Les tribulations d'une moufette...

Ce blog a été transféré sur www.chouyosworld.com

04 août 2009

Dieu est-il un analyste roturier singapourien ou un trader noble genevois ?

                   Il y a des jours comme ça, malgré tout ce que nous ont appris nos parents, nos livres et notre observation des choses, on se dit que la logique ne vainc pas. Et pourtant, en ce 4 août, il y aurait quelque chose d'essentiel à fêter, la foi en une certaine justice et justesse sociales...

                    Un système économique et financier a prouvé depuis un an à quel point il comportait de risques pour la population mondiale alors que les gains ne concernent qu'une infime minorité de celle-ci. De plus, ce système n'aide en rien à dépasser l'aporie technologique actuelle, voire freine des quatre fers dès qu'il s'agit de modifier l'approvisionnement énergétique, les modes de production et de consommation.

                     Ce système glorifie des entreprises qui ont prouvé, à maintes reprises, leur incapacité à voir à long terme. Plongeant dans la détresse des salariés, des familles, des citoyens tout en rémunérant grassement des dirigeants ayant géré l'entreprise de manière tellement habile qu'elle est dans le rouge. Mais re-belote, au lieu de faire table rase, les Etats les aident à s'en sortir (alors que ces mêmes Etats sont aussi sur la paille) au prétexte de sauver des emplois mais confortant par là le système lui-même.
                Ces mêmes entreprises, aidées, engrangent ensuite des bénéfices étonnants. Se gargarisent de chiffres mirifiques et provisionnent même les bonus à venir pour ceux qui, certes, prennent des risques dans leur métier, mais prennent des risques avec l'argent des autres. En cas de bon coup, le bonus sera faramineux, mais si tout plante à cause de produits exotiques mal maîtrisés et de montages tellement risqués que l'on voit gros comme une maison que celle-ci va s'écrouler (ou être saisie et revendue à bas prix), personne ne rembourse. Enfin si. Ceux qui ont déjà déboursés auparavant pour acheter la maison. Si c'est pas du risque calculé, ça...

                      Un exemple concret ? Et bien, BNP-Paribas par exemple. Qui reçoit une aide de l'Etat pour se remettre à flot, ne licencie pas en France grâce à un plan de départs volontaires, mais qui ne se gêne aucunement pour licencier à tour de bras les petites mains des pays étrangers où elle peut le faire légalement sans recevoir de coups. Eux, on peut les virer du jour au lendemain, comme on veut. Eux triment, n'ont pas de plan d'épargne, n'ont pas de chômage et encore moins de retraite. Eux, quand les caisses sont pleines, ne reçoivent pas deLogo_BNP bonus faramineux.  Ce qui sera en revanche le cas des traders de l'entité BFI semble-t-il... Et les bénéfices vont être croustillants, en plus ! On peut virer  à l'étranger parce que les médias français s'en fichent, que personne ne le saura, et hop, ni vu ni connu. Je sais : c'est le jeu de la mondialisation (n'oublions pas : "la banque d'un monde qui change"...), des systèmes légaux différents, des contrats déjà signés et de la libre concurrence.
                        Mais ce que j'attends avec impatience, c'est le moment où l'on va se féliciter et se taper dans le dos : la banque aura réussi à se sortir de l'impasse de la crise avec panache et sans casse sociale, bravo ! Enfin, c'est ce que dira un quelconque Pdg, un  quelconque ministre de l'Economie voire un Omnicolas (jamais quelconque, l'Omnicolas, bien sûr). Les salariés étrangers ? Les équipes singapouriennes décimées ? Les huit cents emplois de CIB ??? Pfff, de la roupie de sansonnet.

                      J'ai pris BNP-Paribas comme exemple mais il n'est pas besoin malheureusement de gratouiller bien loin pour en trouver des dizaines d'autres...

          Alors oui, on se demande où est passée la logique dans tout ça. Dieu reconnaîtra les siens ? J'espère qu'il est analyste, roturier et singapourien alors...



02 août 2009

Et pourquoi pas ?

Rond_point_Sarkozy
Ce n'est toujours pas en Inde...

               Finalement...

Posté par Chouyo à 05:47 - La moufette sort les crocs ! - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

14 juillet 2009

L'Inde en France et la France en Inde...

