jour que nous, que tous nous faisions face aux mêmes
difficultés, aux mêmes questions, que nous avions le même besoin d’entraide et
de soutien : RIEN. Même de la part des ténors rencontrés lors d’une
soirée mondaine à notre arrivée, rien du tout. Aucun appel, aucune visite au
bureau de Tac, même pas un coup de fil les jours suivants les attentats.
Et surtout pas de mise en
relation avec les autres néo-expatriés : on nous a même répondu que ce
n’était pas le rôle de cette entreprise que de créer ces liens. Je pensais
pourtant qu’il aurait été de leur intérêt même de faciliter l’installation de
leurs expatriés, pour que ces derniers passent moins de temps à régler des
problèmes administratifs et concrets et se consacrent pleinement à leurs
dossiers. Mais non. Chacun se comporte comme
un cow-boy en terrain hostile, on se méfie, on
cloisonne. Et puis, ce n’est pas dans
l’intérêt des petits potentats locaux de voir les gens se parler, et peut-être comparer
certaines choses...
Ces autres néo-expatriés, nous les avons
rencontrés par mon blog, puis par leurs relations. Ce qui a permis de créer
très rapidement des liens, et d'effectivement comparer les fameux packages. Montant des loyers
payés, facilités, salaires, allocations diverses et variées. Et de découvrir
que les grilles n’existent pas, tout change selon le statut (logique), le manager
et son influence (moins logique) et le bon vouloir des gens (cela s’appelle
l’arbitraire). Et bien rapidement les informations se tarissent quand tu
creuses un peu : chacun serre les fesses. On t’explique même que
l’on fera de la rétention d’informations volontaire pour ne pas te choquer
encore plus. Qu’une entreprise privée fonctionne comme ça ne me dérange
aucunement. Que les gens fonctionnent comme cela beaucoup plus (où la Moufette
découvre que les gens pensent avant tout à leur pomme, hinhinhin…).
Alors, toi qui veut t’expatrier et qui t’interroge sur les conditions auxquelles
accepter ce qui reste une modification fondamentale (passionnante, mais
fondamentale) de ta vie professionnelle et quotidienne, un conseil : fais-les raquer le plus possible. Aucun scrupule. Les moyens sont là, rassure-toi, et
surtout ne fais confiance à personne. Contacte dès avant la signature du
contrat des expatriés sur place : renseigne-toi sur les conditions de vie,
vois ce que chacun a obtenu, les fameux petits avantages qui dans un pays comme
l’Inde sont parfois des nécessités. Et après, fais raquer…
Les variables possibles ? L’aide au
loyer, et fais attention que l’on ait tenu compte de ton conjoint (si le PACS
et le concubinage ne sont pas reconnus par la loi locale, tu restes en tant
qu’expatrié du ressort de la loi française : le DRH local ne peut
donc ignorer ton couple) ; la voiture et le chauffeur, le type de voiture,
le salaire ET l’allocation essence (illimitée pour certains, quantifiée pour
d’autres : va savoir pourquoi…) ; l’adhésion à un club ; le
déménagement, les frais d’installation et les frais d’un éventuel garde-meuble
en France ; les frais de scolarité des enfants ; l’aide à la
réinsertion professionnelle de ton conjoint d’autant plus s’il a laissé son
travail derrière lui avec un manque à gagner évident. Tout cela est négociable
et doit être négocié à TON avantage, car de manière générale tu n’es qu’un pion
dans le vaste plateau de jeu de ceux qui t’emploient.
Mais comme très souvent semble-t-il dans le privé en France, pays sous-syndiqué s’il en est, personne ne parle pas de tout cela, personne d’expérience ne donne de conseils sur ce que tu devrais exiger, sur ce à quoi tu devrais faire attention ; on ne se mouille pas et chacun se débrouille, fait ses armes, réussit ou se plante. Chacun pour soi et aucune entraide. Peut-être parce qu’il est plus simple de marcher sur les autres après ? Hinhinhin…
Pour ma part ? Ne m’attendant à rien, j’ai plus que ce dont j’ai jamais osé
rêver. En revanche, cette incapacité à partager, cette conservation jalouse de l’expérience
et des conseils, tant du point de vue de la carrière que de l’installation dans
une ville aussi difficile que Bombay, me laisse très songeuse.
21 décembre 2008
Après l'effort, le confort...
