Il faut vous raconter une étrange découverte, effectuée non par moi mais par ma petite famille, tranquillement installée vespéralement devant un film. Cela commence dans un pensionnat anglais au XIXème siècle, aux longs couloirs mystérieux et au réfectoire gigantesque (tiens ?), où trois adolescents dont une fille et deux garçons (ah ?) se chargent de résoudre un crime (ahhh ?). Les deux amis servent de faire-valoir au troisième, aux qualités exceptionnelles (hé ?) à qui s'oppose un professeur retors (hein ?) et un adolescent machiavélique assisté de ses deux acolytes (oh ?). Un professeur, son mentor, l'aide toutefois à résoudre le mystère en lui faisant confiance (ah ?). Jusque-là, me direz-vous, nous sommes dans le scénario convenu d'une quête pour adolescents : l'absence des parents, l'institution scolaire, la compétition et l'amitié... Rien que de très banal.
            C'est quand on voit les images que l'interrogation prend vraiment forme :

Potter      Pensionnat

Les trois larrons. Ou lurrons.                                                    Les couloirs du pensionnat.   

R_fectoire       Dudley

Le réfectoire.                                                         Dudley, l'adversaire adolescent.

            En effet : je suis bien d'accord avec vous, ça craint. Que les réalisateurs successifs de la série Harry Potter se soient inspiré (voire aient volé) des décors, cela semble plutôt logique, l'art cinématographique s'abreuvant à lui-même. Mais qu'un écrivain décrive son univers imaginaire à partir d'un film, c'est moins courrant. Quoiqu'intéressant. Il semblerait donc que Rowling ait écrit Harry Potter en visionnant et revisionnant le film de Barry Levinson, Young Sherlock Holmes (Le Secret de la Pyramide) qui date de 1985. Toutes les descriptions correspondent de manière absolument ahurissante : en intervertissant Watson et Holmes, on obtient bien la tignasse noire et le visage poupin d'Harry surmonté de lunettes rondes, le fin visage surmonté de cheveux roux de Ron, les boucles ébourrifées d'Hermione. Je ne parle même pas de son adversaire adolescent, véritable Malefoy, aux cheveux blonds bien tirés sur le côté et au snobisme digne d'un pure-blood... Plus étonnant, des détails qu'il n'était nul besoin d'emprunter à un film mais que l'on retrouve étrangement dans les deux : le méchant garçon snob s'appelle Dudley, tout comme le cousin fort désagréable d'Harry ; les qualités intellectuelles exceptionnelles incomprises de Holmes sont celles, magiques, de Harry, et ses deux amis plus balourds sont ses faire-valoir ; quant à la cicatrice à la joue qu'il garde tout au long du film, passons...

            Inattendu, donc. En fouillant un peu, merci au Chaudron bouillonne pour ses photos et son analyse.