           Fêter le 14 juillet dans un pays étranger qui se retrouve à l'honneur en France. Un jeu de miroirs assez savoureux. Bon, si tu veux en savoir plus sur la réception du consulat de France à Bombay, tu sais où aller...
           Les images du défilé montrant ces quelques régiments de l'armée indienne sur les Champs-Elysées sont fascinantes vues d'ici. Surtout ce magnifique chef de file sikh, avec son turban éclatant. C'est tout propre, rien de chaotique et cela fonctionne : mouahahahahahah !

R_giment_indien

           Bon, sinon, je n'ai pas entendu les discours de notre Omnicolas, et je n'ai presque rien trouvé à ce propos. D'où : a-t-il seulement discouru ??? Nan mais pour de vrai ? Et il a dit quoi ? Pfff, va falloir que j'attende lundi prochain pour recevoir le Canard de cette semaine...

05 juillet 2009

Parlons Ouïghours, Xinjiang et Urumqi.

Xinjiang_carte                Que des choses facilement prononçables comme tu le constates.

                Petite mise au point : les Ouïghours sont une ethnie musulmane présente essentiellement dans le nord-ouest de la Chine, leur langue appartient au groupe turc et s'écrit avec une graphie arabe ; ils font partie des 53 minorités nationales de la Chine pop', et en tant que tels sont interdits d'accès au Parti communiste central (car ayant une religion par le fait même d'être d'origine ouïghoure) donc aux postes à responsabilités. Le Xinjiang (prononcer "sssin-djiang'"), c'est la région autonome du nord-ouest de la Chine où habitent les Ouïghours, dont Urumqi (prononcer "ouloumtchi" en ouïghour ou bien "ou-lou-mou-tchi" en mandarin) est la capitale étonnante (j'en ai fait une description ICI).
                 Pour la petite histoire touristique, avant de passer aux choses sérieuses, c'est une région absolument magnifique, aux vestiges traditionnels réellement dignes d'intérêt et, encore mieux, à la gastronomie délectable. Enfin, et ce n'est pas l'élément le moindre, voyager dans cette région procure un soulagement inattendu et inespéré quand on a passé du temps dans la Chine classique han.
                 Politiquement, le Xinjiang est une plaie pour la Chine pop' au même titre que le Tibet, mais une aubaine également : une aubaine, car s'y trouvent les seules réserves de pétrole exploitables du territoire, des champs à éolienne en veux-tu en voilà et la possibilité d'y installer, car la densité de population y est faible, une bonne partie de colons han. Ceux-ci détiennent alors les postes à responsabilités,  les commerces et les entreprises lucratives de la région. Le ratio en est à un point tel qu'à Urumqi, comme à Lhassa, les Han sont en train de devenir majoritaires face aux Ouïghours.
                 La plaie, c'est que ceux-ci se démènent depuis des dizaines d'années pour obtenir une réelle autonomie de leur territoire et en reprendre notamment les rênes économiques. S'il est facile d'étouffer les émeutes paysannes du sud et du centre du pays, cela l'est moins quand cela concerne des populations aux relais très importants à l'étranger. La situation des Ouïghours est de ce fait très délicate, en ce que la Chine pop' joue comme à l'habitude de concepts politiques datés et des confusions : en effet, agiter le drapeau de l'anti-terrorisme islamiste pour pouvoir réduire les velléités politiques d'une population remuante de confession essentiellement musulmane, quoi de plus pratique !!! Et, comme le Dalaï-Lama, le chef présumé de cette rebéllion est à l'étranger, Rebiya Kadeer dont j'ai parlé ICI, quoi de plus aisé que d'expliquer par les médias officiels à la population chinoise (han essentiellement, donc privilégiée par rapport à toutes les autres minorités nationales vues comme des "paysans reculés") qu'il faut lutter contre cet ennemi de l'extérieur qui tire les ficelles au Xinjiang en excitant, finançant et dirigeant cet ennemi de l'intérieur.
                Le pouvoir musèle donc toute opposition légale, le pouvoir anéantit les possibilités pour la population originelle locale de s'en sortir économiquement et politiquement, le pouvoir réprime, enferme et surtout désinforme le plus possible. Pratiques d'un autre temps, certes, mais qui fonctionnent toujours aussi bien en Chine pop'.

               Sauf qu'à un moment donné, à force d'être muselés, les gens n'ont plus rien à perdre. Et les Ouïghours ne sont pas dans le piètre état où sont les Tibétains...