Comme je suis drôle... Bon, mes 119 cartons ont été intégralement débalés en une journée et demi ; sauf que les déménageurs ont finalement mis trois jours à venir chercher les cartons que j'avais soigneusement défaits pour qu'ils prennent moins de place : mes biceps ont doublé de volume (Rambo Mouff' qu'on m'appelle...).
Désormais, ça y est : nous pouvons réellement dire que nous sommes chez nous !!! Avec tous nos livres (qui vont prendre l'humidité en même temps que nous, comme une vraie petite famille), avec tous nos/mes habits (qui vont moisir avec nous, comme une vraie fratrie) et avec mes ustensiles de cuisine (qui vont être utilisés tout comme mes mâchoires et mon estomac...). Il faut bien sûr tout ranger ensuite, réagencer ces 22m² selon une nouvelle configuration, emballer ce qui sera peu utilisé et décorer. Je suis plutôt satisfaite du résultat, pouf pouf pouf, notamment dans la chambre d'amis qui a pris un sérieux coup de jeune (on est passé du vert et jaune criards au bleu et mauve moufette, oui madame ! Et sans aucune damidoterie...). Reste maintenant à trouver une ou deux chose (un miroir pour l'entrée peut-être, histoire de se pomponner et de se passer de la crème solaire indice 582 avant de sortir), un tableau ou deux (de préférence des tableaux de maître, ignorés, que je revendrai avec bénéfices pour m'acheter des TAS de vernis à ongles), et peut-être un déshumidificateur électrique. On verra ça avant la mousson : je sens que les livres vont énormément apprécier cette saison...
18 décembre 2008
Annonce du jour.
Pas de long blabla pour une fois. Pas le temps.
Container arrivé -- déménageurs indiens efficaces -- tout livré en deux heures.
David B. et Moufette = duo de choc pour défaire et ranger 119 cartons en une après-midi (déménageurs débarrassent cartons ce soir ; Moufette pas envie d'y passer trois semaines non plus).
Note : oui, tu as bien lu 119.
Note : heureusement, Moufette a pris des forces au "Soam", un délicieux restaurant gujarati végétarien...
15 décembre 2008
Le marché aux poisson des Sassoon Docks (Colaba, Bombay).
J'ai une voisine (tadammmmm !), et en plus elle a un blog. C'est d'ailleurs comme ça que je l'ai contactée, d'autant plus étonnée que son conjoint travaille pour la même entreprise que Tac et qu'ils habitent la rue parallèle à la nôtre. Bombay est une si petite ville, héhéhé...
Toujours est-il que ma voisine, arrivée depuis six mois, est source de bons conseils et m'a emmenée au marché aux poissons des Sassoon Docks de Colaba. Grande reconnaissance je lui porte pour cela : quel régal pour les yeux et quel bonheur pour le ventre !!! Il faut vous imaginer au détour de quelques rues poussiéreuses (Colaba, quartier colonial et touristique est extrêmement poussiéreux) une impasse, masquée par des étals de fruits, qui débouche sur une toute petite halle où sont réunies quelques femmes, sans doute des épouses de pêcheurs. Cela ne paye pas de mine, quelques ventilateurs seulement, pas du tout de glace, des chats et parfois des mouches ; mais une véritable odeur de poisson frais, de criée juste arrivée du large.
Devant chacune, une planche de bois toute simple où les vendanges maritimes sont étalées (je suis poète aujourd'hui) : trois beaux thons, quelques maquereaux, une poignée de gambas, quatre ou cinq langoustes, une dizaines de crabes, un kilo de poulpes. Des bébés requins aussi. Tout est propre et frais, pas de quantité industrielle, juste ce que le mari a pu pêcher dans la nuit me semble-t-il.
Euuuuhhhh, si quelqu'un peut me dire ce que sont ces poissons, là à droite,
avec leur mandibules et quenottes à l'air ? Alien ?
Cela met en confiance et nous nous laissons très vite tenter, par de petits saumons à 2€ la pièce, une grosse poignée de gambas et quatre langoustes pour 5€ en tout... Nous serions bien bêtes de nous en priver. Nous sommes les seuls Occidentales à ce moment-là, et je doute qu'il y en ait eu d'autres dans la journée. Voire dans la semaine. Ce qui est certain, c'est que nous, ces épouses de pêcheurs vont nous voir souvent !
Et deux défis nous attendent pour savourer encore plus le lieu, le contact et les poissons, tout à fait passionnants l'un et l'autre : trouver les recettes adéquates aux types de poissons proposés, parvenir à demander en hindi ce que nous voulons et peut-être un jour demander quelques conseils culinaires... Depuis, je concocte et compile un lexique gastronomique hindi-marathi-anglais-français : la Moufette est au travail !
14 décembre 2008
Mes animaux et moi.
De quelques animaux que je côtoie régulièrement :
La ville est quasi submergée par les corvidés (je dis ça parce que nous n'arrivons pas à déterminer s'il s'agit de corneilles ou de corbeaux) qui croassent/craillent à qui mieux mieux ; certains apprécient même les beignets... Les vaches sont également légion dans la ville, traversant nonchalamment les rues bondées et noires d'embouteillages, s'installant tranquillement sur les trottoirs ou comme ici, attendant paisiblement devant les temples que leur gardienne veuille bien les nourrir contre l'aumône d'un fidèle. Ces deux animaux sont en grande partie responsable de l'atmosphère très particulière qui règne à Bombay.
Les chiens sont également très nombreux dans les rues, le plus souvent ce sont des chiens errants ; ils se tiennent plutôt calmes, engourdis par la chaleur et l'expérience de la rue indienne. Dans notre quartier, nous voyons en revanche beaucoup de chiens bien entretenus, car les Parsis sont les seuls à avoir des animaux domestiques d'après ce que j'ai compris ; ils louent les services d'un promeneur qui leur fait prendre l'air. Absolument hallucinant, voire révoltant, ce sont la plupart du temps de gros chiens, des labradors notamment mais aussi, plus rare, des saint-bernard comme ici : et là, vues la chaleur et l'humidité, je dis que ça craint vraiment !
Les pigeons ont quant à eux une place de choix car en plusieurs points de la villes, ils ont une aire spéciale où ils sont nourris ; bizarre, alors même qu'en France et en Europe tout est fait pour s'en débarrasser. Je n'ai pas encore percé ce mystère, mais j'ai bien aimé ces deux-là, perchés sur un paon, l'emblème national de l'Inde. A côté, dans un marché aux légumes et aux épices du sud de la ville, voici un mouton qui a du échapper à l'aïd d'il y a quelques jours : et le riz cru ne lui fait pas peur ; en revanche, il ne touche pas aux piments...
Et où trouve-t-on des chats ? Et bien au marché aux poissons, comme ici ! Désolée, la photo est floue ; mais ce chat était tellement bien installé sur sa caisse à poisson, regardant ce panorama poissonneux qui s'offrait à lui... Les chats sont partout également, de gouttière essentiellement ; on en voit se promener le long des rebords des immeubles et surtout près des poubelles.
Pour notre part, nous avons des geckos domestiques que je ne suis pas encore parvenue à prendre en photo, mais cela ne saurait tarder : ce sont de petits lézards, de couleur clair car ils prennent peu la lumière, qui ont l'immense intérêt de ne pas faire de bruit et de manger les moustiques. D'où l'axiome : il ne faut ni tuer ni chasser les geckos ! Quant aux quelques cafards que nous avions trouvés à notre installation, ils ont disparu : ils doivent dormir d'un très très très profond sommeil quelque part. En effet, nos propriétaires ont envoyé à notre arrivée le Pest Control afin de contrer les cafards selon des préceptes prétendus bio, mais qui à mon avis ont plus à voir avec des préceptes hindous : on ne tue pas les cafards avec des produits chimiques, on les endort avec une substance naturelle. Genre : on ne les tue pas mais leur sommeil est très profond et très long...
L'Avent-avant-Noël en Inde (on y voit le Père Noël !!!).
Tiens, ça sent Noël...
Un peu partout sur les blogs, dans les journaux, dans les mails commerciaux et même en Inde on n'y échappe pas : une horde d'enfants est venue entonner des "Christmas Carols" sous mes fenêtres. Je sais, ça craint... Et même, voyez plutôt le Père Noël en train de se faire gronder par sa maman...
Sinon, même si l'on échappe ici totalement à l'aspect hypra-commercial de la période de Noël de certains pays, tendance sans doute mise à mal cette année par the craïze, on voit tout de même quelques sapins décorés dans les quartiers plutôt chrétiens, bien sûr, et des euphorbes tendance "Etoiles de Noël" (nous avons eu un grand plaisir à les retrouver, après les avoir vues partout partout partout à Taïwan à la même époque) :
Sinon, et parce que Noël est dans dix jours seulement, un peu de musique :
11 décembre 2008
Quelques temples de Bombay.
Chaque fois que nous le pouvons, nous partons explorer un peu plus la ville et souvent, on ne peut pas trop faire autrement en Inde, il y a des lieux religieux sur le trajet. Ou comme but de la promenade, carrément...