25 juin 2009

De quelques réflexions.

!!! Annonce préalable !!!

Une interview de ta Moufette préférée chez Thècle

(et tu peux voir aussi comment ça se passe à la manière chilienne ou à Singapour !


Réflexion 1. Du futile qui se veut profond.
               Parfois, tu es touché sans comprendre pourquoi. Michael Jackson est mort cette nuit, c'est la première information que m'a annoncé mon écran d'ordinateur quand je me suis assise à mon bureau.

               Choc.

               Ben non. N'importe quoi. C'est pas possible.

               Et pourtant, je n'étais pas fan. J'ai acheté un disque de lui, étant plus jeune, et voilà. Rien d'autre. Et dès que les journaux people, potins, mondains, dès que les fanzines, dès que des reportages et documentaires parlaient de lui, je tournais la page, coupais le son, changeais de chaîne. Ses démêlés avec la justice comme avec les siens, ses ratages et ses retours ? La personne m'indifférait totalement et je ne l'aurais sûrement pas appelé le "roi de la pop" dans mon panthéon personnel.

               Mais... il est des icônes qui marquent, même ceux qui les fuient. Bizarre.
               David B., tiens bon encore, s'il-te-plaît.


Réflexion 2. Du profond qui se veut futile.
              Parlons habillage. Il est important pour un blog, pour un site voire peut-être même pour un journal qui fut sérieux à une époque révolue de prêter un tant soit peu d'attention à son apparence. Non que l'habit fasse le moine, mais il y a des petites touches de mauvais goût qui déparent la plus construite des réflexions intellectuelles.
              C'était encore le cas ce matin dans Le Monde. Bien sûr, il y avait eu ce précédent : une dépêche AFP relatant une affaire de professeur agressé par ses élèves de collège et cet encart publicitaire, clamant "Elle prend ses élèves en otage" pour promouvoir La Journée de la Jupe. Fin. Bien vu. Bonne coordination.
              Et ce matin ? Et bien, toujours en finesse :

Le_Monde_et_ses_fautes_de_go_t

             Oui, tu as bien vu. Je chipote, je chipote mais il y a quelque chose d'indécent à mettre un encart publicitaire pour une compagnie aérienne alors que l'article évoque les expulsions par le même mode de transport. Et je suis certaine qu'il est possible de faire en sorte que ce genre de coïncidence arrive moins souvent... A se demander si ce n'est pas volontaire.

La_vie_vue_d_un_rickshaw_petit

Sur mon blog en Rickshaw, j'adapte la loi de Murphy à l'Inde...

23 juin 2009

Où je découvre que l'antisarkozysme primaire est un humanisme.

              Dites-moi si j'ai bien suivi : l'Omnicolas a fait un magnifique discours de politique générale où il insistait sur. Mais il insistait beaucoup heureusement. Et il pointait du doigt que. Parce que c'est très important pour l'avenir de la France, de l'Europe, du Moooooonde.

              Pendant ce temps-là, les députés de l'opposition sont allés faire le tour du propriétaire. Et ont juré de. Se sont promis de ne pas. Et ont vraiment bien fait, j'en suis sûre.
              Quant aux journaux, ils ont fait un excellent résumé de tout ce qui a été dit et débattu. Avec beaucoup de profondeur, de mise en perspective et, surtout, de conviction et de pugnacité. Pugnacité, oui. C'est grâce à eux d'ailleurs que je peux faire cette synthèse si complète.

               Ce que j'en retiens ce matin ? C'est que l'antisarkozysme primaire est un humanisme. Parce qu'il émane d'une méfiance première quant à la capacité de Nicolas Sarkozy de gérer les pouvoirs politiques français selon un principe de séparation, d'indépendance et de justesse. Parce qu'il découle d'une inquiétude légitime et essentielle quant à la liberté et l'indépendance des médias français. Parce qu'enfin il met en avant la nécessité de répondre aux questions de fond qui traversent ce pays, sa vie politique, son économie, sa culture, son intégration européenne et sa conception des relations internationales, bien avant les éléments démagogique médiatisables à outrance.

                Autant de masques. Il serait temps que certains lèvent le niqab et cessent de se voiler la face... j'y reviendrai...