Hier, nous voici donc partis découvrir le nord-est de la ville, ou plutôt le nord-est du centre de la ville pour être vraiment précise. Sur le chemin nous menant au V&A local (il faut que je vous en parle), nous avons déniché dans un terrain flou sans être vague pour autant la synagogue Magen David. Un jour d'Aïd, oui, je suis infernale. Tout aussi bleue que sa consoeur Keneseth Eliyahoo, la façade imposante surmontée d'une belle tour, elle se dresse un peu esseulée dans ce quartier aux immeubles soit hideux, soit magnifiques (pas de moyen terme). Le calme et la fraîcheur que l'on ressent dès l'entrée contribuent en grande partie au charme de ce lieu, sérénité troublée seulement par le chuchètement des moineaux. Oui, les moineaux chuchètent. Ils chuchotent aussi, ou bien ils pépient. Ce blog est un blog animalier, je vous le rappelle.
Autre temple, autres moeurs (je suis en forme). Quelques jours plus tôt nous nous étions rendus au temple Babulnath, situé lui à proximité de Chowpati Beach. De la rue on n'aperçoit qu'une ruelle pavée au-delà du portique de pierre où attendent les vendeuses de fleurs et d'offrandes ; cette ruelle bordée de masures, les temples indiens sont avant tout des lieux de vie, c
onduit à l'ascenseur... Tadam ! Car ce sanctuaire shivaïte est situé sur une colline, ce qui permet au visiteur plus ou moins essoufflé (on peut tenter l'ascension par les escaliers) d'admirer le panorama urbain. Ce sont ensuite plusieurs salles, porches et autres "chapelles" de pierre blanche sculptée qui accueillent les fidèles, un lieu très calme à nouveau, un peu au-dessus de tout...
Juste une chose : vous avez remarqué le ciel bleu ?

Et quelques jours plus tôt, nous étions au temple de Mahalakshmi ! Déesse de la chance, de la richesse, de la prospérité et de la beauté, vous imaginez à quel point les femmes se pressent autour de son temple d'autant qu'on y trouve également les autels de Mahakali et Mahasaraswathi, Lakshmi donc, Kali et Saraswati. ... Au point que la queue qui s'était formée début octobre lors de Diwali remontait tout le quartier puis l'avenue principale ! Ce dimanche-là, c'étaient plutôt les marchands de pâtisserie qui étaient pléthore à mon grand contentement. Le temple en tant que tel n'est pas de toute beauté, d'un point de vue architectural ou esthétique, mais il vaut le coup d'oeil par sa situation en front de mer à quelques encâblures de la mosquée Haji Ali située dans la baie ; il vaut aussi le détour pour voir et comprendre ce qu'est la dévotion indienne au quotidien, un mélange de ferveur, de superstitions, de rites, de rituels... Et un petit détail que la Moufette ne pouvait laisser passer : une étoffe pendue aux fenêtres d'un immeuble voisin vantant les mérites d'une agence matrimoniale. Quel meilleur endroit pour faire sa publicité que le grand temple Mahalakshmi ??? Pas de photos personnelles en revanche, elles y sont interdites.
Dernière excursion : le temple jaïn de Babu Amichand Panalal Adishwarji. Rien que ça (mais on l'appelle aussi le temple jaïn de Walkeshwar). Tout de pierre blanche scintillant sous le soleil, le lieu confère une impression de fraîcheur et de repos, loin de l'humidité et de la chaleur ambiante. Nous y sommes allés il y a deux semaines déjà, et avions eu l'opportunité d'assister à un mariage jaïn : chants gutturaux, prêtres en blanc et en rouge, cérémonie où les proches remplissent de lait (d'eau lactée ?) une vasque tenue par les deux futurs mariés. J'imagine qu'il s'agit d'un symbole de fertilité où la famille transmet la fécondité et la prospérité ?
Cette religion ancienne, assez complexe, met surtout en avant des principes moraux très rigoureux, une éthique du vivre en général. Je vous en reparlerai un de ces quatre chapattis. Le temple était en tout cas très agréable car petit, intimiste, et lieu de vie comme à l'habitude : les personnes âgées bavardent sur les bancs de la courette à l'entrée, les enfants jouent, échanges et prières, un tout mêlé alors même que la cérémonie maritale se déroule en arrière-plan...
Bon, une chose m'a tout de même énervée : comme d'habitude...