               Trois_singes_sagesse

18 juin 2009

Mon appel du 18 juin ? Un gouvernement d'utopie...


"Vous êtes président(e), vous devez remanier votre gouvernement actuel, quels ministres choisissez vous, expliquez votre choix !"

             Elle est marrante, CC, n'est-ce pas ? Moi quand je transmets des tags, ils sont gentillets, niais parfois (j'assume !) mais là, franchement, il va falloir que je réfléchisse pour de vrai ? pour me souvenir de qui est qui et de qui fait quoi ? Ou bien... Allez, hop, soyons fous, refondons tout ça, réorganisons un peu la France selon une vraie ligne directrice. Une perspective. Une conviction.

Premier ministre

  • Jean Jaurès. Le seul le vrai l'unique, pas le pâle résumé qu'en a fait un certain Omnicolas récemment.

Ministres

          Mince. J'ai comme l'impression que cela ne va pas être facile...

           Je taggue en retour qui veut, et si elles le veulent Angélita, Jelaipa et Ckankonvaou...

09 juin 2009

Looseuropa.

           Tu t'étonnes, je n'ai pas parlé des résultats aux élections européennes ? Mais c'est que je ne suis aucunement étonnée, moi. Malheureusement. Ce pays, la France, ne s'est jamais intéressée à quoi que ce soit d'européen, et ceux qui s'y disent "vraiment européens" sont souvent ceux qui s'y intéressent le moins une fois les élections venues. Alors, pourquoi aller voter ? Une belle hypocrisie.

           Quant au résultat lui-même, il est malheureux. D'aucuns de se réjouir d'une victoire à la Pyrrhus, d'une absence honteuse de toute opposition valable. Même si l'on est aujourd'hui convaincu que l'UMP est le grand parti réformiste, allant de l'avant et cassant enfin tous les obstacles qui contraignent notre belle société française pour la laisser s'épanouir dans un monde débarrassé des méchants (je sais, ça sonne biblique), il n'est jamais bon pour aucun pays qu'il n'y ait pas de réelle opposition. Ce n'est même pas bon pour l'UMP. Alors, s'il n'y a pas de véritable opposition, pour qui voter ? Une bonne conscience.

           Enfin, ce qui me désole le plus, c'est la courtesse de vue dans ce que je lis, vois et entends. Cela me terrasse et me terrifie. Chez les candidats, certes, mais chez les commentateurs surtout.

           Sous la morosité française ? Notre médiocrité européenne.


06 juin 2009

Ma grande honte.

Affiche_Elections_europ_ennes                Certains te diront que leur grande honte est d'avoir perdu une chaussure dans le métro (vrai), d'autres que d'avoir oublié de mettre un pantalon tant la fatigue était grande (vrai aussi), d'autres enfin d'avoir hurlé quand Brad Pitt s'est présenté à la sortie de l'hôtel (je suis sûre que c'est vrai, quelque part, un jour).
                Ma grande honte à moi a lieu aujourd'hui. Jour d'élections européennes dans mon pays, je ne vais pas pouvoir aller voter par ma propre faute. Non que je n'ai fait les démarches nécessaires, l'inscription sur la liste consulaire, la confirmation de mon inscription sur la liste électorale de mon ancienne résidence ET avoir trouvé une personne dévouée en France qui veuille bien faire le déplacement entre deux arrondissements distants pour mettre mon bulletin dans l'urne. Mais, la succession à folle vitesse de visites, de voyages et de nouvelles désagréables m'a totalement fait oublié la dernière démarche (pourtant rappelée par le consulat, pas fameux de manière générale mais ça au moins, il l'a fait) : faire valider la procuration à Bombay pour qu'elle soit envoyée ensuite en France, réceptionnée là-bas et validée. Enfin, de ce que j'ai compris. Et ça, j'ai oublié...
                Pour la première fois donc depuis que j'ai le droit de vote, dix ans, je ne vais pas voter. Mes premières élections étaient européennes, j'étais fière comme un paon indien de pouvoir exprimer mon choix avec une pleine conscience du fait que la démocratie c'est choisir le moins pire plutôt que le meilleur (sinon, on ne voterait jamais je pense). Qu'en tant que femme il n'est pas si commun d'avoir le droit de voter, et de voter librement en conscience.
                Alors aujourd'hui, surtout pour des élections qui tiennent à coeur à la moufette d'origine cosmopolito-allemande que je suis, de formation historienne et géographe, républicaniste plus que républicaine bien qu'actuellement la tendance anarcho-marxiste me tente, j'ai honte. Après avoir assené des cours d'éducation civique dodus à mes élèves, avoir tenté de leur inculquer cette foi dans le vote, je ne vais pas voter. C'est grave la te-hon.