10 décembre 2008
Où tu te moques de moi. Oui, tu peux... snif...
Vas-y. Je te présente mon visage efflanqué, mon museau malheureux et mon regard de moufette déçue. Tu peux rire toi qui bénéficies de tous les téléfilms allemands dont je rêve, de toutes les guimauves télévisuelles dont je me délectais, de la diffusion quotidienne (est-ce encore le cas ?) d'Un dîner presque parfait, en un mot : de toutes les émissions intellectuelles et brillantes dont on dispose juste en appuyant sur un bouton chez toi.
Note : je dois encore chercher s'il y a d'autres émissions téléchargeables ailleurs, mais n'oublions pas que je ne dispose que de 4 Mo de téléchargement en quatre mois, du fait de la lutte contre le téléchargement illégal. Ils feraient mieux de passer plus d'énergie à lutter contre le terrorisme qui tue des gens, mais bon... Argument mesquin, mais venant d'une Moufette en plein sevrage télévisuel.
09 décembre 2008
Jours fériés en Inde : prise de tête ?
Aujourd'hui, on se la coule douce. Enfin, pas tous mais Tac et moi, oui. Car c'est aujourd'hui férié dans certaines entreprises du fait de Bakri Id ou Id-ul-Zuha, mieux connue des francophones sous le nom d'Aïd el-Kébir. Les musulmans du monde entier commémorent en ce jour la soumission d'Abraham lors du sacrifice d'Isaac. Sacrifice qui n'aurait pas eu lieu, je vous le rappelle ; les moutons en revanche ne sont pas épargnés, miam... Nombre de musulmans bombaïtes se dirigent donc vers la mosquée Haji Ali, située non loin de chez nous, arborant leurs plus beaux saris et salwar-kameez, car peu de femmes sont voilées de noir à Bombay (le noir est un peu l'antithèse de l'esthétique indienne) ; et évidemment, nombre d'hindous cheminent au même moment vers le temple de Mahalakshmi, situé juste à côté parce qu'aujourd'hui, c'est mardi donc le jour de dévotion à Ganesh. Quel rapport avec le temple dédié à Mahalakshmi ? Oui, voilà, c'est ça.
Toujours est-il qu'en Inde, c'est un peu la folie quand on regarde un calendrier : on reste bouche bée devant le nombre de fêtes, festivals, nouveaux ans (wouaw !), grands rassemblement et autres occasions de s'en mettre plein la panse. Il faut dire que la multiplicité des religions professées sur le territoire est, je crois, inégalée partout ailleurs. Et chacune y va de de son anniversaire, de son moment saint, et de sa nouvelle année : sinon, ce n'est pas drôle. Et il faut y ajouter évidemment les jours de fête nationale fériés dans toute l'Union indienne, le Republic Day le 26 janvier, l'anniversaire de l'indépendance le 15 août et de la naissance de Gandhi le 2 octobre. Chaque Etat y va des siennes avec des fêtes d'Etat, évidemment, comme le Maharashtra Day tombe le 1er mai et l'anniversaire de la naissance du Dr. Ambedkar le 14 avril ; puis y ajoute des fêtes religieuses qui varient en fonction des majorités confessionnelles de l'Etat. Certains choisissent de ne pas "férier" tel jour, mais le voisin oui. Conclusion : si tu choisis bien ton Etat, héhéhé...
Concernant le Maharashtra, l'Etat de Bombay, nous sommes pas trop mal lotis avec vingt-sept jours fériés en 2008. Je te vois déjà ouvrir des yeux grands et arrondis, mais la subtilité est là : les entreprises ne sont pas obligées de prendre tous les jours fériés. Dommage. Il s'agit en fait plutôt d'une politique du choix : l'entreprise fermera pour un certain nombre de jours dans l'année (vingt-et-un pour Tac, quand même ! Mais cela compense un peu la perte des RTT quand on est expatrié...) ou bien ne les prendra pas tous et en laissera un nombre défini à la discrétion des employés. Un hindou ne viendra pas lors de la fête de Ganesh le 3 septembre, tandis que son collègue sikh absent pour l'anniversaire du Guru Nanak le 13 novembre remplacera son ami parsi lors du nouvel an le 19 août.
Et qui doit se prendre la tête comme pas possible pour faire les emplois du temps, organiser les réunions, faire en sorte que le travail soit fait en temps et en heure ??? ... Et bien personne : en Inde, on voit, on s'adapte et on fait avec !






