                 Alors toi qui est actuellement près de ton bureau de vote, qui peut aller voter en ton âme et conscience, qui peut faire ce choix pour ceux qui nous dirigent, qui peut montrer aussi en votant blanc ou nul que tu es attaché à l'idée européenne sans pouvoir te reconnaître dans les listes présentées (même si les votes blancs et nuls ne sont pas comptés, ce qui me semble anormal), va voter. L'un ou l'une d'entre vous, allez voter à ma place pour qui que vous vouliez, juste pour qu'un électeur de plus se soit déplacé. Pour que j'aie un peu moins honte aujourd'hui.

Note : je sais, faire du chantage affectif, avec l'Oncle San en plus, n'est pas le meilleur argument politique. Aux grands maux les grands remèdes...La_vie_vue_d_un_rickshaw_petit

Sur mon blog en Rickshaw, je te parle de vaches, de Jean-Pierre et aussi du mariage arrangé en Inde...

25 mai 2009

J'y parle de poulet. Et de citoyenneté aussi.

Javert

                 Les Français ont un problème avec leur police. Depuis presque la nuit des temps, en tout cas au moins depuis François Villon (et son presque homonyme n'y a rien changé). Et Victor Hugo n'a rien fait pour que notre imaginaire national modifie sa perception des keufs, des condés, des cognes, des flics. On se méfie, on évite, on prévient les enfants. Pour ma part, j'ai eu recours quatre fois à la police, et à deux reprises, je me suis entendue parler comme à un chien. Tac, lui, n'a pas peur et a immédiatement haussé le ton pour réclamer un minimum de respect. Moi, j'avais un "mort aux vaches" qui me brûlait la langue, alors même que je pratique une républicanitude sincère... Mais pourquoi alors ?

                A l'étranger, on dit que les Français ne savent respecter ni les ordres ni leurs propres forces de l'ordre. Et j'avoue qu'en passant la Manche je n'ai aucun problème, voire je m'en délecte, à aller demander mon chemin à un bobby (alors même que la police britannique a son lot de bavures, de racisme et d'arbitraire). Pourtant, je sais que les policiers obéissent à des ordres, font leur travail comme ils peuvent, dans des conditions souvent épouvantables. Qu'ils sont la cible facile de toutes les insultes et des embuscades. Et qu'il est nécessaire de redorer leur blason et d'instaurer enfin une véritable confiance.

               La police est nationale, elle protège certes la nation mais surtout elle en émane. C'est en sacrifiant un peu de sa liberté que le citoyen consent à ce qu'une force de police lui soit imposée, dont il reconnaît la légitimité. Alors, une telle méfiance viendrait-elle d'un pacte social et politique brisé ? Nous ne faisons pas confiance à nos flics car nous doutons du bienfondé des ordres qu'ils reçoivent ? Notre attitude envers la police serait donc issue d'une méfiance fondamentale envers l'ordre établi, quand il se crispe sur ses prérogatives et instille la peur dans le corps citoyen : je dois avouer que l'hypothèse est séduisante.

                 Les choses ne vont donc pas s'arranger tant le climat sécuritaire est nauséabond en France actuellement. Nous n'avons rien à nous reprocher, donc nous ne craignons pas la police, les portiques, les contrôles ou les caméras de surveillance ??? Ne soyons donc pas si bourgeois et surtout si bêtes : la question n'est pas là. Car accepter de se faire surveiller en permanence, accepter que des enfants soient intimidés sous des prétextes éducatifs voire pédagogiques, accepter que des élèves soient fouillés, accepter encore que  des enfants soient appréhendés devant une école, que des citoyens soient sanctionnés pour crime de lèse-Sarkozy, que des gardes à vue se prolongent sans raison valable, c'est abdiquer notre liberté, c'est accepter que notre Etat nous considère avant tout et en premier lieu comme de potentiels délinquants, c'est donc accepter la faillite complète de notre citoyenneté républicaine et française.

                 Requiescat in pace...

« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »